D’où vient « L’hymne des femmes » ?

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Si vous avez été une fois dans votre vie dans une manifestation féministe, vous avez obligatoirement entendu cet hymne, sans forcément en connaître son sens, ni son origine. Cultea revient sur le chant féministe français le plus connu : l’Hymne des femmes.

On rencontre parfois aussi l’Hymne des femmes désigné comme l’Hymne du MLF, pour Mouvement de Libération des Femmes, un mouvement féministe français né dans les années 1970. Non mixte, il rassemble des femmes qui revendiquent leur droit à disposer de leur corps et militent contre une société patriarcale.

Un soir de printemps 1971, Monique Wittig, l’une des fondatrices du MLF, convie une dizaine de femmes du mouvement dans son appartement. L’ambiance est à la rigolade, les jeunes femmes sont assises par terre. Comme lors de leurs nombreuses réunions, elles cherchent à faire bouger les lignes. Avant les manifestations qu’elles organisaient, elles inventaient des chansons. C’est sympa, entêtant et joyeux mais aussi percutant.

La chanson qui reste

Mais ce soir-là, ce n’est pas une chanson qui est inventée, mais bien LA chanson. Celle qui va devenir l’hymne du mouvement et traverser les époques. C’est Josée Contreras qui a l’idée de reprendre le Chant des Marais :

« J’aimais bien cet air ! Je l’avais appris en colo quand j’étais ado. C’est un chant qui a été composé en 1933 par des déportés politiques antinazis et juifs, dans un camp d’internement allemand. Et plus tard, on l’a chanté pendant la guerre d’Espagne. Et puis voilà, c’est un air facile à retenir. »

Pour que l’hymne sorte des murs de l’appartement de Monique Wittig et soit repris en manifestations, il faut le diffuser. Pour cela, les femmes du MLF ont leur petite idée : Le Torchon brûle, un journal écrit par les militantes du MLF. L’Hymne des femmes paraît dans le troisième numéro, en février 1972.

En 1979, Antoinette Fouque, qui était déjà de la partie lors de la création de l’hymne, décide d’ajouter un nouveau couplet :

 « Nous ne sommes plus esclaves, nous n’avons plus d’entraves, dansons ! »

Un hymne toujours entonné

Bien que cet air ait été l’emblème d’un mouvement, il s’est essoufflé avec celui-ci. Pendant longtemps, on n’a plus entendu l’hymne du MLF, excepté dans les manifestations féministes où certaines femmes faisaient perdurer l’héritage du mouvement.

Mais en 2018, deux jours avant la journée internationale contre les violences faites aux femmes qui a lieu le 25 novembre, une quarantaine de chanteuses se regroupent pour enregistrer de nouveau le morceau à l’occasion de cette journée. Cela permet de lui redonner une visibilité et de le remettre sur le devant de la scène.

Le 11 juin 2019, c’est dans un lieu inattendu qu’il retentit de nouveau. Le stade Roazhon Park de Rennes accueille ce jour-là un match de la Coupe du monde féminine de football. Organisé par la compagnie Dicilà, 600 personnes, dont une majorité de femmes, chantent l’hymne du MLF. L’initiative est de faire rentrer cet hymne féministe dans un stade, lieu habituellement occupé par les hommes.

D’autres chants sont devenus des symboles des luttes féministes. Le 25 nombre 2019 au Chili, les femmes du collectif « Las Tesis » chante « Un violeur sur ton chemin ». Ce chant dénonce les violences que subissent les femmes et la société patriarcale. Il est rapidement repris partout dans le monde et traduit dans de nombreuses langues.

 

Sources :

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Berangere Duquenne

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