« La Terreur » ou la dictature de la bourgeoisie

"La Terreur" ou la dictature de la bourgeoisie - Cultea

En 1789, la monarchie française tombe. Si, ensuite, la France connaîtra l’Empire et la Restauration, une période à laquelle la bourgeoisie est au pouvoir succède de peu la Révolution : la Terreur.

1793, début de la Terreur

Contrairement à l’imaginaire collectif, ce n’est pas en 1789 que le système politique français s’est pérennisé en une démocratie libérale fonctionnelle. Les révolutionnaires tentent tant bien que mal de rédiger une Constitution satisfaisante. Les Jacobins et les Girondins se font face, Robespierre et Danton se querellent, et l’exécution de Louis XVI n’a lieu qu’en janvier 1793. Ce tournant marque le début de l’exécution massive des nobles. Le 10 mars, les révolutionnaires créent leur propre tribunal. Celui-ci servira à juger les ennemis de la République. Il travaille au départ avec modération, mais une loi vient tout changer en septembre 1973.

La Convention (système politique et Parlement à cette période) permet ainsi l’arrestation de ceux qui, « n’ayant rien fait contre la Liberté, n’ont rien fait pour elle ». Seuls les révolutionnaires seraient légitimes d’être libres, condamnant les monarchistes, mais aussi les indifférents. Sous l’impulsion de Robespierre, cette loi va transformer les arrestations en exécutions sommaires, et parfois sans procès. En cette fin de 1793, on vit guillotiner Marie-Antoinette, les girondins, Bailly, Barnave, Philippe Égalité et Le Bon notamment.

L’avènement de la « Grande Terreur »

En 1794, Robespierre continue son œuvre. Si la guillotine tombe peu à peu en désuétude en province, elle reste très utilisée à Paris. La Convention vote la loi du 22 prairial an II (10 juin 1794), permettant de réduire la durée des plaidoiries et de faire taire les accusés. Abusant de la loi, les révolutionnaires font des procès rapides sans moyens pour la défense. Par ailleurs, les condamnés n’ont aucune voie de recours possible et ne peuvent donc pas faire appel des décisions.

La guillotine marche à tout-va, et selon l’expression de l’accusateur public Fouquet-Tinville, « les têtes tombent comme des ardoises ». À cette période, personne ne se sent en sécurité, pas même le tiers état ayant participé à la Révolution. Tous les ennemis des « Montagnards » (tenants de l’idéologie jacobine) sont exécutés. Les clercs non plus ne sont pas épargnés, la Révolution étant un mouvement anti-religieux.

Robespierre, le visage de la Terreur - Cultea
Robespierre, le visage de la Terreur | Crédit : Stöttrup, Andreas

Finalement, on dénombrera entre 100 000 et 300 000 détentions, pour 17 000 exécutions officielles. En ajoutant le nombre d’exécutions sommaires sans procès, les assassinats liés à la Terreur et la répression des différentes rébellions, ce nombre passe à 40 000.

En termes bruts, le tiers état est la tranche de la population la plus touchée avec 85 % des condamnations contre lui. Suivent ensuite la noblesse avec 8,5 % des condamnations et le Clergé (6,5 %). La population de ces deux ordres étant moins nombreuse, ils sont proportionnellement les plus touchés.

Mort de Robespierre et fin de la Terreur

Le 9 thermidor an II (27 juillet 1794), les ennemis de Robespierre l’arrêtent. Ils l’ont par avance mis hors-la-loi par un vote à main levée, l’accusant en partie de tyrannie. Maximilien de Robespierre le sait, cette mise hors-la-loi est en réalité son arrêt de mort, et il montera sur l’échafaud sans passer par le tribunal. Le lendemain, on le traîne place de la Révolution (actuelle place de la Concorde). Il meurt sous le couperet de la guillotine le 28 juillet 1794.

Napoléon Bonaparte reprendra le pouvoir seulement 5 ans plus tard, établissant le Premier Empire. Plus tard, la monarchie sera même restaurée par les Chartes. Un nouvel épisode de Terreur surviendra plus d’un siècle plus tard, à la suite de la Révolution d’Octobre en Russie lors de la prise de pouvoir des Rouges, offrant une postérité funeste à ce moment macabre de l’histoire française. 

 

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