« Moonraker » : le musée Guimet donne carte blanche à Daniel Arsham

jardin zen arsham

Après la Carte blanche à Pharrell Williams de l’année dernière, le musée Guimet invite cette année l’artiste Daniel Arsham. L’exposition fait dialoguer les œuvres du musée et celles de l’artiste. Nous vous proposons de découvrir Daniel Arsham et son exposition hors du commun. Rendez-vous au musée Guimet jusqu’au 25 janvier 2021 pour visiter Moonraker

Qui est Daniel Arsham ?

Après une exposition très attendue au mois de janvier à Paris, Daniel Arsham est de retour avec une seconde exposition. Cet artiste américain est représenté par la galerie d’art Emmanuel Perrotin. Il exerce dans diverses techniques artistiques. En effet, il maitrise la sculpture, le dessin, l’architecture et le cinéma. De cette manière, il permet à son art d’être complet et parlant pour de nombreux publics.

Daniel Arsham utilise très souvent des images ancrées dans la culture collective en les détournant à sa manière. Il a par exemple réalisé une série d’œuvres en rapport avec Pokémon. La collection de T-shirts tirés de cette collaboration avec la marque Uniqlo s’est arrachée partout dans le monde. Ce qui permet à Arsham d’être visible sur le devant de la scène, c’est justement cet attachement à la pop culture qu’il revendique sur ses réseaux. 

Affiche de la collaboration Daniel Arsham x Pokémon pour Uniqlo.

Qu’est-ce que l’archéologie fictionnelle ?

Daniel Arsham est le créateur de l’archéologie fictionnelle. Pour définir cette discipline, il faut regarder en même temps le passé, le présent et le futur. En effet, l’artiste utilise des œuvres ou objets de la vie quotidienne très connus et les détourne à sa manière. Il les reproduit dans un matériau différent, d’origine minérale (cristaux et poussière volcanique). Ensuite, il les retravaille de sorte à ce qu’ils aient l’air d’avoir été récemment découverts. Ainsi, il s’imagine comment seront les objets de notre quotidien lorsqu’ils seront découverts dans le futur.

Récemment, il a eu accès aux collections de moulages de la Réunion des Musées Nationaux (RMN) pour préparer ses expositions parisiennes. L’artiste s’est dit émerveillé et honoré d’avoir pu voir ces œuvres pour la plupart copiées d’originaux iconiques. En effet, lors de sa précédente exposition à la Galerie Perrotin, l’artiste a décliné des statues présentées au Louvre telles que la Dame d’Auxerre. L’idée de ses expositions est de se projeter dans mille ans et de voir ce que sont devenus les objets que nous connaissons. D’où le titre Paris, 3020 de son exposition à la Galerie Perrotin.

En plus d’exposer des œuvres issues du passé, son expérience de l’archéologie fictionnelle ne s’arrête pas là. En effet, Daniel Arsham utilise aussi de nombreux objets de notre quotidien et y ajoute son concept. Finalement, à la manière du Pop Art, il rend artistiques les objets de notre quotidien. D’ailleurs, en clin d’œil à Andy Warhol, il a lui-même édité une collection de boites de soupe. Il utilise souvent les objets de notre quotidien en accumulation comme les téléphones ou les ordinateurs pour montrer qu’ils représenteront une partie de l’archéologie du futur. L’artiste s’attache aussi à ne jamais critiquer les modes de consommation ; il fait un constat de l’empreinte que nous laissons.

Moonraker au musée Guimet

Invité par le musée Guimet, Daniel Arsham nous présente donc sa nouvelle exposition Moonraker. Littéralement, le nom de cette exposition signifie « racleur de lune« . Ce qui pourrait représenter cette idée de l’archéologie du futur que se fait l’artiste. Une archéologie où tout objet découvert est épuré. Cependant, les œuvres antiques que nous connaissons sont elles aussi épurées. En effet, la plupart des œuvres que nous connaissons blanches étaient à l’origine peintes.

Dans l’exposition, les moulages de Daniel Arsham dialoguent avec les œuvres exposées au musée. Arsham présente des moulages d’œuvres antiques du Louvre, mais aussi des œuvres du musée Guimet. De cette manière, il est possible de comprendre la diversité de l’art en Orient et en Occident. Cette exposition permet aussi de comprendre les diverses influences exercées au fil des siècles par les deux régions.

Torse de divinité féminine présenté à côté de son moulage, réalisé par Daniel Arsham.

Le point d’orgue de cette exposition est le jardin zen installé dans la rotonde du quatrième étage. Inspiré par son épouse japonaise et ses séjours à Kyoto, le jardin est un endroit lunaire. Isolé du reste du musée, ce jardin invite à la méditation, à l’image des jardins zen japonais. L’arbre et la lanterne sont les évocations d’objets que l’artiste a vus à Kyoto.

Daniel Arsham est un artiste singulier et aujourd’hui très en vogue. Son public l’adule et le suit partout où il expose. Profitez du calme des musées en cette période pour aller le découvrir. Vous avez jusqu’au 25 janvier 2021 ! N’hésitez pas non plus à en profiter pour découvrir le reste du musée Guimet lors de votre visite. 

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