Découvrez cinq chefs-d’œuvre méconnus du Louvre

Le Louvre, plus grand musée du monde. Lieu d’exposition de la célébrissime Mona Lisa ou encore de la Vénus de Milo. C’est d’ailleurs dans ce musée que se rendent chaque année dix millions de visiteurs. Le plus souvent, les visiteurs accomplissent le même circuit dans les galeries Italiennes et Grecques. Cependant, ils ne vont pas à la rencontre d’autres chefs-d’œuvre qui sont, pour certains, fondateurs dans l’histoire de l’art. Aujourd’hui, nous vous emmenons à la rencontre de cinq de ces œuvres méconnues du Louvre.

La Dame d’Auxerre (Aile Denon, Entresol, Grèce préclassique, Salle 170, Vitrine 26)

Bien qu’elle se nomme la Dame d’Auxerre, cette statue n’a pas été produite à Auxerre. En effet, cette statuette a été produite en Crète au VIIe siècle av. J.-C. Si elle se nomme ainsi, c’est parce qu’elle a été redécouverte dans les réserves du musée Saint-Germain d’Auxerre à la fin du XIXe siècle. Suite à cette découverte, elle entre au Louvre dès 1909.

La Dame d’Auxerre est en réalité une digne représentante du style dédalique, style qui s’est développé en Crète au VIIe siècle. Elle en est l’exemple le plus frappant. En effet, elle est représentée de face, le visage triangulaire encadré par une épaisse chevelure. Sa taille est resserrée et le bas de son corps est abstrait. Ses bras et pieds ont une taille disproportionnée par rapport au reste de son corps. Ce sont toutes ces caractéristiques qui en font un chef-d’œuvre de l’art dédalique. Il faut savoir que les statues d’époque grecque n’ont pas toujours été blanches. C’est le cas pour la Dame d’Auxerre, qui était autrefois polychrome. L’université de Cambridge a d’ailleurs présenté un essai de restitution de ses couleurs.

Aujourd’hui, la Dame d’Auxerre reste une œuvre fondamentale dans l’histoire de l’art. L’artiste contemporain Daniel Arsham lui a d’ailleurs rendu hommage lors de sa dernière exposition à la Galerie Perrotin, en partenariat avec le Musée du Louvre.

photographie de la Dame d'Auxerre, musée du Louvre
La Dame d’Auxerre

Le portrait du roi Jean II le Bon (Aile Richelieu, 2e étage, Jean le Bon, Salle 835)

Autre période historique, autre œuvre fondamentale. C’est au Moyen Âge que nous nous rendons à présent. Le portrait du roi Jean II le Bon est connu pour être le premier portrait conservé depuis l’Antiquité. Par portrait, il faut comprendre première représentation individuelle et plus ou moins réaliste de la figure du roi.

Au Moyen Âge, le terme « pourtrait » était utilisé pour ce type d’œuvre. Littéralement, le portrait reprenait « trait pour trait » le physique de la personne représentée. Ici, il n’y a pas de certitude sur l’identité de la personne représentée, l’inscription identifiant le roi étant plus tardive. Il est tout de même certain que la volonté de faire un portrait était présente. En effet, il n’y a pas d’idéalisation du visage. Il est représenté avec ses défauts, une barbe et des cheveux ondulés. Ces détails témoignent de la volonté du peintre du XIVe siècle de faire un portrait qui peut être qualifié de réaliste. Si c’est bien un portrait du roi, il date d’avant son règne. Le roi ne porte pas de couronne et a une apparente simplicité, à l’inverse des portraits qui suivront celui-ci. Par ailleurs, c’est la numismatique et les médailles antiques qui ont inspiré ces types de portrait.

photographie du portrait du roi Jean II le Bon, musée du Louvre
 Jean II le Bon

Sainte Marie-Madeleine, Gregor Erhart (Aile Denon, Entresol, Gothique tardif, Salle 169, Vitrine 6)

