La tragédie de l’Italian Hall, la fête de Noël qui a tourné au désastre !

La tragédie de l'Italian Hall, la fête de Noël qui a tourné au carnage général !

Si l’esprit des fêtes est souvent associé au réconfort et à l’esprit de partage, il est parfois synonyme de mort, deuil et massacre historique. Revenons aujourd’hui sur le récit d’un réveillon bien sombre : la tragédie de l’Italian Hall.

Un climat tendu

C’est au village de Calumet, dans le Michigan, qu’eut sans doute lieu l’une des fêtes de Noël les moins conventionnelles de l’histoire. L’économie locale de Calumet est en 1913 largement tournée vers l’exploitation des mines de cuivre employant près de 15 000 personnes. Cependant, les conditions de travail des mineurs et employés ne cessent de provoquer des débats. Beaucoup réclament en effet de meilleurs traitements de la part de leurs superviseurs.

Les tensions entre travailleurs et patrons dans l’industrie du cuivre créèrent moult tensions à Calumet.

Ces divergences ne tardent pas à provoquer une importante grève dans tout le village. Soutenu par le WFM (Western Federation of Miners), le mouvement gréviste compte alors plus de 9 000 membres à son actif. De juillet 1913 à avril 1914, la grève perdure. Cependant, elle fut fortement marquée par un tragique événement, le 24 décembre 1913.

Un Noël plein de panique et d’incompréhension

Alors que la grève se poursuit et que les tensions s’accumulent à Calumet, les mineurs grévistes décident d’organiser une fête de Noël avec la participation du WFM. Les célébrations ont lieu dans un vaste lieu de réunion connu sous le nom d’Italian Hall. Avec plus de 400 convives réunis, les conversations et échanges vont bon train. Cependant, lorsque une personne parmi la foule crie au feu, une panique sans précédent s’empare de l’assemblée. Aussitôt, tous les invités tentent de se ruer en même temps vers les sorties principales. Beaucoup négligeront d’emprunter les échappatoires de secours, difficilement repérables.

Le bâtiment va devenir le lieu d’une panique sans précédent.

Les convives paniqués forment un gigantesque mouvement de foule qui emporte dans son passage un nombre fou de malheureux. Beaucoup sont piétinés ou écrasés contre le sol, les murs, les portes, le large escalier du hall… Alors qu’aucun effluve de fumée ne s’échappe du bâtiment. Le chaos général ne prend fin qu’une fois que la mêlée a terminé son évacuation infernale vers l’extérieur des locaux. Le feu tant redouté ne montre pas le bout de son nez.

Un carnage humain toujours entouré de mystère

Le bilan du mouvement de foule est alors sans appel : 73 victimes sont décédées lors de ce réveillon infernal. Les cadavres se comptent par dizaines, en grande majorité à des enfants. Le village de Calumet connaîtra quant à lui un deuil sans précédent, accompagné de nombreuses cérémonies funéraires.

Cet événement participe aussi à réanimer les tensions entre grévistes et représentants du patronat. De nombreuses rumeurs et affirmations désignent l’auteur de l’alerte au feu fatidique comme un faussaire envoyé par les ennemis des grévistes. La WFM soutiendra même plusieurs de ces affirmations, mais cela n’empêchera pas à la grève des mineurs de Calumet de prendre fin en avril 1914.

Encore aujourd’hui, l’identité de l’individu à l’origine de cette panique mortelle est toujours inconnue. De plus, les témoignages confus des survivants du drame n’aidèrent pas vraiment les autorités à résoudre ce mystère. Au final, des années plus tard, l’Italian Hall désormais célèbre sera démoli en 1984, ne laissant au monde qu’une de ses portes symboliques accompagnée d’une stèle commémorative.

L'une des portes de l'Italian Hall trône toujours à Calumet, juste à côté d'une stèle dédiée aux victimes.
L’une des portes de l’Italian Hall trône toujours à Calumet, juste à côté d’une stèle dédiée aux victimes.

Le réveillon de Noël aura finalement permis à tout un village de constater la puissance de l’individualisme et de l’instinct de survie, capables de s’emparer de chacun de nous dans des situations exceptionnelles ! 

 

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