Coco Chanel : derrière les parfums, la collaboration nazie

Coco Chanel : derrière les parfums, la collaboration nazie

Coco Chanel a libéré les femmes de nombreuses injonctions vestimentaires auxquelles les hommes les assignaient. Mais elle a aussi une part d’ombre dans son histoire.

On le sait depuis de nombreuses années, Coco Chanel a collaboré avec les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. Pourtant, nombreux sont ceux qui n’en ont encore jamais entendu parler. Parce que le mythe de la grande couturière reste entier, que Chanel N°5 a longtemps été le parfum le plus vendu au monde et que la petite robe noire est toujours un incontournable de la mode. Mais l’entreprise n’a pas toujours été aussi florissante. Et Coco Chanel, de son vraie nom Gabrielle Chasnel, a usé de bien des stratagèmes pour la garder entre ses mains.

Des fréquentations douteuses

Toute sa vie, Coco Chanel a fait chavirer les cœurs. Elle a eu de nombreuses histoires d’amour, et certains avaient des idées plutôt arrêtées sur le judaïsme, bien avant que n’éclate la Seconde Guerre mondiale. Gabrielle fréquente par exemple Paul Iribe. Dessinateur, décorateur, il est aussi patron de presse et ne s’abstient pas d’y afficher ses tendances judéophobes.

Quelques années plus tard, c’est au bras d’un autre homme que s’affiche « Mademoiselle Chanel ». Et celui-ci montre un antisémitisme beaucoup plus affirmé. À 57 ans, Gabrielle rencontre le baron Von Dincklage. Il habite les appartements du Ritz, comme elle. Mais ce n’est pas monsieur tout le monde. Il est officier de haut-rang dans l’occupation allemande, et est très apprécié par Hitler et Goebbels, par qui il a été reçu. Espion pour l’Allemagne, il entraîne Gabrielle dans ses affaires.

Au-delà du fait d’avoir sympathisé avec l’ennemi, elle aurait apporté ses services aux Allemands nazis. Elle est engagée en 1940 par les services de renseignements allemands. Sous le nom de code « Westminster », en référence à son ancien amant le duc de Westminster, elle est envoyée pour négocier la paix avec Winston Churchill. Tentative infructueuse.

Image dans Infobox.

Une lutte pour la fortune

Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, Coco Chanel est au plus bas. Ses affaires vont mal, elle perd la mainmise sur son entreprise et sent que tout lui échappe. Elle ne fait plus partie du conseil d’administration des parfums Chanel, ses boutiques sont fermées, et, avec les bombardements, les usines de fabrication sont réduites en fumée. L’entreprise est aux mains des frères Wertheimer. Et c’est là que Coco Chanel voit une porte de sortie de crise. Les Wertheiner sont juifs. Avec l’arrivée de l’occupation allemande, ils ont fui la France pour les Etats-Unis, d’où ils continuent la commercialisation des parfums. Mais si Hitler réussit à imposer sa vision, la société lui reviendra. Cette histoire a longtemps apposé à Gabrielle Chanel l’image d’une femme d’affaires prête à tout pour récupérer sa société. Mais le jeu en valait-il la chandelle ?

Le mythe Coco Chanel

À travers ses créations et au fil des années, Coco Chanel a libéré les femmes. Elle s’absout du corset qui fait souffrir les corps, impose le tailleur pantalon et emprunte le cardigan aux vestiaires des messieurs. Pour elle, la femme doit être libre. Elle raccourcit les jupes pour tenter de faire évoluer les mœurs. Elle est donc, à son époque, l’incarnation d’une certaine libération de la femme par l’habillement. Qui aurait envie de noircir le tableau d’une histoire pareille ? Pas grand monde. Quatre jours après la Libération de Paris en 1944, Coco Chanel est arrêtée pour crimes de guerre et entendue par la police. Elle est relâchée grâce à Winston Churchill, qui plaide en sa faveur. Elle ne sera jamais inquiétée, et reçoit même 9 millions de dollars pour les ventes de N°5 durant la guerre. À son décès, l’AFP publie ceci :

« Au début de la Seconde Guerre mondiale, Chanel ferma sa maison de couture et se retira sur les bords du Lac Léman, où elle vécut pendant 15 ans des royalties que lui rapportait son parfum »

Une façon subtile de dire que Coco Chanel s’est exilée pour fuir la chasse aux collabos.

De nombreuses biographies évoquent bien la collaboration de cette icône de la mode. En 2011, Hal Vaughan publie Dans le lit de l’ennemi, qui en fait le récit, preuves à l’appui.

Mais ces révélations sont un grain de sable dans l’empire Coco Chanel que rien ne semble pouvoir ébranler. En 2009, la réalisatrice Anne Fontaine sort Coco avant Chanel, un récit sur le passage de Gabrielle Chasnel à Coco Chanel. Le choix de cette période de la vie de la créatrice met l’accent sur son incroyable ascension, bien plus que sur les parties obscures de sa vie. 

 

Sources : 

2 Replies to “Coco Chanel : derrière les parfums, la collaboration nazie

  1. bien sur que beaucoup le savais, mais elle n’a pas été rasée, comme les milliers d’inconnues, gràce à ses connaissances, c »est pour cela que je ne porterais jamais cette marque, contrairement à toutes ces incultes de l’histoire!!!!

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