Léo Major : la légende canadienne de la Seconde Guerre mondiale

Léo Major : la légende vivante canadienne de la Seconde Guerre mondiale

Souvent qualifié de « Rambo canadien », l’histoire du soldat Léo Major reste pourtant méconnue. Ce dernier a participé à plusieurs guerres, dont la Seconde Guerre mondiale. Lors de cette dernière, il réalisera l’exploit de libérer une ville occupée par les Allemands à lui tout seul. Un exploit qui a reposé sur une supercherie créée par lui-même, dans laquelle il s’est fait passer pour tout un régiment.

Ah ! On en a vu des supercheries militaires pendant les guerres. Mais celle-là vaut tout de même le détour. Léo Major, un caporal de l’armée canadienne du régiment de la Chaudière, a tout de même libéré une ville du jour au lendemain, et tout ça avec un œil borgne et de multiples blessures. Heureusement pour les habitants de Zwolle, une ville située aux Pays-Bas, ce ne sont pas quelques côtes cassées et un dos en miettes qui arrêteront la légende canadienne des champs de bataille.

Une mission de repérage qui tourne mal

Le 12 avril 1945, le régiment de la Chaudière se positionne dans les alentours de la ville de Zwolle. Il s’agit d’une ville de 50 000 habitants gangrenée par une forte présence allemande. En prévision d’un futur assaut contre la ville, le commandant du régiment appelle deux volontaires à effectuer une mission de reconnaissance. En effet, cette dernière doit permettre le repérage des positions ennemies dans la ville. Elle doit également permettre à l’armée canadienne d’entrer en contact avec la résistance sur place. Ainsi, Léo Major et son ami Welly Arsenault se portent volontaires pour exécuter cette mission.

Welly Arsenault (à gauche), et Léo Major (à droite), meilleurs amis et frères d'armes lors de la Seconde Guerre mondiale - Cultea
Welly Arsenault (à gauche), et Léo Major (à droite), meilleurs amis et frères d’armes lors de la Seconde Guerre mondiale. (Photo : Anciens Combattants Canada)

Le 13 avril 1945, les deux hommes partent en mission, vers 21h30. Aux alentours de minuit, Arsenault est tué après avoir révélé malencontreusement sa position aux soldats allemands. Ce dernier avait fait tomber un objet qui a immédiatement alerté les hommes d’Hitler. Les deux soldats canadiens furent alors pris dans un échange de tirs, lequel aura coûté la vie au caporal Arsenault. Enragé par la perte de son frère d’armes, Léo Major parvient à se ressaisir et décide de ne pas se replier et de finir seul cette mission. Il tue alors deux soldats allemands et parvient à faire fuir les troupes qui ont abattu son ami. La nuit ne fait que commencer.

Léo Major, un régiment à lui tout seul

Une nuit sous l’ordre du chaos

Le caporal parvient à s’infiltrer au cœur de la ville, désireux de vengeance pour son frère d’armes. Ce dernier est surpris par le peu de présence allemande dans les rues, qui semble indiquer que ces derniers ont baissé leur garde. Armé d’au moins deux pistolets mitrailleurs de type Sten et d’un sac rempli de grenades, Léo Major arpente les rues de Zwolle, encore calmes – mais plus pour longtemps. De fait, le soldat canadien se met à semer le chaos en ville.

Il mitraille les rues et lance des grenades à tout-va. Il repère rapidement ce qui ressemble à un quartier général SS et y pénètre. À l’intérieur, il tombe nez à nez avec les soldats d’Hitler et une fusillade s’ensuit. Il parvient à tuer quatre officiers SS, avant que quatre autres ne prennent la fuite. Léo Major met alors le feu au quartier général de la Gestapo, avant de retourner dans les rues, en quête de vengeance. Le soldat canadien sème la terreur sur son passage.

Alors qu’il arrive vers l’une des sorties de la ville, le caporal tombe sur une voiture allemande de reconnaissance. Il prend son conducteur en otage et le force à parcourir la ville. La voiture arbore alors un drapeau blanc en signe de reddition. Léo Major utilise également cette voiture pendant plusieurs heures afin de se déplacer à travers la ville tout en mitraillant et en bombardant les rues. Les tirs résonnent aux quatre coins de la ville ; il balance ses grenades dans les maisons vides pour feinter une attaque de grande envergure. Les habitants sont terrorisés par ce qu’ils entendent et se terrent dans leurs sous-sols.

La libération de la ville par Léo Major

Son plan est de faire croire que la ville est prise d’assaut par tout un régiment ! Et cela a fonctionné. Plus tard dans la nuit, Léo Major tombe sur des membres de la résistance qui l’informent que les soldats allemands ont déserté la ville, en panique. Le bluff du soldat canadien a fonctionné : Zwolle est libérée de la présence SS. De fait, 1945 s’approche de la fin de la guerre et les soldats allemands ont préféré fuir plutôt que se tenir à un avenir voué à l’échec. On annonce la libération de la ville à la radio locale. Mais pour Léo Major, sa mission n’est terminée que lorsqu’il a ramené son compagnon d’armes auprès de l’armée canadienne.

Médaille remise à Léo Major alors qu'il était reçu citoyen honorable par la ville de Zwolle le 14 avril 2005 - Cultea
Médaille remise à Léo Major alors qu’il était reçu citoyen honorable par la ville de Zwolle le 14 avril 2005. (Wikimedia Commons)

C’est donc de cette manière que le caporal canadien aura libéré une ville à lui tout seul, en l’espace d’une nuit. Ainsi, grâce à ce fait d’armes emblématique, Léo Major recevra sa première décoration : la Distinguished Conduct Medal. Son ami défunt, Welly Arsenault, recevra quant à lui, à titre posthume, le Lion de bronze en 1970.

 

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