Les symposiums dans la Grèce antique

Les symposiums dans la Grèce antique - Cultea

La Grèce antique comme on l’entend historiquement s’étend principalement de -800 à -220 avant Jésus-Christ. Cette civilisation marque un point d’ancrage pour l’Homme dans l’Histoire. En effet, celle-ci est à l’origine de bien des progrès et ce, dans de nombreux domaines. D’ailleurs, de nos jours, l’influence grecque impacte encore fortement la politique. Et pour cause, la politique représentait l’un des enjeux majeurs de la civilisation grecque, mêlant droit et philosophie. Des banquets appelés « symposiums », ou symposions, permettaient de débattre et de décider des lois politiques. Platon les évoque d’ailleurs dans Le Banquet. Cultea revient aujourd’hui sur ces symposiums, événements helléniques clés d’une civilisation riche en coutumes.

La population de la Grèce antique et ses différents statuts

Il est difficile de s’imaginer, qu’à une époque, tous n’étaient pas citoyens, et encore moins libres. Pourtant, dans la Grèce antique, ces statuts étaient uniquement réservés à une minorité. En effet, plusieurs critères permettaient d’établir une hiérarchie sociale qui définissait les droits ou non de chacun.

Le premier paramètre pris en compte : le sexe de l’individu. Bien que leur considération diffère selon les cités et l’époque, les femmes étaient vues comme inférieures aux hommes. Elles vivaient ainsi sous tutelle et avaient pour rôle d’entretenir les logis et de procréer. Les hommes libres contrôlaient leur sexualité et, au-delà de ça, elles ne disposaient d’aucun droits, encore moins politiques. Elles n’étaient donc pas citoyennes. Seules les festivités religieuses permettaient aux femmes de s’intégrer un minimum aux collectivités.

Les cités de la Grèce antique étaient également composées de métèques. Il s’agissait d’étrangers libres non soumis en esclavage. Cependant, ils dépendaient de proxènes, autrement dit, d’hommes libres en charge des étrangers. Eux non plus n’étaient pas citoyens, en dehors de très rares exceptions après vote de l’Assemblée. Ils étaient souvent commerçants ou artisans et avaient comme mission de protéger la Cité en cas de guerre.

En plus des femmes et des métèques, il y avait les hommes libres non citoyens. Parmi eux, certains avaient perdu leur citoyenneté en commettant une faute jugée grave, tandis que d’autres n’avaient jamais été citoyens. Ces derniers ne pouvaient donc pas participer à la vie politique, mais avaient néanmoins certains droits, comme celui à la protection.

Enfin, on estime à seulement 10 % la population citoyenne d’Athènes. Ceux-là étaient des hommes majeurs libres et jouissaient de droits politiques. Ce sont eux qui se trouvaient donc au haut de l’échelle sociale. On appelle communément l’élite de cette tranche sociale « l’aristocratie ». Ils devaient être instruits, fils de citoyen et participer à la vie en communauté. Les colloques, ou symposiums, se composaient uniquement de cette partie de la population.

Le rôle de la femme en Grèce antique - Cultea
Le rôle de la femme en Grèce antique

Les banquets, lieux de vie politique destinés aux citoyens

Ces 10 % de la population athénienne avaient donc pour rôle, entre autres, de dessiner la vie politique de la Cité. Pour ce faire, les citoyens se rejoignaient lors de banquets, parfois organisés en partie pour louer des exploits sportifs ou poétiques. Ces rassemblements se déroulaient le plus souvent dans l’Andrōn, lieu de vie réservé aux hommes. Pour s’y rendre, rien de plus simple : il suffisait d’y avoir été invité par un citoyen lui-même invité, ou bien par l’hôte directement. Si tel était le cas, chacun était le bienvenu, d’autant plus si son esprit était éclairé et animait la soirée.

Cependant, certaines règles informelles étaient de coutume lors des symposiums. L’une d’entre elles était de se baigner et de se toiletter avant de s’y rendre.

