Martin Parr était un photographe reconnu et adoré mondialement. Sa curiosité et sa fascination pour notre monde l’ont conduit sur cette voie. Voici un petit récapitulatif de sa carrière, sa technique et son style.
Comment Martin est devenu photographe ?
Martin Parr est un photographe britannique né à Epsom en 1952. Il s’intéresse à la photographie à l’âge de 13 ans en découvrant les travaux de Bill Brandt et Henri Cartier-Bresson. Son grand-père lui offre son premier appareil et l’initie à la photographie. En 1970, Martin étudie à Manchester où il commence à photographier ses premiers sujets. Ceux-ci seront les premiers de ses travaux sur le « réel » qu’il poursuit toujours.

Il se fait connaître en publiant fréquemment des albums photos tels que : The Last Resort: Photographs of New Brighton en 1986 ou Common Sense en 1999. Il en a aujourd’hui publié plus de 145. Martin Parr devient membre de l’agence Magnum Photos en 1994 et le resta jusqu’à son décès.
Sa technique
En 1982, il passe définitivement à la couleur. Martin Parr le dit lui-même dans une interview pour Canon : « Mes œuvres en noir et blanc célébraient la société, tandis que celles en couleur en représentaient davantage une critique ». Le photographe associe la couleur avec la technique du flash en plein jour.
Inspiré par Andy Earl et ses photos de lieux comme Ascot ou par Chris Killip, il fait de cette technique sa signature. Il se sert des codes de la photo commerciale de publicité ou de mode, caractérisée par des sujets très éclairés et des couleurs saturées.

Martin Parr utilise également le « flash annulaire » qui donne selon lui un aspect surréaliste au sujet. Les couleurs sont intenses, vibrantes ; une ultra-saturation qu’il apprécie. D’après lui, cela permet de s’éloigner du documentaire en créant une distance. Cette saturation des couleurs appose un filtre fictif sur la réalité.
Il associe aussi à cette technique un objectif à grand angle et sa façon de cadrer, souvent en gros plan. Pour lui, il s’agissait tout autant de technique que d’esthétique.
Le style de Martin
Martin Parr a fait de la photographie vernaculaire son genre. Il s’agit d’un style de photographie où la vie quotidienne est le sujet de l’œuvre. On peut catégoriser son travail dans la photographie documentaire. Il utilise l’ironie et la dérision pour mettre en avant l’absurdité de certains comportements comme par exemple la surconsommation.
Le photographe travaillait par séries. Il en réalise plus d’une dizaine dont la plus connue est celle sur le tourisme. Les photographies montrent des gens prenant en photo des monuments historiques.
On y voit la surpopulation de ces lieux et Martin Parr en profitait pour interroger notre façon de consommer la culture et l’art. Plutôt que de prendre le temps d’admirer le tableau de Mona Lisa de Léonard de Vinci, le public s’agglutine pour avoir chacun sa photo sur son téléphone (photo de très mauvaise qualité soit dit en passant).

Martin Parr aimait également le sujet de la nourriture, une belle représentation de la société pour lui. Vers la fin de sa vie, le photographe s’est tourné davantage vers le portrait.
Il interagissait donc beaucoup plus avec ses sujets, leur demandant toujours leur consentement avant de les photographier. Il aimait particulièrement la culture et la population britannique aussi bien d’origine modeste qu’aisée, étant lui-même originaire d’Angleterre, mais l’aimait surtout pour sa diversité.
En 2005, Martin Parr est fait membre honoraire de la Royal Photographic Society (FRPS). Un an plus tard, il obtient le prix Erich-Salomon et la médaille du centenaire de la FRPS en 2008. Son œuvre est reconnue dans le monde entier et grandement appréciée par ses connaisseurs.

Sources :


