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Ces fois où les Américains ont largué des bombes atomiques… par erreur

Ces fois où les Américains ont largué des bombes atomiques… par erreur

L’erreur est humaine. Commettre des impairs arrive même aux meilleurs, et l’armée américaine n’échappe pas à la règle. En effet, les États-Unis ont reconnu avoir été impliqués dans 32 accidents nucléaires depuis 1950. Entre largage imprévu et égarement de bombes atomiques, Cultea vous propose de découvrir trois de ces accidents.

Si l’on vous dit que plusieurs bombes nucléaires ont été larguées par erreur aux États-Unis, vous y croyez ? Et si l’on vous dit que l’armée américaine en a même égaré une en Europe ? Effectivement, ça devient un peu un comique de répétition et pourtant, c’est la réalité.

1957, une bombe H est larguée sur le Nouveau-Mexique

Le 22 mai 1957, un B-36 de l’armée américaine survole le Nouveau-Mexique, aux États-Unis. Sa cargaison n’est pas n’importe laquelle puisque l’avion transporte une bombe thermonucléaire de type Mark 17. Cette bombe hydrogène pèse plus de 20 tonnes et est calée dans la soute de l’avion, l’arme est sécurisée par des chaînes et est surveillée par le navigateur, Bob Carp. Sa puissance est estimée à mille fois celle de la bombe lâchée sur Hiroshima, quelques années plus tôt. Ainsi, elle est transportée sur la base de Kirtland afin d’y être désarmée.

Seulement, la phase d’atterrissage ne se passe pas comme prévue. Une turbulence atteint le bombardier de plein fouet et fait perdre l’équilibre à Bob Carp, alors qu’il sécurisait la bombe pour l’atterrissage. Ce dernier s’est alors rattrapé à la première chose trouvée et pas de bol, c’était le mécanisme de largage de la bombe. En une fraction de seconde, la soute s’ouvre et la Mark 17 disparaît dans le ciel. « Bombs away ! » hurle alors le navigateur. La bombe la plus puissante du monde vient d’être larguée par accident.

En 1957, une bombe H Mark 17 est larguée par erreur par un B-52 au Nouveau-Mexique.

Bob Carp, « blanc comme un linge », jure n’avoir rien touché et retrouve son équipage. Les membres comprennent immédiatement que la bombe a été lâchée par erreur et déclarent sa perte à la radio. Heureusement pour eux, la bombe atomique ne fait aucune victime humaine et n’entraîne pas de réaction thermonucléaire. L’équipage sera interrogé et finalement, ne sera pas sanctionné. L’affaire sera alors classée « secret défense » et ne sera révélée qu’en 1981. Dans un communiqué, le gouvernement admet avoir largué une « arme nucléaire quelconque ».

« C’est une de ces choses qui est terrifiante sur le moment mais qui est drôle après. »

George Houston, membre de l’équipage, dans une interview pour l’Associated Press

1961, des bombes au bord de l’explosion en Caroline du Nord

Le 24 janvier 1961, un bombardier américain B-52 survole l’état de Caroline du Nord. Ce dernier transporte deux bombes atomiques Mark 39, 260 fois plus puissantes que la bombe lâchée sur Hiroshima. Pendant le voyage, l’avion s’est disloqué en deux à la suite d’une fuite de carburant dans l’aile droite. Les membres de l’équipage abandonnent l’appareil et laissent ainsi les deux bombes s’échapper dans la nuit. De fait, ces dernières terminent leur course dans un champ. L’une est retrouvée enterrée à plus de 7 mètres de profondeur, tandis que l’autre atterrit en douceur grâce au parachute.

Une bombe Mark 39 découverte après le crash du Goldsboro B-52.

Miraculeusement, aucune des bombes n’explose. Et pourtant, en arrivant sur place, les démineurs découvrent avec effroi qu’une des bombes n’était pas sécurisée correctement ! En effet, trois des quatre mécanismes censés éviter une explosion accidentelle étaient défectueux. De plus, la première bombe a creusé sa tombe et ne pourra jamais être récupérée. Cette nuit-là, les États-Unis sont passés à un fil de la catastrophe nucléaire sur leur territoire.

« Les faits sont là. Un simple interrupteur basse tension se tenait entre les États-Unis et une catastrophe majeure. »

Parker F. Jones, directeur du département de la sécurité des armes nucléaires du laboratoire Sandia

De fait, les experts ont conclu que si la bombe avait bien explosé, il y aurait pu y avoir des millions de victimes. De Washington D.C. à New York en passant par Philadelphie et Baltimore, la catastrophe aurait été colossale.

1966, la bombe égarée de Palomarès

Le 17 janvier 1966, deux avions de l’armée américaine survolent l’Espagne – tiens, l’Europe pour changer ! Alors que le bombardier s’apprête à se faire ravitailler par le ravitailleur en plein vol, les deux avions se percutent violemment et le B-52 perd sa cargaison. Vous l’aurez deviné, il transportait des bombes atomiques. Non pas 1, non pas 2, non pas 3, mais 4 bombes thermonucléaires ! Quatre bombes sont larguées au dessus de l’Andalousie, leur puissance vaut 1000 fois la puissance de la bombe d’Hiroshima. Sept personnes perdront la vie dans cette collision.

La catastrophe fait la une de la presse et les États-Unis se hâtent de se sauver la face. D’importants dispositifs de recherches sont déployés pour retrouver les bombes perdues : 30 navires de guerre, 3000 hommes, deux sous-marins ou encore des hélicoptères sont mobilisés. La première bombe a atterri en douceur à quelques kilomètres de Palomarès. Deux autres bombes se sont écrasées. La quatrième bombe est tombée dans l’eau, sous les yeux d’un pêcheur. Cette dernière reste pourtant introuvable pendant des semaines. Elle est finalement retrouvée intacte, à plus de 850 mètres de profondeur dans l’océan.

Ainsi, une erreur est vite arrivée, même dans le transport d’armes aussi dangereuses. Les conséquences de ces pertes n’ont pas manqué d’entacher la réputation de l’armée américaine, qui a passé bon nombre de ces accidents sous silence. Cependant, cette dernière a par la suite fait le nécessaire pour réparer au mieux ses légendaires boulettes.

 

 

Sources :

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