Avec La Lumière ne meurt jamais, la.e cinéaste et musicien.ne expérimental.e Lauri-Matti Parppei plonge sa caméra dans la psyché d’une jeunesse milléniale aussi créative que désabusée. Une mise en scène « classique » au service de la mise en valeur du « caractère expérimental de la musique » (pour reprendre les mots du/de la.e réalisateur.ice), qui malgré son propos fort reste prisonnière de l’académisme de son objet cinématographique.
La Lumière ne meurt jamais : un ensemble globalement touchant, mais manquant d’intensité :
Si la carrière de Lauri-Matti Parppei devait se résumer à un seul mot, nous pourrions aisément choisir celui-ci : hétéroclite. Avec ce premier long métrage aux allures autobiographiques, la.e cinéaste déjà auréolé.e en 2022 du succès critique de sa série A Strange Summer, sort sa caméra pour mélanger les deux arts qui ont nourri l’écriture de La Lumière ne meurt jamais : le cinéma (notamment de Lars Van Trier) et la musique alternative underground de la scène musicale finlandaise. Une rencontre entre ces deux arts au service de deux messages : ceux de la liberté et de la tolérance incarnés par le héros du film : Pauli (Samuel Kujala).
Synopsis : « Pauli, flûtiste classique, retourne dans sa petite ville natale pour se remettre d’une dépression. Retrouvant une ancienne camarade de classe, il se laisse séduire par la musique expérimentale. Pauli, qui a toujours recherché la perfection, est séduit par son énergie chaotique et trouve du réconfort dans leurs expérimentations sonores. »
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Une dualité s’incarnant dans la plasticité même du film. Celle d’un certain antagonisme entre la rencontre d’une mise en scène soignée se frottant avec le classicisme et une partition musicale expérimentale (œuvre de Lauri-Matti Parppei) cherchant à traduire au plus près possible ce besoin viscéral des protagonistes de trouver leur place tout en se distinguant du reste du monde. Une proposition artistique forte sur le papier, qui n’arrive pas à malheureusement pas tout à fait convaincre à l’écran.
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La modernité transpire dans l’écriture de La Lumière ne meurt jamais. Un fait incarné par le développement de la relation entre Pauli et Iiris qui évite habilement le terrible cliché de la Manic Pixie Dream Girl (jeune femme excentrique déboulant dans la vie d’un héros morose pour lui redonner de l’amour et le sourire) et de l’hétéronormativité presque inhérente au genre de la comédie romantique.
Un potentiel narratif néanmoins occulté par l’extrême académisme de la mise en scène. Un choix assumé comme critiqué par la.e cinéaste même. La Lumière ne meurt jamais, ne parvient donc par conséquent jamais à toucher son plein potentiel émotif.
Le film, en restant calqué sur une narration méthodiquement basée sur un carcan résolument classique (situation initiale, élément déclencheur, élévation, chute et résolution) et des métaphores plus ou moins revues (la séquence du cri face à la nature tout droit sortie de Garden State) devient finalement prisonnier d’une telle maitrise. Tout est parfait au point de manquer de ces petites imperfections qui font l’émotion. Une critique facilement attribuable à une première réalisation.
La Lumière ne meurt jamais, malgré son apparent académisme, dessine les contours d’un.e cinéaste à absolument suivre. La Lumière ne meurt jamais, un film de Lauri-Matti Parppei avec Samuel Kujala et Anna Rosaliina Kauno à découvrir en salles à partir du 4 février 2026.
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