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L’histoire de Montréal : une ville française, britannique, puis canadienne

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Montréal est la métropole du Québec au Canada. Située sur l’île fluviale de Montréal, sur le fleuve Saint-Laurent, c’est la deuxième ville la plus peuplée du pays, avec presque 2 millions d’habitants. Zoom aujourd’hui sur l’histoire de Montréal !

Origines du nom de Montréal

L’origine du nom de la ville nous vient tout droit de l’explorateur Jacques Cartier. Ce dernier pose le pied sur l’île de Montréal pour la première fois le 2 octobre 1535. Il nomme alors la montagne qui s’y trouve Mons realis (mont royal en latin). 20 ans plus tard, le géographe italien Giovanni Battista Ramusio traduit Mont Royal en Monte Reale sur une carte. En 1575, François de Belleforest, un écrivain français, écrit :

« Au milieu de la compaigne est le village, ou Cité royale jointe à une montagne cultivée, laquelle ville les Chrestiens appelèrent Montréal. »

Cela fit de lui le premier à écrire Montréal

La langue moderne des Iroquois appelle aujourd’hui la ville Tiohtià:ke. En anishinabe, la langue commune du peuple algonquin, on l’appelle Mooniyang.

Premiers peuplements et le village d’Hochelaga

Les archéologues estiment que des humains étaient présents dans les basses-terres du Saint-Laurent il y a environ 4000 ans. Pourtant, les artefacts retrouvés sur place n’ont que 1000 ans, et auraient appartenu à des tribus sédentaires tels que les Algonquins.

À peine arrivé sur l’île de Montréal, Jacques Cartier se rend au village iroquoien fortifié de Hochelaga. Celui-ci se trouvait au pied de la montagne qui donna son nom à Montréal. Selon l’explorateur, la ville contenait plus de 1 000 personnes. Pourtant, Samuel de Champlain rapporte en 1603 que le village a disparu. Il n’y a en effet plus d’Iroquoiens sur l’île ou les basses-terres du Saint-Laurent. La raison ? Sans doute les épidémies de maladies européennes importées, les guerres tribales ou tout simplement l’émigration. La théorie des guerres tribales semble être la plus plausible, puisqu’on a retrouvé des indices archéologiques qui en attestent.

Carte de Montréal en 1749.

Ville-Marie et le rôle de la France

Dans un premier temps, Jacques Cartier prend possession du Canada au nom du roi de France en 1534. Il fonde alors la colonie de la Nouvelle-France. Toutefois, la colonisation française de Montréal commence véritablement à partir de 1641. En effet, c’est cette année-là que la Société Notre-Dame de Montréal (une colonie missionnaire) s’établit dans la région, avec pour objectif d’évangéliser les Amérindiens. Parmi ses membres, on retrouve en particulier Paul Chomedey de Maisonneuve et Jeanne Mance.

Le 14 octobre 1641, le premier prend possession de la ville, dans laquelle il s’implante avec environ 50 autres colons. Le lendemain, il devient le gouverneur de Montréal et baptiste la ville Ville-Marie, en hommage à la Vierge. De son côté, Jeanne Mance inaugure l’Hôtel-Dieu le 8 octobre 1645, un des premiers hôpitaux d’Amérique du Nord.

Les débuts sont difficiles. En effet, les Iroquoiens attaquent régulièrement la nouvelle ville et les colons ne peuvent donc pas pratiquer l’agriculture. En 1653 et 1659, Maisonneuve repart donc en France pour recruter de nouveaux colons. À partir de ce moment, l’agriculture peut enfin commencer à se développer.

Plus tard, en 1663, la Nouvelle-France devient une province royale, et on cède la seigneurie de l’île-de-Montréal au séminaire Saint-Sulpice de Paris, 2 ans après. Les pères sulpiciens seront les propriétaires de l’île pendant 150 ans. En même temps, le commerce de la fourrure permet à la ville de prospérer.

Vue orientale de Montréal, au Canada, 1762.

Traité de la Grande Paix de Montréal et expansion

En août 1701, le gouverneur de la Nouvelle-France, Louis-Hector de Callières, reçoit 1200 Amérindiens. Ces derniers sont issus de 39 nations amérindiennes de la région des Grands Lacs. Avec plusieurs notables de la Nouvelle-France, ils signent le traité de la Grande Paix de Montréal. Celui-ci garantit le respect de la neutralité par les Cinq-Nations iroquoises en cas de conflit franco-anglais. Cependant, il reste la menace britannique et pour s’en protéger, on remplace la palissade de bois de la ville par des fortifications de pierre.

Au début du XVIIIe siècle, on voit également des faubourgs apparaître dans la ville, qui contient alors entre 2000 et 3000 habitants. À cette époque, la ville commence à devenir un véritable comptoir pour échanger les fourrures.

Sous le régime britannique

À partir de 1754, les Français s’opposent aux Britanniques lors de la guerre de la Conquête, en Amérique du Nord. Le 8 septembre 1760, les Anglais parviennent à prendre la ville. 3 ans plus tard, on signe le traité de Paris et la France perd toutes ses possessions dans la région, excepté Saint-Pierre-et-Miquelon.

L’Empire britannique continue à exploiter le commerce de fourrures. En 1782, on fonde en outre la Compagnie du Nord-Ouest. Le nom vient du fait qu’avec la guerre d’indépendance des États-Unis, les marchands britanniques ont réorienté leurs activités vers l’ouest. Dès lors, Montréal devient la capitale de la traite de la fourrure. Le début du XIXe siècle marque en outre une période d’essor économique. De plus, on détruit les fortifications à partir de 1804, afin d’enlever la séparation entre le centre de la ville et les faubourgs avoisinants.

Avant ça, en 1791, un acte constitutionnel divise le Québec en 2 : le Bas-Canada (le Québec actuel) et le Haut-Canada (l’Ontario actuel). En 1838, les 2 provinces se révoltent contre l’autoritarisme de Londres. De fait, des émeutes éclatent à Montréal et les Patriotes demandent l’indépendance du Bas-Canada. En 1849, on incendiera même le Parlement du Canada-Uni, installé dans la ville. Enfin, le Canada devient un dominion britannique le 1er juillet 1867.

Après ça, Montréal continue de se développer. La ville s’industrialise, notamment grâce à l’installation du siège social dans la ville de la compagnie ferroviaire construisant le Transcontinental en 1880 (le Canadien Pacifique).

Drapeau de Montréal.

En 1931, le Canada acquiert finalement l’indépendance et devient une monarchie constitutionnelle. Aujourd’hui, la ville de Montréal est le 3e plus grand centre financier d’Amérique du Nord. De plus, elle est considérée comme la meilleure ville étudiante du monde et se classe même en première place chez les étudiants étrangers. Enfin, la ville abrite 12 maisons de la culture, qui organisent des événements depuis plus de 25 ans. 

 

Sources :

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