L’affaire Lætitia Toureaux : le premier « crime parfait » du métro Parisien

Si pour beaucoup de nos confrères métropolitains prendre le métro est une épreuve (surtout actuellement), peu d’entre eux ne connaitront jamais celle d’y trouver la mort (et heureusement). Ce ne fut cependant pas le cas de Lætitia Toureaux, qui eut le macabre privilège d’inaugurer le métro parisien de son premier « crime parfait ».

Un « crime parfait »

Le dimanche 16 mai 1937, tout semblait banal dans le métro de Porte de Charenton, ancien terminus de la ligne 8. Alors que le véhicule s’arrête aux alentours de la station Porte Dorée vers 18h30, six personnes entrent dans un wagon.

Celui-ci est entièrement vide à l’exception de la présence d’une jeune femme assise sur une des banquettes, immobile. Le visage caché derrière un épais chapeau blanc, elle semble endormie. Soudain, lorsque le métro repart, la silhouette bascule en avant et s’écroule sur le sol dans une mare de sang.

Le lieu du crime attira particulièrement l’attention de la presse de même que la personnalité de la victime.

Les autres passagers constatent alors avec horreur qu’un couteau est à été plongé dans la gorge de l’inconnue. Le coup à été si violent que la lame, enfoncée jusqu’à la garde, a sectionné la moelle épinière de la victime.

Très vite la police intervient sur les lieux tandis que la femme décède dans l’ambulance qui l’amène à l’hôpital. L’identité de la victime ne tarde pas à être révélée. Il s’agît de Lætitia Toureaux, dont la vie paraît être aussi mystérieuse que sa mort.

Une victime au passé trouble

D’origine Italienne, Laetitia vint s’installer à Paris dans son enfance et se maria en 1930 avec Jules Toureaux. Celui-ci ne tarda pas à mourir, laissant Laetitia veuve. Âgée de 29 ans et ouvrière dans une firme à Saint-Ouen, elle possédait une bonne réputation auprès de ses collègues.

Cependant, elle espionnait ces derniers sur les ordres de ses supérieurs. À cette pratique déloyale s’ajoutait une réputation tumultueuse, du fait de diverses liaisons, ainsi que de liens étroits avec La Cagoule, une organisation d’Extrême Droite.

La victime verra sa vie privée largement exposée dans les médias.

En dépit d’une enquête menée pendant plusieurs semaines sous la houlette du commissaire Badin, les autorités ne trouvèrent aucune piste ou suspect tangible. À l’exception d’un lourd paquet de rumeurs, rien ne semble découler de ce cas, finalement classé à l’aube de la seconde guerre mondiale.

Un dernier signal manuscrit

Finalement, en 1962, après plus de vingt ans sans la moindre attention accordée à l’affaire, une lettre adressée à la police judicaire perturbe plusieurs personnes. La lettre en question, signée anonymement, comportait apparemment le témoignage et les aveux de l’insaisissable meurtrier.

La tombe de Lætitia Toureaux, visible au cimetière parisien de Thiais.

Selon le document, celui-ci se déclare comme un simple jeune homme, originaire de Perpignan et étudiant en médecine au moment des faits. Il aurait assassiné Lætitia Toureaux à la suite de multiples rejets amoureux. Il considère également son « crime parfait » comme un simple concours de circonstances, lui ayant été favorable.

Aujourd’hui encore, l’authenticité de cette lettre divise bon nombre de professionnels, tandis que l’affaire demeure classée. Malgré tout, qui sait si le métro se remémore encore de son premier « crime parfait » ? 

 

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