Avançons à présent vers la fin du Moyen Âge et une autre aire géographique avec cette nouvelle œuvre. Cette représentation de sainte Marie-Madeleine est une œuvre majeure de la transition entre l’époque gothique et la Renaissance en Europe du Nord. En effet, la grâce de la Madeleine et sa douceur sont encore ancrées dans la tradition gothique, alors que son hanchement évoque déjà le contrapposto classique de la Renaissance. Les formes sensuelles de Madeleine la rapprochent aussi de la Renaissance, tandis que l’idéalisation de son corps évoque l’art gothique. Son état physique est en fait représentatif de l’extase mystique dans laquelle se trouve Marie-Madeleine durant son ascétisme.

Les représentations de Marie-Madeleine pénitente sont plutôt courantes dans l’histoire de l’art religieux. En Italie, Donatello nous offre une toute autre image de ce personnage, quelques décennies plus tôt. Finalement, Erhart nous présente presque une Vénus en comparaison à la Madeleine de Donatello.

Marie-Madeleine, Erhart, musée du Louvre
Marie-Madeleine, Erhart

Retable de l’ascension du Christ, Andrea Della Robbia (Aile Denon, entresol, Sculptures italiennes, salle 2)

Avec cette nouvelle œuvre, nous restons à la Renaissance, mais nous changeons de technique. Cette œuvre en terre cuite émaillée fait partie des collections de sculpture du Louvre. C’est une œuvre majeure des collections de Renaissance italienne au Louvre.

La famille Della Robbia possédait une quasi exclusivité sur la terre cuite émaillée. Cette technique laisse se détacher quatre couleurs principales que sont le blanc, le bleu, le vert et le jaune. En réalité, si cette technique vit le jour, c’était pour remplacer le marbre blanc de Carrare. Andréa Della Robbia en est le plus digne représentant dans sa famille. Effectivement, il pousse le style à son paroxysme en rendant des blancs aussi éclatants que possible et le bleu du ciel intense. Les guirlandes de fruits caractéristiques de cet art deviennent presque réelles dans les mains d’Andréa. La terre cuite émaillée est un style majeur de la Renaissance italienne, mais bien souvent inconnu. Cette œuvre est le témoignage de la richesse des collections du musée du Louvre en matière de Renaissance italienne.

Louvre, Retable Della Robbia
Retable de l’ascension, Andrea Della Robbia

Les Chasses de Maximilien (Aile Richelieu, 1er étage, Galerie des Chasses de Maximilien, Salle 507)

Pour la dernière œuvre de notre parcours au cœur des chefs d’œuvres méconnus du Louvre, nous changeons à nouveau de technique pour la tapisserie. Les Chasses de Maximilien sont un ensemble de douze tapisseries. Elles représentent les douze mois de l’année, chaque mois correspondant à une scène de chasse. Il existe quelques copies de cette tenture en Europe. Le musée de Louvre abrite les tapisseries originales.

Ici, plus que le sujet, c’est la technique qui est intéressante. Réalisées dans un atelier de Bruxelles, ces tapisseries sont en haute-lisse. L’utilisation d’un métier à tisser vertical est nécessaire à cette technique. C’est une technique qui est lente et difficile à maîtriser. La manufacture des Gobelins utilise encore cette méthode très ancienne. Par ailleurs, cette tenture est une digne représentante de la tapisserie du début de la Renaissance en Belgique. Il est intéressant de la découvrir, car on n’imagine pas qu’un tel ensemble puisse être exposé au Louvre.

Chasses de Maximilien, musée du Louvre
Tenture des chasses de Maximilien (septembre)

Finalement, après vous avoir dévoilé tous ces chefs-d’œuvre, vous aurez découvert une grande partie des ailes méconnues du Louvre. Si vous avez le temps, n’hésitez pas à aller découvrir les appartements de Napoléon III et à vous perdre volontairement dans les dédales du musée. Qui sait ? Vous y découvrirez peut-être des secrets…

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