Les disparus de la Mary Celeste, un mystère vieux de presque 150 ans.

| | ,

Longtemps, les histoires de bateaux fantômes et de disparitions en mer ont été transmises de bouche a oreille de marin. Ces dernières ont régulièrement inspiré la culture populaire, à l’image de films comme Le Vaisseau de l’Angoisse ou Pirates des Caraïbes. Bien souvent, les témoignages de ces épaves mouvantes relèvent de la pure invention ou trouvent leur origine dans des circonstances naturelles et explicables. Cependant, le récit aussi tragique que mystérieux de la Mary Celeste fait figure d’exception. Elle reste aujourd’hui une des énigmes les plus étranges de l’histoire…

La Mary Celeste : un navire peu chanceux

Lancée à l’eau en 1861 dans une baie de la Nouvelle Écosse (aujourd’hui une province du Canada). La Mary Celeste, baptisée à l’origine sous le sobriquet Amazon (le bateau, pas le site), semble n’avoir jamais été placée sous une bonne étoile. En effet le large voilier est déjà responsable dès ses premiers mois de service, de la collision et du naufrage d’un autre vaisseau dans la Manche.

De plus, après à peine deux années de traversées marchandes entre l’Angleterre, la France et les Antilles, celui-ci s’échoue au large de l’ile du cap Breton (en Amérique du nord). Cet accident contraint son équipage à déserter le vaisseau qui sera vendu en tant qu’épave en  1868. A partir de là, le vaisseau connaîtra moult rénovations et passera de main en main, en étant rebaptisé sous le nom de Mary Celeste. Bien évidement, ses mésaventures peu flatteuses na tardèrent pas à lui apporter la réputation de navire maudit.

Le capitaine Benjamin Briggs, son épouse et sa jeune fille de deux ans ayant tous les trois disparu en mer
Le capitaine Benjamin Briggs, son épouse et sa jeune fille de deux ans ayant tous les trois disparu en mer

Abandonnée dans la brume

L’incident qui ferra de la Mary Celeste une légende funeste n’aura cependant lieu qu’en novembre 1872 . Ce fut sous le commandement du capitaine Benjamin Briggs, accompagné de sa femme, sa fille et de sept membres d’équipage, que le voilier quitta le port de New York. Il parti à destination de Gênes, en Italie, après avoir chargé sa cargaison.

L’équipage et les passagers furent aperçus pour la dernière fois le 7 novembre. Tout semblait alors s’annoncer comme un voyage calme et sans encombres. Malheureusement, pendant presque un mois, le large voiler ne donna pas le moindre signe de vie. Il fut finalement retrouvé le 4 décembre  par un autre navire : le Dei Gratia.

La découverte de la Mary Celeste par l'équipage du Dei Gratia
La découverte de la Mary Celeste par l’équipage du Dei Gratia

L’équipage du second bateau découvrira la Mary Celeste toutes voiles dehors, dérivant sur les vagues et le brouillard en n’ayant personne aux commandes de son gouvernail. Intrigués, les hommes du Dei Grattia décidèrent de monter a bord du vaisseau en perdition. Ils furent alors stupéfaits de ne trouver aucune âme qui vive.

Aucune trace des 10 passagers… Tous semblaient avoir quitté le navire dans la précipitation à bord de l’unique chaloupe à disposition. Malgré des recherches poussées, on ne retrouva pas la moindre trace des disparus. Le navire fut donc ramené au port de Gibraltar.

Des hypothèses variées, mais aucune confirmation

Bien vite, une enquête est menée et chaque parcelle du navire est soigneusement analysée. Très vite, quelques points interloquent les autorités. Tout d’abord plusieurs entailles de hache et de sabre sont visibles sur la coque. Une quantité d’eau assez importante dans la cale du bateau est à noter, sans que cela ne représente un danger potentiel pour le navire au vu de sa taille. De plus, les disparus ne semblent avoir rien emportés avec eux à l’exception des instruments de mesure et de navigation. Enfin, des taches sombres suspectes sont visibles sur le pont. Celles-ci furent identifiées tour à tour comme du sang puis de la rouille.

Initialement, l’hypothèse de la mutinerie est privilégiée. En effet, beaucoup s’accordent à penser que l’équipage aurait massacré le capitaine et sa famille avant de s’enfuir avec la chaloupe. Néanmoins, le manque de traces du lutte contredit assez vite ce scénario .

Un abordage pirate fut également envisagé. Hypothèse vite rejetée par le fait que la Marie Celeste était plus rapide et plus équipée que tout type de navire pirate en activité dans les environs à l’époque.

La presse du XIXe siècle ne manquera pas d’exposer des spéculations farfelues. Notamment une impliquant la présence d'une créature marine
La presse du XIXe siècle ne manquera pas d’exposer des spéculations farfelues. Notamment une impliquant la présence d’une créature marine

Certains journaux de l’époque eux choisirent de mettre en avant des théories plus extravagantes. Comme celle de l’attaque d’un éventuel monstre marin ou calamar géant, qui aurait dévoré les passagers avant de disparaître dans les flots. Plus récemment, certains blogs décidèrent de justifier ces éventements par l’influence de visiteurs extraterrestres. Ou même par les pouvoirs de la cité engloutie de l’Atlantide.

Enfin certains météorologues envisagèrent comme théorie que l’équipage et les passagers auraient pu faire face à une trombe marine. Il s’agit d’une tornade se formant à la surface de l’eau. Un tremblement de mer fut également envisagé, ce qui les aurait poussés à quitter le navire dans la panique avant de finalement être aspirés dans les flots déchaînés. Cette dernière théorie digne d’un film catastrophe, n’a cependant jamais pu convaincre les spécialistes au vu de la rareté des phénomènes décrits et de l’absence de dégâts lourds sur le bateau.

Dessin d'époque représentant le phénomène connu sous le nom de trombe et s'apparentant a une tornade marine
Dessin d’époque représentant le phénomène connu sous le nom de trombe et s’apparentant a une tornade marine

Aujourd’hui, la seule certitude que tout ceux ayant étudié cet étrange cas semblent partager, c’est que les passagers et l’équipage ont vraisemblablement quitté pour une raison inconnue un navire en bon état et chargé de provisions. Avant de voguer sur une mer agitée et glaciale à bord d’une chaloupe que l’on a plus jamais vu. Savaient-ils alors qu’ils laissaient derrière eux un mystère toujours irrésolu à ce jour ? 

 

A lire également : Le 15 août 1977, la Terre recevait un message étrange du ciel… Le « Signal Wow » !

 

Sources : 

The following two tabs change content below.

Axel Juin

Etudiant en communication, passionné de journalisme, ouvert à diverses variétés de cultures et sujets. Intéressé par l'histoire, le cinéma, le folklore moderne et plus ancien ainsi que les sciences en tout genres.
Précédent

Etats-Unis : comment le pays s’est historiquement construit avec les armes ?

Il y a 51 ans avait lieu l’emblématique Festival de Woodstock

Suivant

16 réflexions au sujet de “Les disparus de la Mary Celeste, un mystère vieux de presque 150 ans.”

Laisser un commentaire