8 mai 1429 : quand Jeanne d’Arc mit fin au siège d’Orléans

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Le siège d’Orléans, qui eut lieu du 12 octobre 1428 au 8 mai 1429, est un épisode majeur de la guerre de Cent Ans, qui opposa le royaume de France à celui d’Angleterre. Le siège prit place vers la fin du conflit et fut la première grande victoire de la France depuis 1415. Chez Cultea, on vous propose aujourd’hui un tour d’horizon de l’événement qui a renversé le cours de cette guerre. 

Contexte historique

En 1428, les Anglais, épaulés de leurs alliés bourguignons, détiennent déjà la moitié nord du royaume de France. Le sud du royaume est, quant à lui, resté fidèle au roi Charles VII. Et au milieu des deux : la Loire. Afin d’attaquer le dauphin français, les Anglais ont donc besoin de traverser le fleuve. Pour ce faire, il leur faut prendre un des ponts d’une des villes à proximité, à savoir celui d’Angers ou d’Orléans. Leur choix va alors se porter sur cette dernière, ville fortifiée comptant 20 000 habitants.

De fait, 6 000 soldats anglais débarquent à Calais sous la direction du comte de Salisbury, Thomas Montaigu. À cela s’ajoutent 4 000 autres hommes de Normandie, fournis par le duc de Bedford. En juillet, de nombreux bourgs français sont pris par les Anglais, tels que Angerville ou Toury. Ils se dirigent ensuite vers le sud et capturent Chartes fin août, ainsi que d’autres villes. Le 8 septembre, s’approchant déjà de la vallée de la Loire, ils prennent Meung-sur-Loire. Dans les semaines suivantes, ils s’attaquent à Jargeau.

Le siège d’Orléans

Le 12 octobre, les Orléanais défendent leur ville en détruisant une arche du pont des Tourelles. Malgré tout, les Anglais parviennent à chasser les Français le 23 octobre, lors de la prise du « boulevard » et du fort des Tourelles. Par conséquent, les Français se retirent dans la ville. Gravement blessé par un boulet de canon tiré par les Orléanais depuis la tour Notre-Dame, Salisbury est remplacé par le comte de Suffolk, William de la Pole. Pendant l’hiver, 1 500 Bourguignons arrivent en renfort des troupes anglaises.

Les Vigiles de Charles VII, Enluminure du manuscrit de Martial d'Auvergne, vers 1484 - Cultea
Les Vigiles de Charles VII, Enluminure du manuscrit de Martial d’Auvergne, vers 1484.

Du 8 novembre au 29 décembre, les Français démolissent l’entièreté des faubourgs et édifices non protégés par l’enceinte. Leur objectif : éviter qu’ils ne servent d’abris aux Anglais. De leur côté, ces derniers construisent 9 bastilles (forts) autour de la ville. Au nord, donc entre la Loire et la route de Paris, les fortifications sont denses : 7 bastilles sont édifiées. C’est une autre histoire pour la partie est. En effet, seules 2 bastilles sont construites, à plusieurs kilomètres de la ville, à Saint-Loup et Saint-Jean-le-Blanc. La raison d’une telle insuffisance est très probablement le manque d’effectifs des troupes anglaises.

La situation devient compliquée dans la ville à partir de février 1429, les approvisionnements étant trop faibles. De plus, les Bourguignons se retirent du siège à cause d’une mésentente avec les Anglais en relation avec le sort de la ville. Les lignes anglaises sont donc encore plus affaiblies, alors que la garnison d’Orléans compte davantage d’hommes.

La journée des harengs

Le 12 février 1429, un convoi de chariots de harengs destiné à ravitailler les assiégeants est attaqué par des troupes franco-écossaises. Jean de Dunois, comte de Longueville surnommé le « Bâtard d’Orléans », dirige ces dernières. Malheureusement, les Français subissent une défaite cuisante, malgré leurs nombres supérieurs. Face aux forces commandées par Sir Falstoff, les Français se replient. Cette offensive sera surnommée plus tard « journée des harengs ». Dès lors, les Français n’ont plus aucun espoir, ni aucune initiative, et on pense que la capitulation est imminente.

Les Vigiles de Charles VII, Enluminure du manuscrit de Martial d'Auvergne, vers 1484 - Cultea
Les Vigiles de Charles VII, Enluminure du manuscrit de Martial d’Auvergne, vers 1484.

L’arrivée de Jeanne d’Arc

Pendant ce temps, Jeanne d’Arc s’en va à la rencontre du roi afin de le convaincre de la laisser diriger les forces de secours à Orléans. Charles VII envoie alors la jeune fille à Poitiers pour qu’elle soit examinée par des clercs. Après l’approbation de ces derniers, le dauphin accepte les services de la jeune femme.

Tout d’abord, Jeanne d’Arc doit se rendre à Blois, pour rejoindre un convoi de ravitaillement. Le 27 ou 28 avril, ce dernier quitte la ville en direction d’Orléans. Elle rentre dans la ville le 29 avril et défile avec Jean de Dunois.

La fin du siège d’Orléans

Pendant plusieurs jours, Jeanne tente de galvaniser la population en défilant dans la ville et en distribuant des ravitaillements. Elle envoie aussi des messages aux commandants anglais, leur exigeant de quitter la ville. Le 1er mai, Dunois part d’Orléans afin de rassembler des renforts et ramener la principale armée française. Elle profite donc de ce moment pour évaluer la situation et inspecter l’ensemble des fortifications ennemies. Jeanne oblige ensuite les Anglais à s’enfermer dans les bastilles qui entourent la ville. Les assiégeants deviennent donc, à leur tour, assiégés.

Les remparts d'Orléans pendant le siège de 1429, gravure du 19e siècle - Cultea
Les remparts d’Orléans pendant le siège de 1429, gravure du 19e siècle.

Le 4 mai, Dunois procède à l’assaut du fort Saint-Loup. Jeanne d’Arc, qui n’a pas été mise au courant, est réveillée par son page et se précipite sur le terrain avec son étendard. Les Orléanais remportent la bataille.

2 jours plus tard, les Français prennent le fort des Augustins. Puis, le 7 mai, Jeanne et ses troupes se lancent à l’attaque des Tourelles, la dernière bastille anglaise. Une flèche blesse la jeune femme à l’épaule, qui se retire donc pour se reposer. Juste avant que Dunois ne batte en retraite, Jeanne donne le signal d’un ultime assaut. Lors de ce dernier, le commandant du fort, le capitaine anglais Glasdale, tombe des murailles et se noie dans le fleuve. Par conséquent, les Français prennent le dernier fort. Le lendemain, Jeanne refuse de se battre puisque ce jour est un dimanche. L’anglais John Talbot lève alors le siège et se retire. Orléans est libre.

En libérant Orléans, Jeanne d’Arc gagna le surnom de « Pucelle d’Orléans » (pucelle signifiant ici « jeune fille »). Comme l’indiquait la prophétie qui courait déjà depuis des années, elle sauva la France des Anglais. Prédiction véritable, simple coïncidence ou coup de chance, toujours est-il que sa participation à l’effort de guerre renversa le cours du conflit.

 

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