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« Les animaux fantastiques » : les sorciers de retour en force ! [critique]

"Les animaux fantastiques" : les sorciers de retour en force ! [critique]

Ils sont de retour, ils sont à New-York et ils sont accompagnés par de nombreuses créatures insolites… Il s’agit bien évidemment des sorcières et sorciers ! Ce mercredi sort le très attendu film de David Yates : Les animaux fantastiques, se déroulant dans le monde magique d’Harry Potter. Et malgré un projet qui paraissait bancal, J-K Rowling et David Yates nous offrent une expérience aussi délectable qu’originale.

Synopsis : New-York 1926. Norbert Dragonneau débarque avec une valise remplie de créatures magiques. Très vite repéré par la communauté des sorciers des États-Unis, les choses dégénèrent et plusieurs de ses animaux se retrouvent dans la nature. Avec l’aide de deux sorcières new-yorkaises et d’un non-mage, Dragonneau part à la recherche de ses compagnons magiques. Mais tandis que ses investigations avancent, celui-ci se voit confronté à une menace magique mystérieuse ainsi qu’à différents ennemis, aussi bien sorciers que non-mages…

Les animaux fantastiques : pari risqué mais tenu :

Admettons-le, avant de découvrir les premières images de ce projet, celui-ci paraissait pour le moins bancal. Et pour cause : comment adapter un petit recueil de créatures fantastiques en véritable histoire s’inscrivant dans le monde magique d’Harry Potter ?

Pourtant, force est de constater que le travail fourni par l’équipe du film est non seulement colossal, mais également très efficace. L’histoire en elle-même est très bien construite. S’inscrivant à merveille dans l’univers d’Harry Potter, celle-ci réussit l’exploit de nous faire retrouver le monde du sorcier à lunettes, tout en nous faisant découvrir énormément de nouveaux aspects. Toujours marqué par l’humour, le film ne s’empêche cependant pas d’être mature. Écrit par J-K Rowling (est-il besoin de la présenter ?), le scénario semble avoir conscience que le public ayant grandi avec Harry Potter est désormais adulte et qu’il n’a pas peur de la maturité. Les animaux fantastiques est donc un film qui ne se gêne pas pour nous présenter un monde marqué par l’ombre et la violence, malgré tout ce qu’on y trouve de merveilleux.

La découverte de cette nouvelle face du monde des sorciers est particulièrement bien amenée. Jouant sur notre connaissance du monde d’Harry Potter, Yates et Rowling ne se reposent cependant pas sur leurs lauriers. Ils nous offrent ainsi un univers rempli d’inconnu et nous rappellent que nous avons encore beaucoup à apprendre sur lui. Il aurait cependant été bon de développer un petit peu plus les relations entre humains et non-mages, car cela est réellement abordé pour la première fois au sein de l’intrigue principale et nous restons un petit peu sur notre faim. Espérons donc que cela soit plus développé dans les suites.

Niveau mise en scène, quelle claque ! David Yates n’a non seulement rien perdu de son talent de réalisateur, mais plus encore : il a fait des progrès. S’adonnant à des plans virtuoses, jouant avec les décors et la 3D, celui-ci parvient à nous faire retourner dans le monde des sorciers dès les premières secondes, notamment via le gimmick bien connu des transitions par les journaux magiques (démocratisées par le réalisateur dans l’Ordre du Phoenix). La 3D est intelligemment utilisée pour l’immersion dans le monde des sorciers. Les exercices de style fournis par Yates nous démontrent ainsi à quel point cet outil peut être pertinent artistiquement et vecteur d’originalité pour la mise en scène. Cela ne l’a cependant pas empêché de nous balancer quelque pavés 3D en pleine figure à grands coups de scènes à sensations. Utilisation plus classique de la 3D mais qui n’entache en rien le plaisir procuré par le film.

Les premières phases d’un prequel :

Il fallait s’en douter : Les animaux fantastiques ne sera pas le dernier film se passant dans le monde des sorciers. En effet, celui-ci pose les bases scénaristiques d’une nouvelle saga, tout en nous présentant les personnages qui la composeront. Personnages que nous avons d’ores et déjà hâte de retrouver tant ce petit groupe est attachant.

Eddie Redmayne (oscarisé pour Une merveilleuse histoire du temps) nous offre un Norbert Dragonneau très attachant de par sa timidité, sa sympathie et son amour pour ses animaux. Le Moldu incarné par Dan Fogler est également un sympathique personnage. Celui-ci est hilarant en toutes circonstances mais ne tombe pas dans le cliché du « gentil idiot inutile ». Il représente plutôt le non-mage lambda, dépassé par les événements qui l’entourent mais prêt à tout pour aider ses compagnons. Les sœurs sorcières Tina (Katherine Waterson) et Queenie (Alison Sudol) sont également deux femmes aussi atypiques qu’attachantes. Tina, dans son rôle de femme forte et fragile forme un parfait duo avec Norbert. Quant à Queenie, son caractère de charmeuse charmée par un non-mage la rend incroyablement mignonne, sans pour autant délaisser son côté chipie.

On constate donc que s’agissant du monde des sorciers et de l’écriture de ses personnages, J-K Rowling n’a rien perdu de son talent de raconteuse d’histoires, ce qui donne particulièrement confiance pour la suite. Et c’est là que nous entrons en ZONE SPOILER. Donc : Fuyez pauvres fous ! Ne revenez qu’après avoir vu le film.

La petite surprise au casting est évidemment la révélation de Johnny Depp en Grindelwald au dénouement du film. Si nous savions que Johnny Depp tiendrait le rôle du dangereux sorcier dans le prochain opus, nous ne nous attendions pas à ce que que ce dernier soit déjà en train de nous duper dans cette histoire de par son usurpation au sein du Ministère de la magie américain (en tant que personnage de Colin Farrell). Nous retrouvons également les fameux symboles des reliques de la mort, déjà présents à la fin de la saga Harry Potter. S’il n’est présent que de manière anodine dans ce nouvel opus, il est très probable que celui-ci ait plus d’importance dans les suites. Après tout, Grindelwald est introduit et Dumbledore ne devrait pas tarder à se faire voir. Nous risquons donc d’assister à une croisade pour rassembler les reliques de la mort en parallèle des aventures avec les animaux fantastiques. Et si nous sommes chanceux, cette croisade s’achèvera sur le combat épique opposant ces deux sorciers légendaires, combat déjà évoqué dans les aventures d’Harry Potter.

Les animaux fantastiques est donc un concentré de pur bonheur, de nostalgie et d’originalité. Celui-ci réussit le pari d’être innovant tout en construisant un prequel à la saga Harry Potter. Espérons donc que Yates et Rowling nous fourniront des suites à la hauteur de cette réalisation. 

Les Animaux Fantastiques – Bande-annonce

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Robin Uzan

Journaliste, photographe et réalisateur indépendant, écrire et gérer Cultea est un immense plaisir et une de mes plus grandes fiertés.
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