Cela faisait déjà 4 ans que notre génial Steven Spielberg avait déserté les écrans de cinéma. Quatre ans après The Fabelmans, son film presque testamentaire, le roi du cinéma de divertissement américain est de retour avec une œuvre qui transpire ses obsessions : Disclosure Day. Emmené par Emily Blunt, Josh O’Connor, Colin Firth, Colman Domingo et Wyatt Russell, Disclosure Day renoue avec sa fascination pour les aliens, pour la science-fiction et pour une potentielle vie extraterrestre.
Synopsis : Si tu découvrais que nous ne sommes pas seuls ? Si on te le montrait, te le prouvait, ça te ferait peur ? Les gens ont droit à la vérité. Elle appartient à sept milliards de personnes. Chaque seconde nous rapproche de l’inévitable… Disclosure Day.
Disclosure Day : son Premier Contact à lui
Steven Spielberg et la science-fiction, c’est une longue histoire d’amour. Dès 1977, il se plonge dans cet univers qu’il affectionne tant avec son immense Rencontre du troisième type. Depuis, le maestro a mis en scène de nombreux classiques de science-fiction du septième art, entre Always (1989), A.I. Intelligence Artificielle (2001), Minority Report (2002), La Guerre des Mondes (2005) ou bien évidemment son iconique E.T. (1982).

La science-fiction est une thématique qui a toujours obsédé notre ami Steven. Avec Disclosure Day, il offre presque une suite officieuse de Rencontre du troisième type en confrontant l’humanité à des êtres venus d’ailleurs, à des secrets que les puissants de notre monde veulent garder cachés, à une réalité qui remet en cause tout notre savoir, nos croyances et donc évidemment nos religions. Disclosure Day est un condensé de ce qui fascine Spielberg.
La communication, le partage, l’héritage et l’enseignement sont encore une fois au centre de son récit. D’où notre comparatif avec le chef-d’œuvre de Denis Villeneuve. Dans Disclosure Day comme dans Premier Contact, l’objectif est la compréhension, la communication entre deux espèces qui ne se connaissent pas encore. Ou comment parvenir à un chemin commun, à une entente cordiale et mondiale ? Entre une société violente, une humanité qui manque d’empathie et une espèce extraterrestre venue en paix ? Un scénario qui était, là aussi, au centre de Rencontre du troisième type.
De la science-fiction politique et sociale
Mais plus que ça, Disclosure Day c’est aussi la collision entre Rencontre du troisième type et son récent Pentagon Papers. Comme dans le thriller politique emmené par Tom Hanks et Meryl Streep, les secrets, les complots, la dissimulation d’informations, sont au centre de l’histoire de Disclosure Day. Presque complotiste, Spielberg remet le vieux fantasme de la Zone 51 sur le devant de la scène.

On est presque convaincus que papy Spielberg pense réellement que le gouvernement américain dissimule des petits êtres verts quelque part dans le désert du Nevada. Le complotisme, et donc la méfiance du peuple américain envers ses élites, est au cœur de cette aventure qui cherche à jouer sur deux tableaux : la science-fiction et le réalisme. Disclosure Day est peut-être l’œuvre de science-fiction de Spielberg la plus ancrée dans le réel, dans un pragmatisme politique et social souvent enivrant.
D’une certaine façon, Spielberg braque une nouvelle fois ses caméras sur le ciel, mais simplement pour mieux comprendre l’humanité. L’humanité avec un grand H, mais aussi la sienne, la nôtre, dans notre plus belle recherche d’empathie et de communication avec autrui. Un message évidemment important dans une époque dictée par une cacophonie ambiante. Disclosure Day, bien plus qu’une œuvre de SF, est évidemment un récit humaniste, propre à la filmographie et à la sensibilité de son auteur.

Disclosure Day est aussi un blockbuster calme, posé, silencieux, qui aime prendre son temps. Il prend à contre-courant les standards actuels de blockbusters américains bruyants et boostés par la génération TikTok et son temps de concentration proche de celui de Dory. Un blockbuster si peu spectaculaire, qui rappelle que le bon cinéma de divertissement n’a pas forcément besoin d’être tape-à-l’œil ou ostentatoire. Disclosure Day invoque le talent de Spielberg pour la mise en scène carrée, toujours impressionnante même dans le calme et la sérénité, sans excès, mais toujours avec des mouvements de caméra malins et pertinents, même jusque dans de simples dialogues.
Néanmoins, Disclosure Day souffre parfois de quelques longueurs et n’est clairement pas le Spielberg le plus évident. C’est un objet parfois étrange, qui ne décolle, malheureusement, jamais totalement. Parfois frustrant, on se surprend même à s’étonner devant quelques facilités scénaristiques du maestro, ou à quelques flottements situationnels. Difficile de croire à l’évasion de la ferme des personnages incarnés par Josh O’Connor et Eve Hewson, tant Spielberg semble n’en avoir rien à faire de sa gestion de l’espace et de sa crédibilité.
Quoi qu’il en soit, malgré 37 longs métrages au compteur, Spielberg parvient encore et toujours à nous surprendre, à nous séduire, à nous divertir et à nous convaincre. Disclosure Day est presque une conversation entre le Spielberg d’aujourd’hui et celui d’hier, entre l’humanité et l’extraterrestre, entre l’auteur et son spectateur. Une aventure humaine et mystique qui se place comme un solide Spielberg, à défaut de s’inscrire parmi ses meilleurs films.
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!["Disclosure Day" : une collision entre "Rencontre du troisième type" et "Pentagon Papers" [critique]](https://cultea.fr/wp-content/uploads/2026/06/Disclosure-Day.png)

