La petite histoire des cafés parisiens

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Ah ! Qu’ils nous ont manqué ces cafés pendant les confinements à répétition ! Bien plus qu’un simple lieu où se désaltérer, ils sont une véritable institution française, et encore plus à Paris. Dans la capitale, s’installer en terrasse est une tradition. Face à la rue, aux passants pressés et aux décors urbains, on se croirait dans une carte postale. On n’imagine pas Paris sans ses cafés.

L’apparition du café en France

Avant d’être un lieu, le café est bel et bien une boisson. Aujourd’hui dans la routine matinale de nombreux Français, il n’a pas toujours été dans les habitudes de consommation. C’est en 1644 que les premiers grains de café arrivent en France. Apportés de Constantinople par un négociant, ils arrivent ensuite à la cour du roi Louis XIV en 1669 par un ambassadeur de l’empire Ottoman. La cour étant très influente, le café devient à la mode.

Sentant le bon filon, un Sicilien, Francesco Procopio dei Coltelli, nouvellement arrivé à Paris, décide de se mettre à son compte et lance son propre établissement. C’est l’ouverture du premier café parisien : le Café Procope, qui ouvre en 1686 rue des Fossés-Saint-Germain (actuelle rue de l’ancienne Comédie).

Le Café Procope est un lieu distingué. La décoration y est luxueuse avec de grands lustres de cristal. Les conversations sont raffinées et on y sert de la limonade et… du café !

Le café Procope aujourd'hui - Cultea
Le café Procope aujourd’hui

Le lieu du débat

Se retrouver au café, c’est aussi créer du lien social et échanger. Au Procope, le milieu littéraire se réunit régulièrement. On y croise La Fontaine, Racine ou Voltaire. Plus tard, il devient le lieu de rendez-vous des philosophes des Lumières, tels que Rousseau et Diderot.

Mais très vite, les débats politiques viennent se mêler aux discussions littéraires. Une lettre du chef de la Police, adressée au roi, dit ceci :

« Le Roy a été informé que, dans plusieurs endroits de Paris où l’on donne à boire du café, il se fait des assemblées de toutes sortes de gens et particulièrement d’étrangers. Sur quoy Sa Majesté m’ordonne de vous demander si vous ne croiriez pas qu’il fût à propos de les en empêcher à l’avenir. »

Un pressentiment qui sera confirmé quelques années plus tard. Alors que la Révolution gronde, les cafés deviennent les QG des révolutionnaires. Chacun ayant sa couleur politique : le Café de Chartres était celui des royalistes, alors que c’est au Café de Foy que Desmoulins appellera à la révolte le 12 juillet 1789. Balzac résume parfaitement l’état d’esprit de ces cafés dans la citation :

« Le comptoir d’un café est le parlement du peuple. »

Et les bistrots ?

À l’origine, le bistrot désigne un café sans prétention. Loin des cafés chics où se retrouvait le beau monde parisien, les bistrots sont des lieux populaires où l’on vient se restaurer à moindre coût. Ils étaient tenus par ce que l’on appelle des « bougnats », des Auvergnats ayant quitté leurs terres pour ouvrir leur commerce à Paris.

L’étymologie du mot « bistrot » est, quant à elle, très incertaine. Plusieurs hypothèses sont émises. « Bistrot » pourrait venir de « bistraud » qui, dans le dialecte poitevin désigne un marchand de vin, mais aussi de « bistouille » qui fait référence à un café dans lequel on a ajouté une eau de vie, une pratique typique du nord de la France.

Mais une autre anecdote serait à l’origine de ce mot. Cela remonterait à l’occupation russe du début du XVIIIe siècle. Les militaires russes, soucieux de passer du bon temps autour d’un verre d’alcool pendant leur service, auraient dit aux patrons des cafés « bistro ! bistro ! », ce qui signifie en russe « vite ! vite ! ». Le but était de presser les serveurs pour ne pas se faire prendre par leur hiérarchie.

Les cafés mythiques

Des cafés, il y en a plein. Mais certains ont une histoire qui donne au lieu des airs de rendez-vous historique.

La Closerie des Lilas ouvre en 1847. Il est l’un des établissements qui a vu défiler le plus grand nombre d’artistes reconnus. Parmi eux, on peut citer Zola, Mallarmé, Paul Cézanne ou encore les Frères Goncourt.

La Closerie des Lilas, 171 Boulevard du Montparnasse à Paris - Cultea
La Closerie des Lilas, 171 Boulevard du Montparnasse à Paris

Le Grand café des Capucines a lui aussi son histoire. Avec son décor Art nouveau et ses vitraux colorés, on raconte que c’est dans cette brasserie que les frères Lumière auraient projeté leur premier film en 1895.

Le Café de Flore, qui tient son nom de la déesse Flore, a connu un passif douloureux. Lieu emblématique des mouvements d’extrême droite à une époque, il devient à partir de 1920 le rendez-vous des artistes surréalistes. Parmi les habitués les plus connus, on retrouve Simone de Beauvoir, Guillaume Apollinaire, Boris Vian, mais aussi Jean-Paul Sartre.

Le café de Flore, 172 Boulevard Saint-Germain à Paris - Cultea
Le café de Flore, 172 Boulevard Saint-Germain à Paris

Café ou bistrot, on y prendrait bien une petite pause café !

 

Sources :

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