La guerre la plus courte de l’histoire : le bombardement de Zanzibar

La guerre la plus courte de l'histoire : le bombardement de Zanzibar

La guerre la plus courte de l’histoire n’a duré que 38 minutes. Celle-ci a eu lieu en 1896 et a opposé le Royaume-Uni au Zanzibar, un archipel dans l’océan Indien. Chez Cultea, on a décidé aujourd’hui de revenir sur cet événement court, mais tragiquement funeste. 

Contexte du bombardement de Zanzibar

Depuis 1880, Zanzibar, archipel de l’océan Indien situé en face des côtes tanzaniennes, est un protectorat britannique. Le 25 août 1896, le sultan pro-britannique Hamad ibn Thuwaïni meurt. Khalid ibn Bargach, son cousin germain et beau-frère, s’empare alors du trône. Néanmoins, ce dernier est hostile à l’influence britannique et n’avait pas été autorisé par le consul britannique à prendre le pouvoir. Alors, le Royaume-Uni lui délivre un ultimatum : quitter le pays et replier ses forces, ou risquer des représailles. En réponse, le nouveau sultan se barricade dans son palais et demande à ce qu’on érige des défenses autour de la ville et face à la mer. De plus, il mobilise ses forces, c’est-à-dire environ 2 800 hommes. Parmi eux, des soldats, mais aussi des gardes du palais, des centaines de serviteurs et d’esclaves.

Vue aérienne de Zanzibar, ancienne carte postale.
Vue aérienne de Zanzibar, ancienne carte postale.

Le bombardement du 27 août 1896 à Zanzibar

L’ultimatum posé par le Royaume-Uni expirait le 27 août 1896, à 9h EAT (Heure d’Afrique orientale). Ce jour-là, déjà 150 fusiliers marins, trois croiseurs ainsi que deux canonnières britanniques attendent dans le port de Zanzibar. La Royal Navy est également sur place, commandée par le contre-amiral Harry Rawson. 900 Zanzibarites (du côté des Anglais) sont aussi rassemblés, menés par le brigadier-général Lloyd Mathews. Ce dernier ordonne précisément à 9h aux navires britanniques de commencer le bombardement. Alors, à 9h02, les HMS RacoonThrush et Sparrow ouvrent simultanément le feu sur le palais où se réfugie Khalid ibn Bargach.

La canonnière HMS "Sparrow" vers 1900 - Cultea
La canonnière HMS « Sparrow » vers 1900.

Pendant ce temps, le navire Glasgow (du côté du sultan) ouvre le feu sur le HMS St George. Les Britanniques réussissent néanmoins très rapidement à le couler, et il en est de même avec les autres navires zanzibarites.

Le palais ainsi que le harem sont alors incendiés, et à peine 40 minutes plus tard, les ennemis des Britanniques sont réduits au silence. Un obus a arraché le drapeau du palais, et les tirs cessent à 9h40. La guerre n’aura duré que 38 minutes.

Conséquences

Pendant l’affrontement, le sultan Khalid, le capitaine Saleh et une quarantaine de partisans parviennent à s’échapper du palais. Ils se réfugient dans le consulat allemand, à l’intérieur duquel des soldats et marins allemands les gardent. Les Britanniques demandent l’extradition de ces Zanzibarites, mais l’Allemagne refuse. En effet, les accords d’extradition de cette dernière avec le Royaume-Uni excluent les prisonniers politiques. En octobre 1896, Khalid est amené à Dar es Salaam, en Afrique orientale allemande. 20 ans plus tard, des troupes britanniques le capturent, lors de la campagne d’Afrique de l’Est de la Première Guerre mondiale.

L’histoire est toutefois moins clémente avec ceux restés sur l’archipel. La destruction du palais entraîne en effet la mort de plus de 500 Zanzibarites. L’armée soulevée par Khalid est décimée, et le palais est en ruine. Du côté des Britanniques, on ne compte qu’un blessé grave à bord du HMS Thrush, qui finira par survivre. Après coup, la grande majorité des habitants de l’archipel se range du côté des Britanniques. Cela n’empêche malheureusement pas ces derniers de piller le quartier indien et de tuer 20 personnes supplémentaires.

Le palais et d'autres bâtiments détruits à Zanzibar - Cultea
Le palais et d’autres bâtiments détruits à Zanzibar après le bombardement britannique du 27 août 1896.

L’histoire présente Khalid comme un usurpateur, mais on est en droit de se demander si ce dernier n’était pas plutôt une sorte de libérateur. En d’autres termes, un résistant face à la suprématie britannique. Quoi qu’il en soit, cette guerre fut donc la plus courte de l’histoire, ne durant que 38 minutes. Plus précisément, c’est le seul conflit armé qui dura moins de 40 minutes. Cette guerre rapide prit tristement fin avec la mort de plus de 500 personnes. Paradoxalement, la guerre la plus longue de l’histoire ne fit, elle, aucune victime…

 

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