Les origines et l’évolution de la chirurgie plastique dans le monde

Les origines et l'évolution de la chirurgie plastique dans le monde - Cultea

Aujourd’hui, la chirurgie plastique fait partie de notre quotidien. On voit de nombreuses célébrités qui n’hésitent pas à passer sous le bistouri pour correspondre aux normes de la société. Mais depuis quand pratique-t-on la chirurgie esthétique et depuis quand le métier de chirurgien plastique existe-t-il ? Retour sur les origines et l’évolution de cette pratique.

La chirurgie plastique dans l’Antiquité

La chirurgie plastique existe depuis des milliers d’années. Elle était déjà pratiquée dans l’Antiquité par les Egyptiens et les Indiens. En Egypte Antique, certaines femmes égyptiennes se faisaient recoller les oreilles pendant leur vie, comme le prouvent certaines momies datant d’environ 400 avant J.-C. Cette civilisation modifiait aussi déjà le nez de certains individus. On recousait alors les incisions avec du fil fabriqué à partir de tendons et d’intestins d’animaux. Les Egyptiens utilisaient également d’autres produits animaux comme le miel, employé alors comme un antiseptique. En Inde, vers 2 500 avant J.-C., on reconstruisait déjà les nez tranchés. L’amputation du nez était alors une punition pour les criminels ou les femmes infidèles. Chirurgie plastique dans l’Egypte antique - Cultea Les Egyptiens et les Indiens ne furent pas les seules civilisations antiques à modifier les corps. Au IIe siècle de notre ère, un Babylonien obèse, Rabbi Eléazar, se fit ouvrir le ventre afin de se faire retirer de la graisse au niveau de l’abdomen : ce fut la première liposuccion. Dès le Ier siècle, on effectua également des opérations de correction des paupières et des seins dans la population byzantine. Paul d’Egine, un médecin grec, décrivit dans ses textes la technique utilisée à la cour de Constantinople. Notre société n’a donc rien inventé, dès les premières civilisations, la chirurgie servit à soigner, mais aussi à embellir.

La Renaissance et la pratique face à l’Eglise

Ce fut à la Renaissance que la pratique commença à s’institutionnaliser en Europe. À l’époque, on réparait surtout certains becs-de-lièvre, non sans préjugés. En effet, au Moyen Âge, l’Église voyait d’un très mauvais œil les modifications et manipulations de l’être humain, puisqu’on considérait que ce que Dieu créait devait contenter les hommes.

Illustration du traité de Gaspare Tagliacozzi - Cultea
Illustration du traité de Gaspare Tagliacozzi

Au XVIe siècle, Gaspare Tagliacozzi, un scientifique de l’université de Bologne, imagina une nouvelle technique de greffe du nez qu’il baptisa greffe « à l’italienne » pour aider les individus mutilés lors de guerres et de duels. Toutefois, l’Eglise l’accusa d’interférer avec l’œuvre du Créateur. Le médecin se défendit en déclarant qu’il faisait cela pour aider le moral des patients. Il rédigea ce qui est considéré comme le premier traité de chirurgie esthétique de l’histoire. Toutefois, à sa mort en 1599, le médecin fut accusé d’hérésie et de sorcellerie et fut donc jeté dans une fosse commune.

Développement de la chirurgie plastique « pure »

À la fin du XVIIIe siècle, la France et l’Angleterre se battaient pour des territoires en Inde. Un officier anglais se fit trancher le nez à la machette par un Français. Toutefois, il réapparut quelques mois plus tard avec un nouveau nez. Les Européens découvrirent ainsi que les Indiens maîtrisaient cette chirurgie depuis des siècles.

Iconographie d'anatomie chirurgicale et de médecine opérative, Florence, 1841 - Cultea
Iconographie d’anatomie chirurgicale et de médecine opérative, Florence, 1841.

Les Occidentaux s’inspirèrent des Indiens, mais eurent toutefois des difficultés à maîtriser cette pratique jusqu’à la fin du XIXe – début XXe siècles. Ce fut à partir de cette époque que les médecins réussirent les premiers nez sans cicatrice. Il s’agissait désormais de donner au nez une nouvelle forme harmonieuse. Au XIXe siècle par exemple, la société considérait les gros nez comme disharmonieux, alors qu’ils étaient à la mode au XVIIe. Sarah Bernhardt - Cultea En effet, la société entra alors dans la période de la Belle Epoque et le culte de l’apparence explosa. Les actrices devinrent prêtes à tout pour rester belles et jeunes et les femmes voulurent leur ressembler. La chirurgie esthétique dite « pure », c’est-à-dire qui n’était pas motivée par la correction d’un handicap ou d’une mutilation, se développa. L’actrice Sarah Bernhardt fut par exemple opérée d’un des premiers liftings. On comptait une dizaine de chirurgiens esthétiques à Paris avant la Première Guerre mondiale. Après la guerre, ils devinrent six fois plus nombreux.

Les « Gueules cassées » après la Première Guerre mondiale

Après la guerre de 14-18, des millions de soldats revinrent des combats avec des nez arrachés, des bouches déformées. Ils furent ce qu’on appelle les « gueules cassées ». Les médecins utilisèrent alors la chirurgie plastique dite reconstructrice pour aider ces soldats. La chirurgie plastique évolua, notamment concernant les problèmes d’infection, d’hémorragie et de douleur. En 1920, on inventa le terme de « chirurgien esthétique ». Par ailleurs, le chirurgien n’agit plus tout seul, il agit au sein d’une équipe. Chirurgie plastique - Cultea Après ces soldats, les chirurgiens esthétiques s’orientèrent vers les femmes et le culte de la beauté de la société. L’envie de ressembler aux stars de cinéma ou de continuellement resplendir de jeunesse pousse les femmes à se tourner vers la chirurgie. Les médecins se spécialisèrent et améliorèrent leur technique. Il faudra tout de même attendre plusieurs décennies avant d’atteindre la connaissance et la pratique que nous connaissons aujourd’hui. Finalement, la chirurgie plastique a toujours existé. On l’a longtemps utilisée pour corriger des défauts ou des blessures, avant de l’employer pour atteindre des standards de beauté. Depuis toujours, les codes de beauté ont dépendu des époques et des régions du monde. Après la chirurgie plastique, découvrez l’histoire de la poupée Barbie.   Sources :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.