« To the Moon » : une comédie sympathique mais redondante [critique]

"To the Moon" : une comédie sympathique mais redondante [critique]

Quasiment tous les ans, Hollywood nous gratifie d’un film qui parle de la conquête spatiale et d’Apollo 11. Cette année, il s’agit de To the Moon. Réalisé par Greg Berlanti (Love, Simon), le long-métrage vaut surtout le détour pour son casting quatre étoiles dominé par Scarlett Johansson, Channing Tatum et Woody Harrelson.

To the Moon : un duo efficace

C’est une étape à passer chaque année. Tous les ans, Hollywood produit un film sur la conquête spatiale et/ou sur Apollo 11. First Man – Le premier Homme sur la Lune (2018), Apollo 10 ½ : Les Fusées de mon enfance (2021), Ad Astra (2019), les exemples sont légion. Cette année, c’est To the Moon qui fera rêver les amateurs d’espace, de galaxie et de conquête spatiale.

Réalisé par Greg Berlanti, le long-métrage se concentre sur l’aspect marketing du projet Apollo 11. Il imagine un personnage excentrique, Kelly Jones (Scarlett Johansson) chargée par le gouvernement américain de redorer le blason de la NASA, de redonner envie au public de s’intéresser à la conquête spatiale. Pure fiction, le long-métrage s’inspire néanmoins du climat compliqué de la fin des années 1960 aux USA, et sur une envie de redonner un sens au « Rêve américain » !

To the Moon
Scarlett Johansson et Channing Tatum dans To the Moon

Le personnage de Scarlett Johansson en est le parfait exemple. Une femme forte, déterminée, sans limite, prête à tout pour arriver à ses fins, et pour briller autant qu’une étoile dans le ciel noir de la nuit. La dynamique entre Scarlett Johansson et Channing Tatum fonctionne à la perfection. Difficile de ne pas être séduit par leur romance attachante et mignonne à en être dégoûté d’être célibataire.

Ça tourne en rond ?

Évidemment, à force d’avoir un film sur la conquête spatiale aussi régulièrement, To the Moon n’a pas grand-chose de nouveau à raconter. Le long-métrage propose les lieux communs habituels de ce type de production. Sans véritable idée de mise en scène, Greg Berlanti se contente de refaire comme les autres, et de reconstruire les séquences inévitables de ce genre de projet.

On se retrouve ainsi, parfois, dans un énième film sur la conquête spatiale qui n’a rien de plus à partager, à ajouter, et qui se contente de reprendre les poncifs du genre, de la préparation de l’équipe technique, au décollage de la fusée, jusqu’au premier pas de l’Homme sur la Lune. En fait, le public est tellement familiarisé avec cet univers, cette histoire, ce fait historique, que rapidement, To the Moon n’est qu’une éternelle redite de tout ce qui a déjà été proposé par le passé.

Le seul intérêt réel du long-métrage, c’est son rapport à la publicité, au marketing, voir à la propagande. Les meilleurs instants du film tournent autour du personnage de Scarlett Johansson, qui a toujours de nouvelles idées, parfois éthiquement discutables, pour donner vie à la NASA et donner envie aux gens et aux financiers de s’y intéresser. To the Moon dépeint ainsi une société avide de profit, qui cherche de l’argent chez le contribuable par tous les moyens possibles. Par le biais des impôts, de la politique, de la publicité, de la consommation, de l’émotion, etc…

To the Moon
Scarlett Johansson et Channing Tatum dans To the Moon

Malheureusement, To the Moon ne semble pas être une critique à l’encontre de ce système mercantile. Comédie populaire, le long-métrage ne prend jamais aucun risque sur ce domaine, préférant tourner le produit final en une comédie potache et gentille, qui ne brusquera personne, plutôt que de dénoncer une société capitaliste et consommatrice en pleine expansion à cette époque.

Dommage, on avait là un potentiel intéressant pour pointer du doigt comment une société propagandiste peut influencer tout un peuple, des décisions politiques sans précédent, et où investir l’argent. L’idée est même poussée à son paroxysme quand le film décide d’aborder la fameuse théorie du complot qui avance que Stanley Kubrick a tourné les images de l’alunissage d’Apollo 11 en studio. Mais encore une fois, plutôt que de dénoncer un système biaisé, menteur, et malade, To the Moon tourne le tout en dérision, en comédie potache et sans danger.

To the Moon est donc un divertissement agréable, plutôt bien rythmé, drôle, attachant, sympathique, devant lequel il est difficile de passer un mauvais moment grâce à l’alchimie de ses deux interprètes principaux. Mais c’est surtout une proposition qui ne prend aucun risque, courtoise au possible et totalement inoffensive. 

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