La fatale canicule de 1911 qui a fait 40 000 morts

La fatale canicule de 1911 qui a fait 40 000 morts - Cultea

La canicule de 1911 a fait connaître à l’Europe une intense chaleur. Les températures sont montées à plus de 30°C pendant plus de 15 jours consécutifs. Un été meurtrier pour 40 000 personnes, et en majeure partie des nouveau-nés.

La canicule de 1911

Durant 70 jours, du 5 juillet au 13 septembre, l’Europe et la France ont connu une vague de chaleur sans précédent. Durant cette période, les fortes chaleurs ne se sont arrêtées que pour certaines accalmies ponctuelles.

Cette canicule commence aux États-Unis. La côte Est est frappée, notamment New York, dès le début du mois de juillet. Très rapidement, la vague de chaleur vient s’abattre sur la France. À cette époque-là, les journaux ne cessent de parler de cet épisode exceptionnel. La Croix écrit le 9 juillet 1911 : « Nous souffrons, depuis trois jours, de chaleurs vraiment exceptionnelles à Paris ». Les papiers parlent d’une température « excessive », « à peine supportable ».

À son début, la vague de chaleur fait monter le thermomètre à 27,6°C. La canicule se poursuit et, jusqu’à la mi-juillet, la température dépasse plusieurs fois les 35°C sur Paris. Lyon et Toulouse ne sont pas en reste, la température monte jusqu’à 37°C dans ces villes. Sur le sol et les bancs, les promeneurs en vacances et les travailleurs sont affalés, assommés par cette chaleur inhabituelle.

Jeunes habitants d'Aulnay-Sous-Bois, en région parisienne, se rafraichissant dans le canal de l'Ourcq - Cultea
Jeunes habitants d’Aulnay-Sous-Bois, en région parisienne, se rafraîchissant dans le canal de l’Ourcq.

« Ce qui n’est pas gai, c’est que les météorologistes officiels annoncent une baisse sensible de la pression barométrique. Et v’lan, nous sommes bons pour une nouvelle vague de chaleur puisque ces messieurs – qui ne sont jamais trompés ! à condition qu’on prenne le contrepied de leurs prédictions – nous font espérer la fraîcheur ! » Attaque contre le météorologue dans le journal Gil Blas

Le bilan catastrophique de cette canicule

Lors du mois de septembre, la température baisse, mais pas assez pour les Français qui voient encore le curseur de leur thermomètre dépasser les 30°C. Finalement, cette canicule de 1911 se termine le 13 septembre. Le bilan est catastrophique et la population est fortement touchée. On recense 40 000 morts, un échec pour un monde qui avait pour but de faire baisser la mortalité. Parmi ces morts, ce seraient 30 000 bébés qui seraient décédés d’insolation ou de diarrhées.

La pénurie de lait de cette période n’a pas aidé les enfants et a fait grimper le nombre de morts chez les petits. Les vaches laitières étaient en effet victimes d’une épidémie de fièvre aphteuse, d’un manque d’eau et d’une hygiène insuffisante. De plus, la chaleur a aidé à la prolifération des micro-organismes.

Les canicules de plus en plus récurrentes

Ces dernières semaines, pas moins de 15 départements étaient en vigilance rouge, et 51 en vigilance orange. La barre des 40°C a souvent été dépassée, et cela, même en Bretagne ! Du jamais-vu sur la pointe du Finistère. L’après-midi du 18 juillet 2022 a été le deuxième après-midi le plus chaud jamais vu en France (moyenne de 37,2°C), battu seulement par celui du 5 août 2003 (moyenne de 37,7°C).

Les canicules, auparavant bien plus rares, semblent devenir une habitude dans l’hexagone. C’est d’ailleurs la deuxième qui frappe le pays et l’Europe depuis la mi-juin. Celle de la mi-juin a d’ailleurs été la plus précoce jamais enregistrée en France depuis 1947 ! Des centaines de décès et blessés ont été enregistrés au Portugal et en Espagne. La canicule favorise aussi les feux de forêt, la Gironde en est témoin actuellement. Ce sont plus de 20 000 hectares de forêts brûlés.

Les terribles incendies en Gironde - Cultea
Les terribles incendies en Gironde. / ©SDIS33

« Chaque canicule dans le monde aujourd’hui est plus forte et a plus de probabilité de se produire en raison du changement climatique provoqué par les humains. » – Friederike Otto, de l’Imperial College de Londres

Si l’on s’intéresse à la canicule en France de 2019, les spécialistes de l’attribution (discipline permettant de déterminer si un phénomène est lié au changement climatique) ont affirmé qu’elle aurait été « 600 fois moins probable sans activités humaines ».

En 2003, une canicule en France avait provoqué la mort de 15 000 personnes, d’après un rapport de l’Inserm. La catastrophe a souligné que même un pays développé pouvait être frappé de plein fouet par une vague de chaleur extrême, et être sans défense. À cette époque-là, les gestes simples comme boire, ne pas rester bronzer, rafraîchir le plus possible les pièces n’étaient pas quelque chose qu’on apprenait dans le nord de la France. Actuellement, la situation est tout autre. La chaleur frappe partout.

Météo et climat

Cela résulte d’un changement de climat. Le climat n’est pas à confondre avec la météo. La météo est l’étude des phénomènes atmosphériques avec le temps. Ainsi, elle désigne le temps qu’il fait à un endroit et à un moment donnés. Tous les jours, elle varie.

Le climat désigne les études des statistiques de variables atmosphériques sur une longue période. Souvent, elles s’étudient sur 30 ans. Elles prévoient le temps auquel on peut s’attendre dans une région. Elles ne peuvent cependant pas dire si juillet 2070 sera plus chaud qu’août 2071. Cependant, elles peuvent prédire qu’en 2050 on peut s’attendre à ce qu’il fasse telle température sur telle zone du globe.

La banquise rétrécit en Arctique, en raison du réchauffement climatique - Cultea
La banquise rétrécit en Arctique, en raison du réchauffement climatique. / ©Sven Erik Arndt

Une hausse de 5 degrés dans une journée (météo) peut ne pas être très grave, mais une hausse de 5 degrés sur 20 ans (climat) peut avoir un gros impact.

Les extrêmes de chaleur

Actuellement, il existe encore des records de froid battus. Oui, mais c’est en moyenne 1 record de froid pour 10 records de chaud. Le taux et l’intensité des extrêmes de froid diminuent, alors que les extrêmes de chaleur augmentent. Cela a des conséquences désastreuses pour les pays du monde entier.

En 2021, le GIEC rapportait que la chaleur moyenne et les pics de chaleurs augmentent partout sur le globe. Cela est dû au changement climatique causé par l’Homme. Ce réchauffement climatique causerait alors des pénuries d’eau, de la malnutrition, l’extinction d’espèces et l’exode de certains. Ce sont jusqu’à 80 millions de personnes supplémentaires assoiffées et affamées qui vont prendre la route vers le nord d’ici 2050. 130 millions pourraient tomber dans la pauvreté extrême d’ici 10 ans.

Ces dernières décennies, les extrêmes de chaleur ont augmenté en probabilité. Ce qui n’était que ponctuel et étonnant il y a 50 ans ne l’est plus désormais. La Terre subit un changement climatique, et ce changement est dû à l’activité humaine. Des dizaines de décès sont directement attribuables à cette hausse des chaleurs.

 

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