Les grandes supercheries militaires : comment désinformer les adversaires ?

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Les Guerres Mondiales furent la source de nombreuses stratégies et plans plus ou moins inhabituels. Nous vous avions déjà fait découvrir l’interrogateur nazi qui préférait s’armer de gentillesse. Aujourd’hui, nous nous penchons sur la désinformation et les supercheries militaires utilisées pour prendre l’avantage sur l’ennemi.

Les débuts de la mystification et des supercheries militaires à Paris en 1918

La désinformation et les supercheries militaires eurent beaucoup d’importance lors des conflits mondiaux. A la fin de la Première Guerre mondiale, la capitale britannique commença a être victime de raids par l’armée allemande. Les forces françaises voulaient donc éviter que leur capitale ne soit bombardée par les troupes ennemies. Elles planifièrent donc un projet de construction d’une « réplique » de Paris en 1917.

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Plan du faux Paris (1917)

L’armée tenta ainsi d’attirer les attaques aériennes allemandes vers des cibles lumineuses qui imitaient la capitale. On bâtit le faux Paris entre Maisons-Laffitte et Saint-Germain-en-Laye. En effet, les satellites et les radars n’existaient pas encore pour les avions, les pilotes larguaient à vue. Les Français espéraient donc pouvoir attirer les raids nocturnes vers de mauvaises cibles. On a notamment reconstruit la gare de l’Est, la gare du Nord, le chemin de fer… On pensa à tout ! Toutefois, cette réplique ne vit pas le jour dans son entièreté, quelques constructions furent tout juste mises en service deux mois avant l’armistice de 1918.

Seconde Guerre mondiale : disparition du port d’Alexandrie

En 1941, la situation est critique pour les Alliés en Afrique du Nord. Les navires censés ravitailler cette région se font systématiquement abattre par les troupes allemandes. Le port d’Alexandrie en Egypte et le Canal de Suez étaient en effet des lieux stratégiques. Le général allemand Erwin Rommel, qui dirige les opérations dans la région, l’a bien compris. Il faisait donc bombarder quotidiennement le port d’Alexandrie pour affaiblir les troupes britanniques.

Celles-ci s’inspirèrent donc du « faux Paris » de 1918 et décidèrent d’utiliser cette stratégie pour faire diversion. L’armée britannique créa donc, à deux kilomètres de la vraie ville, en plein désert, un faux port d’Alexandrie. Ce projet fut attribué à l’illusionniste Jasper Maskelyne. Ce ne fut pas une réplique à taille réelle mais à une échelle plus petite. Ils prévirent toutefois de faux bateaux en carton, un feu tournant pour imiter le phare et même des explosions et fumigènes pour attirer les pilotes adverses. Avec une visibilité réduite la nuit et les lumières du vrai port éteintes, les avions allemands bombardèrent le faux port.

Désinformation et les supercheries militaires avec la création de fausses armées

Outre les villes factices, la Seconde Guerre Mondiale a aussi vu l’apparition de fausses armées et de faux véhicules. En effet, en 1941 Winston Churchill fonda la London Controlling Section. Cette organisation secrète était chargée de la conception de supercheries militaire et de mystification. L’Opération « Bertram » fut organisée par ce groupe en Egypte en 1942. Elle permit aux Britanniques, menés par le général Montgomery, de gagner la bataille d’El Alamein face aux troupes allemandes du maréchal Erwin Rommel surnommé le « renard du désert ».

En effet, l’armée britannique simula une attaque par le sud alors qu’en vérité, elle surprit les Allemands par le nord. Pour tromper Rommel, les Britanniques maquillèrent les chars en camions et fabriquèrent de faux tanks en bois ou même des tanks gonflables en caoutchouc. Ils tracèrent même dans le sable des pistes fictives de chars et utilisèrent des leurres sonores.

Les tanks gonflables de la Seconde Guerre mondiale
Les tanks gonflables de la Seconde Guerre mondiale

L’Opération Bertram mena à la création d’une armée fantôme américaine en 1944 connue sous le nom « 23rd Headquarters Special Troops ». Cette unité de 1 100 hommes avait comme mission de tromper l’ennemi à l’aide de chars gonflables, de fausses transmissions radio et de haut-parleurs. Ainsi, en septembre 1944 au Luxembourg s’est déroulée l’Opération « Bettembourg ». Equipés de chars et d’artilleries gonflables, l’armée fantôme composée de 400 G.I réussit à faire croire à l’ennemi qu’ils étaient une division de blindés composée de 8 000 hommes.

Armée fantôme
Char équipé d’une enceinte lors de l’opération Bettembourg

De faux débarquements en Europe

Les Alliés allèrent plus loin et firent également croire à de faux débarquements. Au printemps 1943, l’Opération « Mincemeat » était un plan britannique destiné a convaincre les Allemand que les Alliés allaient envahir la Sardaigne et la Grèce au lieu de la Sicile. Ainsi, ils déposèrent sur une plage espagnole le cadavre d’un prétendu officier britannique, le Major Martin, supposément victime d’un accident d’avion. Le cadavre portait une mallette avec de fausses lettres secrètes. Cette opération permit aux Britanniques de conquérir la Sicile plus facilement car Hitler envoya des divisions vers la Grèce. Un coup de maître !

supercheries militaires

Plus tard, les Anglais et les Américains organisèrent la plus grande manœuvre de désinformation et de mystification : l’Opération « Fortitude ». Elle visait à tromper les nazis sur le lieu réel du Débarquement en faisant croire que ce dernier aurait lieu en Norvège ou dans le Pas-de-Calais. Ils créèrent pour donc le First US Army Group (FUSAG), une armée de 900 000 personnes fictives et simulèrent un intense trafic radio.

De leur côté, les agents doubles, comme Dusko Popov, procurèrent de fausses informations au Renseignement allemand. On installa même de faux camps, de fausses troupes, de faux ports et de faux aérodromes. Des milliers de soldats prirent part à cette mission et déplacèrent les véhicules factices et les faux soldats. Bien que le régime allemand se soit montré méfiant, il crut tout de même au débarquement dans le Pas-de-Calais.

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Fausses péniches pour le débarquement

Finalement, nous n’avons pas uniquement utilisé des armes lors de conflits, mais également la tromperie et les illusions. La désinformation et les supercheries militaires firent ainsi partie intégrante de la guerre et permirent plusieurs victoires.

 

Sources : 

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