Retour sur la carrière de Jean-Louis Trintignant

Retour sur la carrière de Jean-Louis Trintignant - Cultea

Le cinéma français est endeuillé par la perte d’un acteur emblématique. En effet, du haut de ses 130 films, Jean-Louis Trintignant a enchaîné les rôles cultes sur le grand écran – il s’est également illustré au théâtre. Le comédien français laisse alors une trace indélébile dans le monde du septième art, Cultea vous propose un résumé de sa carrière.

Jean-Louis Trintignant s’est éteint le 17 juin 2022, à l’âge de 91 ans. Il était un acteur, comédien et réalisateur français présent sur le devant de la scène depuis les années 1950. Sa renommée est autant française qu’internationale. Ponctuée de nombreux allers-retours sur le devant de la scène, découvrez la grande carrière du comédien.

Les premiers pas de Jean-Louis Trintignant

Le début de sa carrière se fait au théâtre dans les années 1950. En effet, du haut de ses 20 ans, il débute dans la compagnie de Raymond Hermatier. Il jouera dans la pièce À chacun selon sa faim et enchaînera avec MacBeth de Shakespeare, dans la Comédie de Saint-Etienne. Concernant ses études, il choisit de suivre des cours de réalisateur à l’Institut des hautes études cinématographiques. En attendant, il fait quelques figurations par-ci, par-là au cinéma.

En 1956, il fait ses premiers pas d’acteur avec le film Si tous les gars du monde. Pourtant, le vrai film qui fera décoller sa carrière n’est autre que Et Dieu… créa la femme de Roger Vadim. Ce film signera une réelle percée pour lui dans le cinéma. De fait, lui et Brigitte Bardot, également présente dans le film, vont faire couler beaucoup d’encre. Si Brigitte Bardot était mariée à Roger Vadim, cette dernière entamera pourtant une relation avec Jean-Louis Trintignant. Scandale, le couple Vadim-Bardot implose et Trintignant-Bardot explose ! Leur popularité est à son sommet à l’époque.

Pourtant, après ce succès, Jean-Louis Trintignant retourne dans l’ombre pour son service militaire. Il sera totalement coupé du cinéma pendant cette période qui l’affectera beaucoup. Il revient finalement à la fin des années 1950 pour notre plus grand bonheur. De fait, il recouvre sa popularité au théâtre en jouant Hamlet de Shakespeare. Par ailleurs, Roger Vadim ne semble pas lui tenir rigueur de « l’incident » avec Brigitte Bardot et le fait jouer dans son film Liaisons dangereuses en 1960. Après son absence, Jean-Louis Trintignant est officiellement de retour sur tous les fronts !

Sa carrière décolle à l’international

Les années 1960 sont florissantes pour le comédien français. En effet, il connaît le succès en Italie avec le film de Dino Risi, Le Fanfaron, emblématique de la comédie italienne. Ce film signe ses premiers pas à l’international. Mais le vrai film qui propulse sa carrière au-delà de l’Hexagone, c’est Un homme et une femme de Claude Lelouch en 1966. Grâce à lui, il devient une véritable star. Le film remporte la Palme d’Or au Festival de Cannes de 1966. Il est également récompensé par l’Oscar du meilleur film étranger aux Etats-Unis, ainsi que le meilleur scénario original en 1967.

L’année d’après, il est récompensé par l’Ours d’argent du meilleur acteur au Festival du film à Berlin pour L’homme qui ment. En effet, Jean-Louis Trintignant joue des rôles plus politiques et engagés, notamment contre le fascisme et la dictature. De fait, il dit avoir joué son plus beau rôle en 1971, celui de Marcello Clerici dans Le Conformiste. De retour en Italie avec ce film de Bernardo Bertolucci, le comédien français y fait une prestation de maître. Pourtant, le tournage n’a pas été tout rose, au contraire. Le premier jour de tournage, il a appris que sa fille de dix mois était décédée. Jean-Louis Trintignant a voulu tout arrêter, mais les assurances l’en ont empêché.

En 1973, l’acteur et comédien ajoute une corde à son arc. Il s’essaye à la mise en scène avec Une journée bien remplie et le Maître-nageur. Après cela, il devient beaucoup plus timide à l’écran et refusera plusieurs rôles. Parmi ces rôles, celui de Lacombe dans Rencontre du troisième type de Steven Spielberg, ou encore celui d’un journaliste dans Apocalypse now de Francis F. Coppola. Jean-Louis Trintignant fait une courte pause dans sa carrière avant de revenir sur le grand écran en 1978, avec L’argent des autres, qui obtiendra un grand succès auprès du public.

La fin de carrière de Jean-Louis Trintignant

Après des années 70 et 80 avec un agenda chargé, les personnages qu’il a pris pour habitude de jouer sont de plus en plus proches de sa réalité. De fait, solitaires et acariâtres, Jean-Louis Trintignant les imite et se retire dans le Gard dans les années 1990. Il apparaît de moins en moins au cinéma et privilégie le théâtre. Il se dit lassé du septième art et refuse de multiples propositions. Le comédien disparaît alors complètement du grand écran, avant de revenir exceptionnellement en 1998 avec Ceux qui m’aiment prendront le train, de Patrice Chéreau.

Seulement, sa carrière est une infinité de rebonds et Jean-Louis Trintignant revient après une dizaine d’années d’absence en 2012. Il apparaît alors dans Amour de Michael Haneke, un de ses rôles les plus emblématiques. Grâce à lui et cette histoire touchante d’un homme âgé témoin de la lente agonie de sa femme, il recevra le César du meilleur acteur. Ce film a également attiré les critiques positives des spectateurs et se verra remettre l’Oscar du meilleur film étranger. C’est une nouvelle victoire dans sa carrière, tandis que Amour reçoit également une Palme d’Or au Festival de Cannes. C’est ce même réalisateur, Michael Haneke, qui offrira son dernier rôle à Jean-Louis Trintignant en 2018, dans Happy End.

Jean-Louis Trintignant au Festival de Cannes de 2012 - Cultea
Jean-Louis Trintignant au Festival de Cannes de 2012 (Crédit Photo : Georges Biard)

Il n’a jamais voulu être acteur et, pourtant, il deviendra une référence incontournable de son époque. L’acteur français se sera fait discret lors de ses dernières années, tout en se retirant progressivement d’un monde qu’il a profondément marqué. De fait, le cinéma français garde en mémoire ses interprétations devenues cultes, pour certaines, tandis qu’il s’est éteint après plus de soixante ans de carrière.

 

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