Connaissez-vous Charles de La Fosse, peintre de Louis XIV ?

Plafond du dôme de la cathédrale Saint-Louis des Invalides, décoré au début du XVIIIe siècle par les fresques de Jean Jouvenet représentant différents saints et l’immense composition de Charles de La Fosse, ornant la partie centrale de la coupole, représentant saint Louis remettant son épée au Christ.

Des peintres qui ont travaillé au château de Versailles, il y en a énormément. Mais éloignons-nous des plus connus, et concentrons-nous sur Charles de La Fosse. Aujourd’hui (trop) peu connu, il bénéficiait à son époque d’une grande renommée.

Formation de Charles de La Fosse et voyage en Italie 

Charles de La Fosse est né en 1636, dans une famille d’orfèvres. Son apprentissage de la peinture se fait auprès de Charles Le Brun, peintre renommé. Il entre ainsi dans son atelier en 1655, pour trois ans. C’est donc auprès de Le Brun qu’il apprend les bases de la peinture de grand décor.

Portrait de Charles de la Fosse.
Portrait de Charles de La Fosse – ©Château de Versailles / C. Fouin.

En 1658, Charles de La Fosse part pour chercher de nouveaux sujets d’inspiration, à Rome et à Venise. Il se crée ainsi son propre style de peinture à partir de l’étude de Raphaël, Titien ou encore Véronèse. Ce voyage lui a été possible grâce à la pension que lui offre le roi. Ceci nous montre l’intérêt (qu’on connaît déjà) de Louis XIV pour les arts, mais aussi celui, plus particulier, du Roi-Soleil pour Charles de La Fosse.

Charles de La Fosse ne revient en France qu’en 1663, avec son propre style de peinture. Celui-ci est marqué par une méthode particulière dans la mise en couleur des tableaux et par une nouvelle technique de clair-obscur qu’il ne quittera plus. Cette technique fait de lui un des coloristes les plus influents, en opposition aux poussinistes dans la querelle qui les opposait alors.

Les chantiers de peinture royaux

Son retour en France lui permet de participer à de nombreux chantiers royaux. Il a d’abord travaillé aux Tuileries sur différents chantiers qui font sa renommée. En 1671, il est agréé par l’Académie royale de peinture et de sculpture, avec son tableau « L’Enlèvement de Proserpine ».

Représentation du tableau présenté par Charles e la Fosse à l'Académie, l'Enlèvement de Proserpine.
L’Enlèvement de Proserpine, Ch. de La Fosse – ©Beaux-Arts de Paris (dist. RMN-GP).

Trois ans plus tard, il travaille sur le château de Versailles, et plus particulièrement sur le salon d’Apollon. Ses travaux dans les Grands Appartements de Versailles se terminent en 1680, une date importante dans la carrière de l’artiste. En effet, cette année, Charles de La Fosse abandonne le style de Le Brun pour se rapprocher de celui de Rubens. C’est l’un des premiers peintres à avoir redécouvert Rubens, au point d’avoir changé son style de peinture pour celui de son prédécesseur.

Charles de La Fosse a aussi participé à des chantiers dans le Grand Trianon, dans différents couvents ou encore pour le château de Choisy. C’est donc un peintre qui avait une grande renomée durant tout son siècle. Il a même été appelé en Angleterre par Lord Montagu, ancien ambassadeur à la cour de France, pour décorer le salon et le grand escalier de sa maison.

L’apogée, à la fin de sa vie

L’année 1699 marque un tournant dans sa carrière. En effet, il est élu directeur de l’Académie royale de peinture et de sculpture, un poste prestigieux. Cependant, trois ans après, en 1702, il démissionne pour devenir recteur de l’Académie, en parallèle des commandes qu’il continue de recevoir pour les Invalides ou pour Versailles. Il a bénéficié du soutien de Louis XIV jusqu’à la fin, et a profité de l’appui de mécènes importants telle que la Grande Mademoiselle par exemple.

Le style pictural de la fin de sa vie préfigure le rococo, avec des lumières argentées, des arbres floconneux… Il a inspiré plusieurs peintres du XVIIIe siècle, tels que Watteau ou encore François Lemoyne. Il meurt en 1716, sans que sa réputation n’ait été remise en cause une seule fois durant sa vie.

Charles de La Fosse a donc été un peintre novateur et un décorateur admiré durant le règne de Louis XIV, dont il est l’exact contemporain. Comment expliquer l’oubli dans lequel il est tombé aujourd’hui ? On peut le comprendre par le fait qu’il a été longtemps qualifié « d’artiste de transition », arrivé après Charles Le Brun et avant Watteau. Il fait donc partie de ces grands oubliés du XVIIe siècle, mais il ne tient qu’à nous de lui redonner ses lettres de noblesse en allant admirer ses œuvres dans leur contexte, dans la chapelle du château de Versailles, ou sur la grande coupole des Invalides… 

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