Traversée de l’Atlantique en avion : une lutte de pionniers

Traversée de l'Atlantique en avion : une lutte de pionniers - Cultea

Dans la culture populaire, on attribue la première traversée de l’Atlantique par voie aérienne à Charles Lindbergh. Un exploit que d’autres auraient soi-disant réussi avant lui…

Première traversée de l’Atlantique

En 1919 a lieu le premier vol transatlantique de l’histoire. John Alcock et Arthur Whitter Brown, tous deux pilotes lors de la Première Guerre mondiale pour le compte du Royaume-Uni, embarquent le 14 juin 1919 à bord d’un bombardier Vickers Vimy IV. Le plan de vol ? Décoller depuis Terre-Neuve, territoire le plus à l’est d’Amérique du Nord, et rejoindre Clifden en Irlande.

Le trajet n’est pas de tout repos. Les deux hommes sont en effet confrontés au froid, à la neige, au brouillard et à la nuit. Brown doit même sortir de son cockpit afin de dégager la glace qui se forme sur les ailes. Alcock, quant à lui, parvient à piloter malgré la visibilité extrêmement réduite et la neige qui s’accumule dans son cockpit.

Le lendemain (15 juin), ils arrivent finalement en Irlande. À l’atterrissage, l’avion s’endommage lourdement, mais les deux hommes en sortent indemnes. Brown et Alcock deviennent alors des héros. Ils sont même faits chevaliers par le roi George V. Ils sont les premiers à avoir traversé l’Atlantique sans escale.

Le bombardier de Brown et Alcock à l'atterrissage - Cultea
Le bombardier de Brown et Alcock à l’atterrissage

« L’Oiseau-Blanc », une traversée française tragique

Après avoir décollé le 8 mai 1927 du Bourget aux commandes de l’Oiseau blanc, les aviateurs français Charles Nungesser et François Coli ne seront plus jamais revus. Ceux qui devaient rallier New York en moins d’un jour ont soit péri dans l’Océan, soit dans un lac de Terre-Neuve.

Bernard Decré, qui a cherché des traces de l’épave pendant plus de 4 ans, est partisan de la première théorie. Selon lui, les deux aviateurs se sont fait descendre aux abords de Terre-Neuve à leur arrivée. L’île servait effectivement de repaire aux contrebandiers d’alcool, qui importaient de la liqueur d’Europe pour la revendre aux États-Unis en pleine période de prohibition. Quoi qu’il en soit, « l’exploit français » n’en sera pas un. Malgré une traversée quasi-complète, l’Américain Charles Lindbergh éclipsera Nungesser et Coli 12 jours plus tard.

Charles Lindbergh, l’exploit solitaire

Lindbergh n’est pas un militaire et n’a que 17 ans lorsque John Alcock et Arthur Brown effectuent leur traversée. En 1927, il se met en tête de tenter la traversée de l’Atlantique en solitaire, sans escale. Sa traversée sera la plus connue pour plusieurs raisons. D’abord, il veut traverser seul, ce qui n’a jamais été réalisé. Mais c’est surtout la deuxième raison qui le rendra célèbre : il va relier deux grandes capitales des deux continents, Paris et New York. Au-delà de l’exploit, ceux qui tentent cette traversée sont attirés par le prix Orteig. Raymond Orteig, un propriétaire d’hôtels, a en effet promis 25 000$ au premier qui réussirait à joindre les 2 capitales par les airs.

Le 20 mai 1927, le pilote de l’US Air Mail s’élance depuis New York. À bord de son avion : 2 000 litres d’essence, 4 sandwichs et 2 barres chocolatées. Avec ces provisions, il va devoir tenir 33 heures sans pouvoir dormir, ni aller aux toilettes. Lindbergh raconte que, parfois, alors qu’il s’endormait, son train d’atterrissage touchait l’océan et les vibrations le réveillaient. Autre inconfort : sa vue était bloquée par le réservoir d’essence placé devant le cockpit, et il devait regarder par un périscope pour voir autour de lui.

Finalement, en deux fois plus de temps que les pionniers Alcock et Brown, il atterrit à l’aérodrome du Bourget. La foule qui s’y est massée célèbre l’Américain, et les journaux titrent « Lindy hopped the Atlantic ».

Lindberg aura par ailleurs une postérité offerte par la danse. En hommage à son exploit, le danseur de Harlem Georges « Shorty » Snowden nommera sa danse « lindy hop », terme repris largement pour désigner le courant swing émergeant.

 

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