« Il était incorrect de venir au colloque couvert de sueur et de poussière. » –  Aristote

Une fois cela fait, les citoyens étaient accueillis chez l’hôte par un esclave. Il leur lavait les mains et les installait confortablement au sein de la pièce de réception. La bienséance voulait, qu’à cet instant, chacun loue la beauté de la demeure en question, en passant au peigne fin les détails des plafonds, tapisseries et décorations qui s’y trouvaient.

C’est seulement suite à cela que le dîner ou « deipnon » pouvait commencer. Généralement, il s’agissait de viande et de fruits. Le repas était copieux. Et pour cause, il fallait rassasier les invités suffisamment pour faire durer la soirée pendant des heures. En effet, les discussions politiques et philosophiques pouvaient s’éterniser et il ne fallait pas que la faim vienne altérer les esprits. De plus, le vin coulait à flots et on servait des fruits secs et autres mets afin d’absorber l’alcool. De cette façon, la soirée pouvait continuer dans de bonnes conditions. Le premier verre de vin avait pour but de rendre hommage à des divinités ou héros de guerre au cours d’aèdes.

C’est alors que les débats politiques pouvaient commencer. Chacun abordait les lois déjà en vigueur, ainsi que les projets de nouvelles lois. La place des femmes, des enfants, les futures guerres… Tous les sujets étaient libres. Ceci dit, les citoyens revoyaient chacune de leurs décisions le lendemain des symposiums, une fois l’alcool évaporé. Les lois étaient donc discutées deux fois avant d’entrer en vigueur au sein de la Cité.

Banquet de Grèce antique - Cultea
Banquet de Grèce antique

Le cœur des symposiums : les festivités après le repas

Le terme « symposium » signifie en grec « boire ensemble ». Rien d’étonnant donc à ce que le repas se suive de festivités mêlant jeux et alcool, sans oublier les débats animés. Après manger, tout le monde se parfumait et agrémentait sa tenue avec des fleurs supposées calmer les maux de tête provoqués par le vin. Par ailleurs, cette boisson n’était pas totalement libre d’accès.

En effet, à chaque début de colloque, les hommes désignaient un « maître du symposium ». Il décidait de la concentration du vin bu lors de ce rassemblement. Ce titre lui octroyait également, et surtout, la responsabilité de distribuer à chacun un nombre de gorgées ou de verres de vin autorisés. La morale de vigueur voulait que la limite se situe à trois verres, après quoi les bonnes manières se perdaient. En cas de désobéissance, cela donnait lieu à des gages tels que danser nu au centre de la pièce, par exemple. Ceci dit, quel que soit le nombre de gorgées de vin attribuées, le maître du symposium le diluait avec de l’eau afin que personne ne soit ivre avant une certaine heure.

Il semblerait toutefois que les bonnes volontés n’étaient que rarement tenues et, souvent, l’ivresse était de mise avant l’heure souhaitée. Compte tenu des récits écrits par les philosophes et autres citoyens de l’époque, force est de constater qu’effectivement, beaucoup buvaient plus que de mesure.

Cette ambiance festive des symposiums donnait lieu à des chants, dits « skolias » qui rythmaient la soirée entre deux discussions philosophiques. Les skolias étaient un rituel qui ne manquait jamais. Des femmes musiciennes participaient à cet effet à chaque fin de symposium. À moitié dénudées, elles arrivaient un peu plus tard dans la soirée accompagnées d’une flûte ou d’un aulos. Très fréquemment, ces mêmes femmes ainsi que des courtisanes devaient participer à des actes érotiques en l’échange d’une protection ou d’argent.

Festivités des symposiums - Cultea
Festivités des symposiums

Les symposiums étaient indubitablement des événements incontournables pour les citoyens. Qui plus est, la transmission de la bienséance, de la culture et des valeurs de la citoyenneté passait par ce biais. Seule l’élite de la population grecque y avait accès et cela fait donc des symposiums de forts marqueurs identitaires pour l’époque. Ainsi, l’échelle sociale s’accentuait par une privatisation de l’éducation et du pouvoir par les rares citoyens athéniens. De cette façon, bien que l’élite sociale fût mince sur la totalité de la population, un puissant sentiment d’appartenance les liait. Les poètes, philosophes et autres savants se laissaient aller aux plaisirs simples dignes d’une philosophie épicurienne.

 

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