La licorne : origines, mythes et symboliques à travers l’histoire

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Notre vie et les œuvres d’art sont remplies de créatures légendaires. L’une d’entre elles nous fascine particulièrement : la licorne. Entre figurines, dessins animés et même emblème national de l’Ecosse, cette créature est partout. Mais saviez-vous à quand remonte ce mythe ? Voici l’histoire de cet animal fantastique que l’on retrouve aujourd’hui dans les contes et légendes.

Les origines de la licorne dans l’Antiquité

Les premières mentions de cet animal sont très anciennes. L’homme qui aurait aperçu une licorne pour la première fois était un médecin grec, Ctésias, vers le IVe siècle avant J-C. Il fit un voyage vers la Perse puis l’Inde, au cours duquel il écrivit un texte baptisé Les Merveilles de l’Inde, où il consigna plusieurs espèces étonnantes, dont la licorne.

En effet, il rencontra un quadrupède de petite taille au pelage blanc avec une corne sur le front et tellement rapide que les chasseurs avaient du mal à l’attraper. Était-ce une antilope de profil, un âne sauvage ou un petit rhinocéros ? Personne ne le sait pour sûr. Toutefois, elle fascina tout de suite les hommes. On connaissait donc déjà cette créature venue d’Orient dans l’Antiquité grecque. À l’époque, on lui attribua le nom en grec de « monocéros ».

Les origines de la licorne - Cultea

Plusieurs auteurs grecs puis romains reprirent le texte de Ctésias. Et ainsi, la légende de cet animal fut transmise dans les textes et grandit d’un mélange de récits écrits et oraux.

Omniprésence du mythe au Moyen Âge

Au Moyen Âge, l’existence de la licorne ne faisait pas de doute et le mythe continua, toujours avec une certaine exagération. En effet, au fur et à mesure que les textes se recopiaient, la corne grandissait. Ctésias parlait d’une corne d’une coudée, soit environ 40 centimètres. Chez des auteurs de la fin du Moyen Âge, on arrivait à des tailles de 5 ou 6 coudées !

La licorne au Moyen Âge - Cultea

L’animal que personne n’avait jamais vu fascinait. Ainsi, même si elle est une créature imaginaire, pour certaines générations, la licorne a définitivement existé. Certains commerçants vendaient même les cornes de la créature. Elles sont alors vendues très chères, car on pensait qu’elles avaient de grands pouvoirs magiques de guérison selon une légende venue d’Inde. Au point qu’à la fin du IIe siècle, on prêtait à la licorne toutes sortes de légendes et de pouvoirs. On pensait que sa corne avait la vertu de purifier l’eau dans laquelle elle trempait, que ce soit l’eau potable ou l’eau des rivières. Par ailleurs, la licorne annonçait de bons présages et sa corne était utilisée dans les armes.

Finalement, on a très longtemps cru dur comme fer aux licornes, jusqu’au XVIe siècle. Elles étaient décrites tantôt comme douces, tantôt comme redoutables. Ce mythe a duré bien plus longtemps que celui d’autres animaux imaginaires, comme les dragons et les sirènes. On trouve même plusieurs mentions de la licorne dans la Bible.

La chasse à la licorne

Au Moyen Âge, certaines personnes croyaient tellement à cette légende qu’ils partaient à la chasse à la licorne. Le Physiologus décrivit la stratégie à adopter pour chasser l’animal. Ce livre datant du IIe siècle constitue l’ancêtre des bestiaires médiévaux.

Licorne

D’après cet ouvrage, la virginité attirait la licorne. Pour la chasser, il suffisait donc de placer au milieu de la forêt une jeune fille vierge dont la licorne sentirait l’odeur. Mais attention, il ne fallait pas essayer de duper l’animal, car il détestait la duperie et le mensonge. Ainsi, si la licorne se rendait compte que la fille n’était pas vraiment vierge, elle la tuait. Si, en revanche, la jeune femme était vraiment vierge, l’animal posait délicatement sa tête entre les genoux de la demoiselle ou sur son sein. C’était à ce moment précis que les chasseurs pouvaient l’attaquer et la dépouiller de sa corne.

La société voyait la licorne comme un animal indomptable et farouche, très rapide. Les légendes racontent que, si on la capturait et qu’on la gardait enfermée, elle se laissait mourir tellement elle était malheureuse.

Composante sexuelle du mythe au Moyen Âge

Ainsi, à partir du Moyen Âge en Occident, la symbolique de la licorne devient importante, y compris dans la façon qu’on avait de la chasser. On voyait alors la licorne comme une créature féroce, mais également pure et gracieuse. On retrouvait un aspect très sexuel dedans ce mythe, comme le prouvait la méthode de la chasse à la licorne. Entre la corne, symbole phallique, la jeune fille et la virginité, le mythe était empreint d’une forte dimension sexuelle. On la retrouvait même dans l’appellation de l’animal. Au Moyen Âge, la licorne était un mot masculin, on disait « un unicorne », du latin « unicornis ».

Importance dans l’imaginaire

À la Renaissance, on commença à douter de la véracité de l’existence de cet animal. Il fallut attendre la fin du XVIIe siècle pour que le commerce de la corne de licorne ralentisse, époque à laquelle on commença à moins y croire. En effet, à partir des années 1650-1680, on commença à douter de la véritable existence de la licorne. Notamment après la première mention du narval et de sa corne qu’on faisait passer pour celle de la licorne, par le scientifique Thomas Bartholin. Ainsi, vers la fin de ce siècle, la créature à laquelle nous avions tant cru disparut des livres scientifiques.

Film "Le Monde de Narnia : Le Lion, la Sorcière blanche et l'Armoire magique" (2005) - Cultea
Film Le Monde de Narnia : Le Lion, la Sorcière blanche et l’Armoire magique (2005)

Cependant, à partir du moment où l’on cessa de croire scientifiquement en la licorne, elle devint plus importante dans la création artistique et littéraire. Plus on la retirait des livres scientifiques et plus elle hantait l’imaginaire. On la retrouva chez Rabelais, Flaubert, et plus tard Lewis Carroll ou encore J.K. Rowling avec Harry Potter. De nombreux peintres consacrèrent des toiles à ce sujet. Aujourd’hui, on considère dans notre imaginaire la licorne comme un animal sacré et une véritable vedette des créatures fantastiques.

Finalement, les mythes ont été présents dans notre société depuis presque toujours. Ils ont évolué au fil du temps, mais la licorne est toujours restée un animal légendaire et mystérieux. Elle passa du monde réel au Moyen Âge à celui de l’imaginaire aujourd’hui. Des siècles plus tard, on en parle toujours autant. Après le mythe de la licorne, nous vous proposons de découvrir ensuite une autre créature légendaire, le mystère de la bête du Gévaudan

 

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