Richard Jewell, suspect facile des attentats des JO d’Atlanta 1996

Richard Jewell, suspect facile des attentats des JO d'Atlanta 1996 - Cultea

Le 27 juillet 1996, au parc du Centenaire d’Atlanta, une bombe agricole explose. L’explosion fait 2 morts et 111 blessés. Un drame qui aurait pu être bien plus terrible, sans l’intervention de Richard Jewell. Sauveur, mais suspect facile pour les Américains.

Le drame au parc du Centenaire

Le 27 juillet 1996, la nuit est douce au parc du Centenaire d’Atlanta. Devant 15 000 spectateurs, un groupe de soul californien, du nom de Jack Mack and the Heart Attack performe. A 1h15 du matin, une explosion vient mettre le chaos dans cette paisible soirée olympique.

Une déflagration se fait ressentir dans tout le centre-ville. Près du complexe sportif où se déroulent les XXVIe Jeux olympiques d’été, l’incompréhension et la peur sont totales. Là où battait le cœur des Jeux, endroit où doivent passer chaque jour des milliers de personnes afin de rejoindre les sites où se déroulent les compétitions, un drame s’abat.

Alors que ces Jeux olympiques apparaissaient comme ceux de la sécurité totale, la bombe agricole fait 2 morts (un caméraman turc et une touriste américaine) et 111 blessés. Pourtant, il y avait 3 fois plus d’agents de sécurité que d’athlètes. On compte pas moins de 30 000 policiers et 10 000 militaires. Les coûts de la sécurité sont montés jusqu’à 303 millions de dollars.

L'effroi au Parc du Centenaire à Atlanta - Cultea
L’effroi au Parc du Centenaire à Atlanta.

Aux États-Unis, une tragédie était déjà arrivée 10 jours plus tôt. Le Boeing 800 TWA Ney York-Paris avait explosé et fait 230 victimes. Alors que la pression était un peu retombée, l’explosion vient rouvrir des plaies pas encore cicatrisées.

Richard Jewell, le sauveur

Le bilan aurait pu être bien plus lourd, si un homme du nom de Richard Jewell n’avait pas fait éviter le pire au pays. Le personnage, toujours coiffé d’une casquette, grassouillet, passionné d’armes et de jeux vidéo, vit chez sa mère. Ce dernier voulait intégrer les forces de l’ordre. Son rêve ne se réalise pas, et, à 33 ans, il est agent de sécurité. Ce soir-là, employé par la compagnie Anthony Davies, il veille sur les spectateurs du concert.

Au cours de la soirée, Richard Jewell remarque qu’un homme dépose son sac à dos sous un banc. Le sac vert est abandonné. De suite, Jewell évacue les alentours. Il mettra à l’abri une centaine de spectateurs. Ensuite, il donna l’alerte.

« J’étais au bon endroit au bon moment. J’ai fait ce pour quoi j’avais été formé. » – Richard Jewell

Richard Jewell, le suspect

Même pas un an après l’attentat d’Oklahoma City qui avait causé la mort de 168 personnes, et le vol TWA 800 qui avait fait 230 victimes, les États-Unis voulaient un coupable. Et vite !

Propulsé sous le feu médiatique et félicité par Bill Clinton lui-même, Richard Jewell va connaître en quelques heures la gloire et la reconnaissance. Cependant, ce fut de courte durée. Il devient l’homme à abattre. Aspiré par le tourbillon fou des médias, Jewell est soupçonné d’avoir en personne placé la bombe sous le banc du parc.

Richard Jewell interprété par Paul Walter Hauser dans le film "Le cas Richard Jewell" - Cultea
Richard Jewell interprété par Paul Walter Hauser dans le film Le cas Richard Jewell.

Très vite, le FBI annonce que l’homme qu’il cherche est un Américain blanc, sans accent qui avait, 30 minutes avant l’explosion, appelé la police pour prévenir de l’explosion d’une bombe. Les agents du FBI pensent que Jewell est peut-être l’interlocuteur anonyme.

« Il y a une bombe au parc du centenaire, vous avez trente minutes. » – L’homme au téléphone

Richard Jewell, avant d’être agent de sécurité, était adjoint au shérif du comté d’Habersham (Géorgie). Là-bas, il avait reçu une formation en traitement d’explosifs. Il démissionna en 1995 suite à un différend avec ses supérieurs. Un autre ancien employeur, après l’avoir vu présenté comme un héros, émet des doutes sur l’homme de 33 ans. Il prévient le FBI.

Le FBI n’attend pas et perquisitionne le domicile de Jewell. Ils trouvent là-bas de l’alcool, du tabac et des armes à feu. Le tout, médiatisé avec des caméras postées devant chez lui.

Éric Rudolph, le vrai coupable

Richard Jewell devra attendre 3 mois avant d’être blanchi. Diabétique, il mourut deux ans après. L’enquête s’oriente rapidement vers les milices américaines extrémistes. Ce n’est qu’en 1998 qu’on identifiera le vrai coupable de l’histoire. Cet homme est Éric Rudolph, déjà recherché pour un autre attentat à la bombe. Ce dernier avait posé une bombe dans une clinique d’Alabama qui pratiquait l’interruption de grossesse.

Le terroriste Éric Rudolph - Cultea
Le terroriste Éric Rudolph.

L’ancien militaire est proche des mouvements religieux extrémistes. Il sera arrêté en mai 2003 en Caroline du Nord. En 2005, le terroriste rejoint la case prison. Acceptant de collaborer avec la justice, ce dernier évite la peine de mort. Il est tout de même condamné à la prison à vie.

Les Jeux olympiques 1996 ont fortement été marqués par cet attentat. Juan Antonio Samaranch, président du Comité International Olympique, à la suite de cet événement, a réuni ses équipes. Ils ont décidé que les Jeux pouvaient continuer. En 2019, Clint Eastwood réalisera un film, Le cas Richard Jewell, rendant hommage à l’agent de sécurité.

 

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