Le film animé est à l’origine même du cinéma. L’animation dans sa forme initiale remonte très tôt dans l’histoire. Elle puise son origine dans des techniques de narration graphique qui remonte au paléolithique. On retrouve trace de ces intentions de représentations du mouvement plus tard avec le théâtre d’ombre apparu en Asie entre le IXe et le Xe siècle. Suite à la création du cinématographe, les techniques du cinéma d’animation ne cesseront d’évoluer au cours des décennies suivantes.
Les origines du cinéma d’animation
L’animation précède l’invention du cinéma. Dès la préhistoire, les artistes paléolithiques, fascinés par le mouvement en ce qu’il est lié à la vie, mirent au point des processus de décomposition du mouvement. Le premier par superposition d’images successives, le second par juxtaposition d’images successives. L’homme de la préhistoire serait aussi le créateur de proto-objets animés, tel le thaumatrope, un jouet optique qui correspondrait à la version préhistorique de la caméra.
Dans le théâtre d’ombre, apparu sans doute en Asie au haut Moyen Âge, au IXe ou au Xe siècle, le mouvement n’est pas illusoire et existe pour de bon. Les techniques consistaient à plaquer des figurines contre un écran éclairé par une lampe à huile afin de pouvoir raconter une histoire. Il s’agissait pour les marionnettistes d’impulser des mouvements à leurs marionnettes en utilisant des tiges ou des fils. Ce mode de narration s’est ensuite très vite propagé dans le sud-est asiatique.
Enfin, quelques décennies avant l’apparition du cinéma, les techniques pour créer de l’image animée se multiplient. On trouve par exemple des dispositifs optiques comme le phénakistiscope créé en 1832, le zootrope en 1834 ou encore le praxinoscope d’Émile Reynaud en 1877. Mais c’est en 1892, lorsque Reynaud crée son Théâtre optique qui projette des images peintes à la main sur bande et donne vie à des petites histoires animées, qu’on assiste à la première étape de l’apparition du cinéma d’animation moderne.

Apparition du cinéma
Mais c’est avec l’apparition du cinéma moderne des frères Lumière en 1895 que le cinéma d’animation va réellement prendre son essor. Ainsi, en parallèle du cinéma, les premiers films d’animation voient le jour. Les pionniers du cinéma d’animation sont James Stuart Blackton, l’inventeur du premier film à dessins animés sur un support argentique et Émile Cohl qui réalise Fantasmagorie en 1908, considéré comme le premier vrai dessin animé.
Par la suite, Georges Méliès aura une influence fondamentale sur l’essor du cinéma d’animation. Méliès cherche à perfectionner la caméra afin de pouvoir créer de l’animation dans le but de se substituer à la magie. Il créera en 1897 à Montreuil les tout premiers studios d’animation. Les expérimentations du cinéma d’animation se développent et se multiplient avec par exemple l’utilisation de marionnettes ou encore le stop motion, qui consiste à filmer un objet et à le bouger image par image pour créer l’illusion de mouvement. A noter que les premiers expérimentateurs de l’animation seront les dessinateurs de presse dans le but de faire des scènettes animées.
Les techniques se perfectionnent au fur et à mesure. Dans le film Little Nemo sorti en 1911, Winsor McCay met au point la technique de la boucle, un cycle de huit à seize étapes clefs sur deux pas et qu’on répète, qui permet de faciliter le travail de l’animateur. Progressivement, le cinéma d’animation s’industrialise.

De l’âge d’or à nos jours
La période entre 1920 et 1940 voit les studios s’organiser avec en même temps une multitude d’expérimentations de la part d’artistes constituant ainsi un véritable âge d’or pour le cinéma d’animation.
Le succès du premier dessin animé de Walt Disney, Steamboat Willie en 1928, va permettre à ce dernier de produire des longs-métrages. Blanche-Neige et les Sept Nains, réalisé 1937 devient le premier long métrage d’animation sonore et en couleur. Disney monte les premiers grands studios d’animation, met en place la division du travail et standardise la production.
En contre-pied au monde merveilleux évoqué chez Disney, Tex Avery développe des histoires très subversives à l’humour slapstick et aux personnages exagérés. Le style de Tex Avery continue de faire des émules de nos jours avec par exemple la série South Park.
Après-guerre, l’industrie continue de se moderniser, de se diversifier et s’internationalise. Les studios d’Europe de l’Est explorent des styles plus artistiques et expérimentaux avec la technique du papier découpé, très populaire car très économique. L’exemple le plus célèbre de cette technique est La planète sauvage, sorti en 1973. C’est aussi dans les années 1970 que le cinéma d’animation japonais développe son propre style et connaît un succès planétaire, confirmé les deux décennies suivantes avec le succès des films des studios Ghibli de Miyazaki Takahata réalisateur de Nausicaä en 1984 et Mon voisin Totoro en 1988, ou encore la révolution animée que fut Akira en 1988.
A partir des années 1990, se développent les techniques numériques. Toy Story en 1995 réalisé par le studio Pixar est le premier long-métrage entièrement en images de synthèse. Et depuis peu, les outils de l’intelligence artificielle continuent de permettre au cinéma d’animation de trouver des voies d’expression nouvelles.
Avec des techniques et des outils comme le timelapse, le stop motion, la rotoscopie, l’animation offre un espace créatif incomparable pour les artistes de l’audiovisuel. Ainsi, l’histoire du cinéma d’animation est celle d’un rapport constant entre évolution technologique et créativité artistique, oscillant entre divertissement populaire et art expérimental.
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Sources :

!["La Lumière ne meurt jamais" : un ensemble (trop) maitrisé ? [Critique]](https://cultea.fr/wp-content/uploads/2026/02/01_ALTNGO_byTeroAhonen-scaled-e1770294574647.jpg)
