La calligraphie arabe est l’art de l’écriture stylisée de la langue arabe. A la fois discipline artistique et spirituelle, l’écriture est intimement liée au Coran et à la culture islamique. Elle consiste dans la pratique artistique à retranscrire l’écriture arabe manuscrite avec fluidité, afin d’exprimer grâce et harmonie. Elle fut inscrite en 2021 au patrimoine culturel immatériel de l’humanité.
Origine et caractéristiques de la calligraphie arabe
La calligraphie arabe s’est développée dès l’avènement de l’Islam, au VIIe siècle avec la diffusion des livres. La mise par écrit du Coran a joué un rôle central : en effet, les copies du texte sacré ne peuvent être réalisées que dans une écriture toujours soignée, contrairement à celle utilisée dans les documents administratifs. C’est donc avant tout dans les manuscrits coraniques qu’apparaît la « belle écriture » de la langue arabe. Plus tardivement, elle commence aussi à orner des ouvrages à caractère profane, des objets d’art et des monuments, devenant ainsi l’un des traits caractéristiques des arts de l’Islam.
Il existe plusieurs styles calligraphiques arabes, chacun ayant ses propres caractéristiques distinctes et esthétiques, ses propres règles de construction, offrant à chacun une esthétique unique. Parmi les styles les plus connus, on trouve le Naskh, style fluide et lisible, c’est le style standard de l’imprimé, le Thuluth, avec ses grandes courbes il est monumental et a une vocation ornementale, le Diwani, élégant et courbé, très décoratif, développé sous les Ottomans, le Kufi, anguleux et géométrique, qui fut utilisé dans les premières copies du Coran et le Maghribi qui est spécifique à l’Afrique du Nord et à l’Andalousie, avec des formes arrondies.
Plus généralement, on rassemble les calligraphies arabes en deux groupes : les écritures coufiques et les écritures cursives. A noter également que les Persans et les Ottomans, qui ont adopté l’alphabet arabe pour noter leur propre langue donneront une impulsion nouvelle à ces différents styles. Il existe aussi dans l’Inde des sultanats, une calligraphie exclusivement coranique qui fut créée aux XIVe – XVe siècles : le bihari.

Quant l’écriture devient un art
La calligraphie arabe s’est développée dès les débuts de l’islam mais avec l’interdiction des représentations figuratives les artistes furent poussés à sublimer l’écriture. Ainsi, au-delà du texte, la calligraphie présente des propriétés décoratives. On peut admirer ces propriétés sur les lieux de culte comme les mosquées, sur les céramiques, les tapis, les manuscrits ou même les pièces de monnaie. La fluidité de l’écriture arabe offre des possibilités infinies, même sur un seul mot, puisque les lettres peuvent être allongées et transformées de nombreuses façons afin de créer différents motifs. Ces attributs font incontestablement de l’écriture arabe un art à part entière.
La calligraphie arabe présente plusieurs particularités artistiques : l’importance des proportions avec chaque lettre qui obéit à un système basé sur le point et le cercle, l’usage de la symétrie, de la répétition et de l’entrelacement des lettres pour créer des compositions presque abstraites ou encore l’usage de supports variés tels que le papier, la pierre, le bois, le métal ou bien le textile.
La calligraphie arabe est largement répandue dans les pays arabes et non-arabes. Les compétences sont transmises de façon informelle ou via des écoles officielles ou des apprentissages. Avec ses règles et ses styles, la calligraphie arabe fait néanmoins l’objet d’un enseignement très strict et rigoureux. Le calame, le roseau taillé en biseau sert d’instrument au calligraphe et permet d’obtenir une uniformité du trait.
Parmi les artistes calligraphes contemporains les plus influents on peut citer Yazan Halwani, adepte du street art, Reza Abedini, graphiste et enseignant ou encore Lassaâd Metoui, artiste spécialiste de la calligraphie. Aujourd’hui encore l’ensemble des artistes de la calligraphie arabe continue de faire évoluer cet art.
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Sources :

![« Coutures » : une surabondance de tissus [critique]](https://cultea.fr/wp-content/uploads/2026/02/coutures.png)
