1926 : Après l’absinthe, la France voulut interdire le pastis

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Nous vous parlions il y a peu des origines du champagne en France, qui indiquaient l’importance de la culture de l’alcool dans notre pays. Aujourd’hui, nous vous proposons de revenir à une époque où le gouvernement voulut endiguer l’alcoolisme en France. Après avoir prohibé l’absinthe en 1915, il voulut interdire le pastis et les boissons alcoolisées similaires. Retour sur cet épisode oublié de l’histoire de France

La dangerosité de l’absinthe

Au XIXe siècle, l’absinthe était un alcool fort issu d’une plante aromatique qui faisait fureur en France. On la considérait comme une boisson dangereuse qui rendait fou et faisait de nous des criminels. Elle fut même surnommée « la fée verte ». Au début du XXe siècle, on accusait l’absinthe de tous les problèmes de l’époque. En 1907, Georges Clemenceau, alors ministre de l’Intérieur, encouragea même les médecins à étudier les effets de cette boisson dans les asiles. Ainsi, la boisson fut finalement interdite dans le pays en 1915.

Absinthe - Cultea

Une victoire de courte durée, comme l’explique l’historien Didier Nourrisson :

« C’est une victoire à la Pyrrhus puisqu’on a supprimé la liqueur d’absinthe mais on a autorisé le lancement des similaires d’absinthe et donc d’une nouvelle gamme de produits assez semblables tout de même et cela n’a absolument pas fait reculer le problème de l’alcoolisme en France. »

Interdiction de l'absinthe en France - Cultea

Le pastis, une alternative à l’absinthe

En effet, aussitôt cette interdiction mise en place, les fabricants proposèrent des boissons similaires, notamment le pastis. Comme l’absinthe, cet alcool est fabriqué à partir d’une plante médicinale, l’anis. Il s’agissait donc d’une alternative autorisée de l’absinthe. Jules-Félix Pernod, le fils d’un ancien industriel de l’absinthe, déposa par exemple la marque Anis Pernod en 1918.

Le Pastis fut une alternative à l'absinthe après son interdiction - Cultea

Les autorités françaises durent donc légiférer concernant ces boissons. En 1920, l’Etat autorisa le pastis à un degré d’alcool inférieur à 30°. Puis, en 1922, il releva la limite à 40°. Un véritable engouement et une hystérie pour le pastis s’emparèrent du sud de la France. On autorisa donc la boisson, cependant elle ne devait pas dépasser un certain degré d’alcool. En effet, elle ne devait pas s’apparenter à l’absinthe, alors considérée comme dangereuse.

1926 : l’Etat voulut endiguer l’enthousiasme pour le pastis et l’alcool

En 1926, le Conseil Supérieur d’hygiène de France, une institution du ministère du Travail, proposa le vote d’une loi interdisant le pastis et toutes les boissons apparentées à l’absinthe. Le titre du rapport réalisé par cette commission était L’interdiction absolue des boissons alcooliques susceptibles de remplacer l’absinthe. Il visait notamment les maisons de Marseille qui vendaient un pastis passible pour la fée verte.

L'Etat envisagea d'interdire le pastis en France - Cultea

L’objectif de l’Etat était d’endiguer la montée de l’alcoolisme en France, en s’inspirant de la prohibition qui avait alors lieu aux Etats-Unis. Toutefois, les législateurs français ne choisirent pas cette voie. Ce rapport ne devint pas une loi et on n’interdit jamais le pastis. L’absinthe, quant à elle, resta prohibée jusqu’en 2011.

Finalement, l’Etat français a tenté d’imposer une interdiction concernant les boissons alcoolisées, notamment le pastis. Toutefois, à l’inverse de l’absinthe, ce dernier ne fut jamais interdit. Peut-on faire plus français que cela ? Après le pastis, découvrez l’histoire et les origines du Jack Daniel’s.

 

Sources :

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