Sainte-Chapelle : connaissez-vous les secrets de ce monument ?

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Joyau de l’architecture et de l’art gothique, véritable écrin de verre, la Sainte-Chapelle ne cesse de fasciner ses visiteurs. Nichée sur l’île de la Cité, elle fait partie des monuments les plus beaux de la capitale. Cachée dans la Conciergerie, la visite de la Sainte-Chapelle se mérite. Les touristes n’hésitent pas à braver de longues heures d’attente pour la découvrir. Cependant, si on a bâti ce trésor caché au Moyen Âge, c’est pour une bonne raison… Savez-vous laquelle ? Chez Cultea, on vous révèle ses secrets !

La Sainte-Chapelle : un écrin pour les reliques du Christ

C’est le roi Louis IX, aussi appelé Saint Louis, qui a fait bâtir la Sainte-Chapelle. En effet, saint Louis achète en 1238 la Sainte Couronne. Il s’agirait des reliques de la couronne d’épines que portait le Christ lors de la Crucifixion. Dans les années suivantes, le roi acquiert de nombreuses autres reliques du Christ pour compléter sa « collection ».

Cependant, il n’existe pas de lieu assez prestigieux dans la capitale pour accueillir ces trésors. Mais il n’est pas question qu’elles soient conservées loin du roi ! En effet, celui-ci aspire à faire de la France un phare du christianisme, « la fille aînée de l’Eglise« . Louis IX décide donc de faire bâtir un écrin pour conserver les reliques, au sein même de son palais, sur l’île de la Cité. La Sainte-Chapelle est construite.

Ce choix d’installer les reliques au sein même du palais permet aussi au roi d’affirmer son pouvoir. Ainsi, il affirme la proximité entre son pouvoir royal et le pouvoir divin. De plus, il l’installe aussi dans un lieu où il rend la justice. C’est donc sur les reliques que l’on peut prêter serment.

Vue de la Sainte-Chapelle et du Palais de la cité. Dans Les Très Riches Heures du Duc de Berry, mois de Juin, 1410-1440.

Une prouesse architecturale

Si la Sainte-Chapelle est si connue, c’est bien entendu pour son impressionnante architecture. En effet, les reliques n’y sont plus exposées aujourd’hui. Elles ont été placées dans le trésor de la cathédrale Notre-Dame.

L’architecture de la Sainte-Chapelle est très particulière. De plus, elle a été construite en un temps très court, ce qui augmente la prouesse des maîtres d’œuvre. En effet, on a construit la Sainte-Chapelle entre 1241 et 1248. Ce qui est très rapide, quand on sait que les constructions d’édifices religieux s’étalaient habituellement sur plusieurs décennies, voire siècles.

Cette chapelle est construite sur un plan simple, c’est-à-dire qu’elle ne possède qu’un seul vaisseau. Il n’y a ni déambulatoire, ni transept. Elle se compose de deux niveaux : une chapelle basse et une chapelle haute. Les reliques se trouvaient dans la chapelle haute, accessible uniquement aux personnes de la famille royale et à son cercle proche. C’est-à-dire que tout le monde ne pouvait pas voir les reliques ! Si on en reste à ces considérations, la Sainte-Chapelle est une chapelle palatiale simple, comme on en trouve dans d’autres palais à cette époque. Cependant, un autre facteur entre en jeu : son style gothique.

Durant la période gothique, le but de l’architecture était de faire toujours plus haut, plus grand et plus lumineux. La lumière était en effet un critère très important. À l’inverse des églises d’époque romane, les églises gothiques possèdent de grandes verrières qui permettent de faire entrer la lumière. Et des vitraux colorés permettent d’instrumentaliser cette lumière. C’est la technique utilisée à la Sainte-Chapelle. Cependant, cette technique est à son paroxysme. En effet, ce sont les verrières qui structurent principalement la chapelle haute.

Sainte-Chapelle
La Sainte-Chapelle.

Les verrières de la chapelle haute

C’est principalement pour cette partie de la Sainte-Chapelle que les visiteurs se rendent dans ce monument. En effet, chaque fois que l’on arrive en haut du petit escalier menant dans la chapelle haute, on est subjugué. Mais par quoi ? Par ces immenses verrières de 15 m de haut qui entourent tout l’édifice.

Répartis en 15 verrières, les vitraux racontent de nombreuses scènes de l’Ancien et du Nouveau Testaments. En tout, il y en a 1113. Ces scènes ont un ordre de lecture bien défini et particulier. Elle commence par la première fenêtre au nord, avec l’Ancien Testament et se termine par la rose de la façade avec l’Apocalypse.

Cependant, ces vitraux ne se lisent pas comme un livre… C’est une lecture en boustrophédon. C’est-à-dire qu’il faut lire les verrières du bas vers le haut et de gauche à droite. À l’inverse de notre lecture habituelle donc ! Cependant, toutes les scènes de ces verrières ont la même importance. Même si certaines nous paraissent trop loin pour être comprises.

Construire des verrières de cette ampleur et en disposer autant sur un édifice si petit relève d’une véritable prouesse. En effet, même si on connaît de grands ensembles de vitraux gothiques, ils se trouvent le plus souvent dans des cathédrales. La Sainte-Chapelle est le seul exemple au monde d’un ensemble de verrières si spectaculaire dans un petit édifice. 

vitraux de la sainte chapelle
Chapelle haute.

À présent, vous avez pu apprendre les secrets de la Sainte-Chapelle ! Cependant, pour ceux qui ne la connaissent pas, nous ne pouvons que vous conseiller d’aller la visiter lors de sa réouverture. En effet, elle ne porte pas son nom de joyau de l’art gothique vainement !

Visite virtuelle de la Sainte-Chapelle

Sources :

 

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