Connaissez-vous Victor Lustig, l’escroc qui vendit la Tour Eiffel ?

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Voici l’histoire d’un criminel qui a vu les choses en grand ! Victor Lustig fait probablement partie des plus grands escrocs au monde. Son acte ? Réussir à vendre la Tour Eiffel à un ferrailleur !

Victor Lustig nait dans une famille aisée de la région de Bohème (l’ancienne Autriche-Hongrie) mais ne se voit pas faire des efforts, ni travailler pour réussir dans la vie. Intelligent, l’homme préfère abuser de son talent pour escroquer ses premiers clients. C’est ainsi qu’en mars 1925, l’homme va commettre son plus grand méfait !

Le coup du siècle !

Lorsque Victor Lustig arrive à Paris, il est surpris de ce qu’il apprend dans le journal : la Tour Eiffel est devenue un véritable gouffre financier pour la mairie de Paris. Elle nécessite, en effet, de solides réparations très coûteuses. Victor Lustig (si cela est son vrai nom, tant il change de nom souvent) y voit alors l’occasion de concevoir son arnaque. Il décide alors de se faire passer pour un haut fonctionnaire, mandaté par la ville et par le président Gaston Doumergue lui-même. La mairie s’interrogeant encore sur la possibilité de vendre le monument érigé spécialement pour l’Exposition universelle de 1889.

L’escroc professionnel envoie des lettres aux plus riches ferrailleurs parisiens en leur proposant d’acquérir les 7300 tonnes de métal qui composent la Tour Eiffel, le monument devant être démonté prochainement. Ils mordent à l’hameçon. Ce sont un total de cinq hommes d’affaires qui répondent à l’appel, un mois plus tard, en avril 1925. L’escroc leur donne rendez-vous à l’hôtel de Crillon et leur explique son incroyable projet mandaté par la mairie : l’État français souhaite plus que tout se débarrasser de la Dame de Fer. Le plus offrant deviendra le propriétaire des 15.000 poutres et de tous les matériaux de la structure. Pourtant, un détail aurait pu alerter les acheteurs de la supercherie : l’escroc demande que la transaction reste confidentielle coûte que coûte. 

Interrogatoire de Victor Lustig (au centre) en 1935 par des agents de police américains
Victor Lustig (au centre), est arrêté en 1935. Il est interrogé par des agents de police américains – source : WikiCommons

Affaire conclue !

Afin d’être certain que l’arnaque réussisse, Victor Lustig propose à tous les acheteurs d’aller visiter la tour après la réunion. Muni d’une fausse carte d’accès, il leur fait visiter les étages du splendide monument. Finalement, l’arnaqueur professionnel verra en André Poisson le moyen de gagner beaucoup d’argent ! Ce sera donc avec lui qu’il conclura l’affaire. Et pour cause : l’homme est peu sûr de lui, il sera donc facile de l’avoir. Malgré les doutes de sa femme, André Poisson accepte l’offre de Lustig.

Peu après la signature du contrat de vente, l’affaire est conclue. Malheureusement pour lui, Poisson se rend compte trop tard de la supercherie. Lustig a déjà encaissé le chèque et est parti en Autriche. L’arnaqué, se sentant tellement honteux, n’ose pas porter plainte.

Après avoir essayé de revenir sur Paris pour y établir une nouvelle arnaque, Victor Lustig est dénoncé et doit s’enfuir. Finalement, il s’enfuit aux États-Unis, où il poursuit ses arnaques jusqu’à son arrestation. L’homme qui vendit la Tour Eiffel meurt emprisonné à Alcatraz, en mars 1947. Aussi, son arnaque a inspiré le court-métrage L’homme qui vendit la Tour Eiffel de Claude Chabrol, qui figure dans le film à sketches Les Plus Belles Escroqueries du monde, sorti en 1964.

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Emeric Gallego

Photographe, artiste engagé et cinéaste indépendant, j'écris aussi bien pour le cinéma que pour le jeu vidéo. Rejoindre Cultea me permet de profiter de ma passion en attendant de préparer mon prochain projet ! Actuellement au Festival d'Avignon.
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