Bleu pour les hommes, rose pour les femmes ? Ce ne fut pas toujours le cas !

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Force est de constater qu’aujourd’hui dans notre code vestimentaire et notre quotidien, le rose est associé aux filles et le bleu aux garçons. Mais saviez-vous qu’il y a quelques siècles, ce code couleurs était inversé ? Eh oui ! Les couleurs ont aussi une histoire et nous vous proposons de la découvrir pour mieux comprendre les stéréotypes d’aujourd’hui. 

Le rose, couleur de la virilité, le bleu celle de la Vierge 

Dans l’Antiquité, on considère le rose comme une teinte du rouge. En latin comme en grec, le terme « rose » n’existe pas. On parle plutôt « d’incarnat », rouge pâle et couleur de la chair. Elle est à l’époque symbole de virilité, de pouvoir, d’autorité et de la guerre. Ainsi, dans le portrait ci-dessus d’Henri IV habillé en Mars, dieu romain de la guerre, il porte du rose. Cette teinte est jugée comme forte, soutenue et donc masculine, alors que le bleu est perçu comme délicat et subtil.

Portrait homme rose
Portrait d’un homme en buste à la toque de Dosso Dossi – Artnet.com

Dès le XIIe siècle, le bleu est quant à lui attribué aux femmes et prévaut dans leurs vêtements en référence au manteau de la Vierge. On parle alors de bleu « divin ». Un bleu qui symbolise la quintessence de la pureté et donc de la féminité. En effet, le blanc, également symbole de la pureté est considéré comme moins pur que le bleu. Le blanc habille jusqu’à la fin du XIXe siècle les bébés et jeunes enfants, incarnation de la pureté et de l’innocence. Les robes blanches pour les bébés sont plus pratiques car plus faciles à laver.

Un changement de notre code vestimentaire qui se fait petit à petit

A partir de la fin du Moyen Âge, cette symbolique des couleurs commence à s’inverser. Au XIIIe siècle, le bleu entre en politique. Saint Louis, alors roi de France, souhaite être sous la protection de la Vierge. Il en adopte donc la couleur bleue. Il choisit les fleurs de Lys sur fond azur comme symbole de la royauté. La noblesse s’approprie donc peu à peu le bleu.

Ainsi, dans les armoiries, drapeaux et uniformes, le bleu est de plus en plus assimilé au pouvoir, politique et militaire et, par extension, aux hommes. De plus, la Réforme protestante, amorcée au XVIe siècle, instaure plus de sobriété. Elle détermine des couleurs plus convenables : noir, gris, brun, bleu.

Quant au rose, au XVIIIe siècle, Madame de Pompadour s’éprend de cette couleur. Elle lance la mode du rose à Versailles et les femmes de la Cour l’imitent. Par la suite, le mouvement artistique du Romantisme fait du rose l’incarnation de la tendresse et de l’amour. Il perd donc petit à petit son aspect viril.

Madame de Pompadour rose dans code vestimentaire
Madame de Pompadour peinte par François Boucher vers 1750 – The Love For History

Marketing et société de consommation impactent notre façon de s’habiller

Au début du XXe siècle, les vêtements colorés se démocratisent, y compris aux classes populaires. Les avancées industrielles, notamment la chimie des couleurs, offrent des vêtements colorés qui supportent de nombreux lavages. La dichotomie du bleu pour les garçons et rose pour les filles se poursuit ainsi dans notre code vestimentaire et se transpose aux enfants.

Après la Seconde Guerre Mondiale, afin de relancer l’économie, les entreprises poussent les individus à acheter. Dans cette société de consommation et ce marché mondialisé, le marketing et la publicité deviennent cruciaux. Plus on individualise les habits et objets, plus on en vend. Le t-shirt rose de la grande sœur ne pourra donc pas être utilisé pour le petit frère.

Enfin, dans les années 1980, l’échographie permet de connaître le sexe d’un bébé avant sa naissance. Cette nouvelle technologie donne un dernier coup de pouce pour imposer ces codes couleurs le plus tôt possible.

Finalement, pendant des siècles, la symbolique des couleurs et le code vestimentaire que nous connaissons aujourd’hui était inversée. On pensait le rose comme masculin et le bleu pour les femmes. Influencées par la religion, la royauté, les avancées technologiques et l’évolution des mœurs, les couleurs et leurs attributions sont une conception sociale et culturelle. Qui sait, peut-être que dans quelque temps, le rose et le bleu auront une toute autre symbolique ? Il est donc grand temps de porter ce que l’on veut !

 

Sources:

 

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