Château de Saint-Fargeau : découvrez son histoire mouvementée !

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La réouverture des lieux culturels semble toujours plus lointaine. Malgré tout, Cultea vous fait quitter la capitale pour vous faire découvrir le patrimoine français. Aujourd’hui, suivez-nous à la découverte d’un château qui n’a pas son pareil. Situé dans l’Yonne, à 2h de Paris, le château de Saint-Fargeau est un site emblématique de la région. Découvrons ensemble son histoire mouvementée. 

Aux origines du château

Si une grande partie du château actuel date des XVe et XVIIe siècles, son origine est bien plus ancienne. En effet, on trouve dans les archives des traces d’une demeure de chasse fortifiée à cet emplacement dès le Xe siècle. De plus, le tracé des fondations du château semble remonter à cette période. Le premier propriétaire des lieux était l’évêque d’Auxerre, Héribert, frère naturel du roi Hugues Capet. Cependant, le lieu ne resta pas la propriété du clergé durant toute son existence.

En effet, dès 1060, des seigneurs de Toucy, Saint-Fargeau et du pays de Puisaye sont connus. C’est donc eux qui possèdent le château. Le dernier seigneur de Puisaye s’éteint au XIIIe siècle sans descendance masculine. C’est donc sa fille Jeanne qui apporte les terres paternelles à son époux Thibaud II de Bar par mariage. A la suite de leur union, c’est leur fils Jean qui hérite de la seigneurie de Puisaye. Après plusieurs héritages et désaccords, le château est vendu à Jacques Cœur à la fin de la Guerre de Cent ans, en 1450.

La reconstruction du château de Saint-Fargeau

Cependant, Jacques Cœur n’a pas été propriétaire du château bien longtemps. Il ne serait même pas venu dans sa nouvelle acquisition ! En effet, le célèbre argentier de Charles VII entre en disgrâce dès 1451. C’est lors de son procès qu’un nouveau personnage entre dans notre histoire. C’est lui changera durablement la face du château, mais aussi d’autres parties du village, telles que son église gothique. Cet homme est Antoine de Chabannes.

Qui était-il ? Né en 1408 et mort en 1488, Chabannes a été compagnon d’armes de Jeanne d’arc et capitaine des écorcheurs. Il a toujours servi son pays avec fougue. Entré dans les bonnes grâces du roi, le comte de Dammartin acquiert les seigneuries de Puisaye au procès de son rival. Cependant, il entre en disgrâce lors de l’arrivée au pouvoir de Louis XI (Il avait révélé au roi Charles VII une conspiration contre lui de la part du dauphin et d’autres grands seigneurs). Il perd le domaine, et est alors embastillé. Il s’échappe quelques mois plus tard et récupère le domaine par la ruse au fils de Jacques Cœur. Revenu dans les grâces royales, il s’éteint à Paris le 25 décembre 1488. L’homme a traversé un siècle et surmonté de grandes difficultés.

Antoine de Chabannes.
Antoine de Chabannes.

Antoine de Chabannes devient donc le nouveau propriétaire du château en 1453. Il décide alors de faire reconstruire un château sur les bases de la forteresse du Xe siècle. Ce sont des briques qui composent la plus grande partie du château. D’ailleurs, il existe des comptes de reconstruction du château qui prouvent l’installation d’une briqueterie dans son jardin pour la fabrication de briques à grande échelle. C’est en grande partie ce château que nous pouvons voir actuellement.

A la mort de Chabannes en 1488, c’est son fils unique Jean qui hérite du château. Il en profite pour régler les derniers comptes de son père avec la famille Cœur. Après diverses histoires d’héritages, un nouveau personnage historique vient vivre à Saint-Fargeau.

La Grande Mademoiselle à Saint-Fargeau

Anne-Marie-Louise d’Orléans, cousine germaine de Louis XIV, avait participé activement à la Fronde contre le roi. Elle fut alors condamnée à l’exil sur les terres de Puisaye dans son château de Saint-Fargeau. En arrivant à son exil, elle découvre une forteresse médiévale abandonnée, loin des fastes qu’elle connait depuis sa jeunesse. Alors, elle décide de faire rénover le château au goût de son temps. C’est Le Vau qu’on charge des travaux. Il refait les quatre façades intérieures du château.

