Saviez-vous que la Joconde avait disparu pendant plus de deux ans ?

La Joconde arrive en France lorsque son créateur, Léonard de Vinci, a décidé de s’y installer au début du 16ème siècle. Le roi François Ier décidera ensuite de l’inclure aux collections royales. Le Louvre l’accueille en 1797. Pourtant, le 21 août 1911, le célèbre tableau a été volé. Mais que s’est-il passé ?

La Joconde a disparu !

Un gardien du Louvre découvre, dès le 21 août 1911, que la Joconde n’est plus présente. Mais l’idée d’un vol serait si folle, si absurde, qu’il pense que ce sont les conservateurs qui l’ont déplacé. Ce n’est donc que le lendemain que le Louvre lance l’alerte de la disparition du célèbre tableau.

En effet, le peintre Louis Béroud et le graveur Frédéric Laguillermie viennent au salon carré du Louvre, le 22 août, pour observer Mona Lisa. Ils interpellent donc les gardiens sur l’absence de la Joconde. Ces derniers pensent que la Joconde se trouve dans les locaux du photographe officiel du Louvre. Mais elle est introuvable.

Dès le début d’après-midi, le chef de la sûreté parisienne et une soixantaine d’inspecteurs se rendent au Louvre. Le cadre est toujours présent, la vitre aussi. Mais pas de signe de Mona Lisa. Malgré une empreinte digitale et des tests sur les employés du Louvre, aucun coupable n’est trouvé. Le directeur du Louvre de l’époque, Théophile Homolle, démissionne à la suite du vol de la peinture. L’affaire est extrêmement sérieuse et ils ont déjà perdu du temps. Les autorités demandent un contrôle renforcé aux frontières.

La Joconde fait la une des journaux internationaux. Si elle n’est pas l’icône que l’on connait aujourd’hui, la Joconde était déjà admirée. Ironiquement, la Joconde n’a jamais été aussi célèbre que quand elle a disparu.  

Mais qui était donc le voleur ? 

Les regards se dirigent tout d’abord sur Guillaume Apollinaire, le poète d’Alcools (1913) et Calligrammes (1918). Quelques années auparavant, son ami et secrétaire Géry Pieret avait volé des statuettes au Louvre. Apollinaire l’avait aidé, malgré lui, à en vendre à Picasso.

Avec ce vol, le célèbre musée parisien décide de faire un inventaire de toutes les pièces exposées au Louvre. Et parmi les éléments manquants, les statuettes ibériques que Géry Pieret avait volé. Ce dernier, pensant être intouchable, a envoyé l’une des statuettes au Paris Journal tout en clamant avoir en sa possession Mona Lisa (ce qui était faux). Il demande 150 000 francs pour son retour.

Mais la police le démasque et il quitte donc Paris. Apollinaire se rend donc compte qu’il a aidé à vendre des pièces volées que son ami Picasso possède dorénavant. Il va voir Picasso et tous deux décident de dire la vérité à la police. Picasso est interrogé et Apollinaire est emprisonné 4 jours à la Santé pour recel. Mais la police innocente les deux amis du vol de Mona Lisa.

Pendant près de 2 ans, Mona Lisa est portée disparue. Le tableau Baldassare Castiglione de Raphaël remplace celui de Mona Lisa au Louvre. Tous se demandent où elle se cache. Sa popularité est au plus haut. Le journal l’illustration propose 50 000 francs pour celui qui ramènerait la célèbre peinture au journal. Toutes les théories fusent autour de la disparition de la Joconde. Au fur et à mesure des mois qui passent, peu de personnes croient au retour de la Joconde au Louvre. Jusqu’au moment où le coupable est finalement retrouvé…

La Joconde est retrouvée

Mais alors qui l’a volé ? Il s’agit de Vincenzo Peruggia, ouvrier italien au Louvre, qui a dérobé Mona Lisa. Ce dernier avait déposé la vitre autour du tableau en 1911. Le voleur a réussi à le dérober et à le cacher dans sa chambre pendant près de deux ans. Il logeait rue de l’Hopital Saint-Louis, dans le 10ème arrondissement de Paris. Pendant tout ce temps, la Joconde a toujours été dans la capitale.

Comment la police l’a démasqué ? Eh bien parce-que le voleur s’est rendu à Florence et tente de vendre le tableau pour 500 000 lires à un antiquaire italien, Alfredo Geri. Le 11 décembre 1913, ce dernier authentifie le tableau avec Giovanni Poggi, directeur du musée des Offices. Ils appellent immédiatement la police, qui arrête le voleur.

Vincenzo Peruggia, « héros national »

Le célèbre journal américain, le New York Times publie les justifications de Peruggia :

« Souvent, pendant que je travaillais au Louvre, je m’arrêtais devant la peinture de Vinci, et j’étais humilié de la voir ainsi en terre étrangère. La subtiliser fut très simple. Je n’avais qu’à choisir le moment opportun. Un matin, j’ai rejoint mes camarades décorateurs au Louvre, j’ai échangé quelques mots avec eux, puis je suis entré dans le salon où la peinture était accrochée. Il était désert. La peinture souriait devant moi. En un instant, je l’avais décroché du mur. J’ai déposé le cadre dans l’escalier et glissé le panneau sous ma blouse. Tout s’est fait en quelques secondes. Personne ne m’a vu, personne ne m’a suspecté… »

Il aurait volé le tableau pour le ramener en Italie. Il s’opposait au fait que Napoléon ait pris beaucoup d’œuvres d’art à l’Italie, pendant ses conquêtes. Le tribunal ne condamne Peruggia que pour un an et quinze jours, prenant en compte les motivations patriotiques de l’italien. Il n’effectuera que 7 mois de prison.

Certains italiens le perçoivent donc comme un héros national, puisqu’il a voulu « rendre à l’Italie ce qui était à l’Italie ». Ce dernier s’est ensuite engagé dans l’armée italienne durant le premier conflit mondial. Il est retourné ensuite en France où il a ouvert un magasin de peinture.

Avant de retourner le tableau à la France, l’Italie expose Mona Lisa dans ses plus grands musées : ceux de Florence, Milan, Rome. Le 4 janvier 1914, Mona Lisa retrouve enfin le Louvre. Elle est ensuite devenue l’icône de la peinture et de la pop culture que l’on connait aujourd’hui.

Cette histoire surprenante, digne d’un film Hollywoodien, a été racontée au cinéma avec notamment « On a volé la Joconde » de Michel Deville, 1966. Ce vol, qui a pourtant marqué les esprits du début du 20ème siècle, est peu à peu tombé dans l’oubli. Pourtant, cette histoire vaut bien le détour.

 

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Sources :

 

 

 

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