La duchesse y mène une vie de cour et débute l’écriture de ses célèbres mémoires. C’est même au château de Saint-Fargeau qu’elle aurait découvert le talent de Lully. Il deviendra par la suite le compositeur du roi Louis XIV. Après son exil, le château tombe à nouveau dans un oubli relatif. La duchesse le lègue à Lauzun, l’homme qu’elle aime mais qu’elle n’a sans doute jamais épousé.

Cour intérieure du château de Saint-Fargeau
Cour intérieure du Château de Saint-Fargeau.

La légende du tableau de David

En 1715, le domaine est vendu à la famille Lepeletier-des-Forts. C’est un descendant de cette famille, Louis-Michel Lepeletier, qui vota la mort de Louis XVI en 1793. Il fut d’ailleurs assassiné dans un restaurant du Palais-Royal la veille de l’exécution du roi. A son assassinat, sa fille unique devient la première Pupille de la Nation. Louise-Suzanne, en tant que fervente royaliste, considérait son père comme un traitre.

Le peintre Jacques-Louis David a peint un tableau représentant l’Assassinat de Lepeletier, comme un pendant du tableau de La Mort de Marat. Cependant, Louise-Suzanne Lepeletier ne souhaitait pas que ce tableau commémore la mort d’un traitre. Elle demanda alors à la famille du peintre d’acquérir l’œuvre. La famille accepta à la condition qu’elle ne détruise pas le tableau.

A partir de ce moment, il n’existe plus aucune trace de l’existence de cette œuvre en dehors de quelques rares copies. Si Louise-Suzanne ne l’a pas détruit, il semble qu’elle l’ait emmuré dans le château de Saint-Fargeau. On ne l’a à ce jour pas localisé. 

Jean d’Ormesson, qui a passé une partie de son enfance au château, raconte que selon la légende familiale, chaque mère indiquerait l’emplacement de l’œuvre à sa fille en mourant. Malheureusement, sa grand mère est décédée durant l’occupation sans que sa fille ne soit présente pour perpétuer le secret. Aujourd’hui encore, les historiens de l’art espèrent une découverte de cette œuvre si importante dans l’histoire de la Révolution française.

Assassinat de Lepeletier, d'après David.
Assassinat de Lepeletier, d’après David.

Le château de Saint-Fargeau aujourd’hui

En 1979, Jacques et Michel Guyot acquièrent le château dans l’optique de l’ouvrir au public. Ils se lancent dans de grands travaux de restauration. Pour financer ceux-ci, ils ouvrent le château au public et proposent un spectacle historique les soirs de juillet-août. Ce spectacle prend la forme d’une grande fresque animée par des acteurs et racontée par un narrateur. Il raconte l’histoire du château et de la ville.

Depuis maintenant plus de 40 ans, le public se presse nombreux tous les vendredis et samedis soirs de juillet-août pour voir le spectacle historique. Seule l’année 2020 n’a pas été ponctuée par ce spectacle pour cause de la crise sanitaire, mais les visiteurs avaient la possibilité de déambuler dans le château de nuit et d’assister à des scénettes, jouées par des bénévoles en costumes historiques.

Un soir de spectacle au Château de Saint-Fargeau.
Un soir de spectacle au Château de Saint-Fargeau.

A présent que vous en savez plus sur ce bâtiment somptueux, nous espérons que vous souhaiterez le découvrir lors de sa réouverture ! Tout proche du château de Saint-Fargeau se trouve une autre site très célèbre : Le Château de Guédelon ! Un château fort en construction avec les méthodes médiévales. 

Sources:

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Charlotte Yankovitch

Guide conférencière diplômée, spécialisée en Histoire de l'art et passionnée de mode. Ma passion pour l'écriture ma guidée jusqu'à Cultea!
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