La corrida : petite protégée des Espagnols

La corrida : petite protégée des Espagnols

La corrida, véritable spectacle et sujet à la controverse, est une institution en Espagne. Chaque année, il y a près de 1800 corridas organisées dans le pays. Retour sur l’histoire de la discipline et son fonctionnement.

La Corrida à travers le temps

Personne ne semble être capable de dater précisément les origines des corridas et de la tauromachie. En Crète, des fresques qui illustrent des jeux avec des taureaux remontent au deuxième millénaire avant J-C.

De nombreuses peintures préhistoriques représentant des taureaux, ou aurochs, ont été trouvés en Espagne. Ces aurochs existaient aussi notamment sur les îles britanniques, en Pologne ou Lituanie. Plus tard, les Romains ont probablement utilisé les taureaux pour les jeux du cirque.

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Les aurochs, reconnaissables à leurs cornes.

En Espagne, après l’invasion musulmane de 711, les Maures et chrétiens rivalisaient dans l’art d’affronter les taureaux. Une légende attribue au Cid Campeador, Rodrigo de Bivar, la victoire de ce dernier face à une « bête énorme ». Cette bête mit en déroute les hommes du gouverneur arabe de la forteresse de Madrid au milieu du 11ème siècle.

C’est à partir du 16ème siècle que nous arrivons à disposer d’une certaine masse de documents attestant de célébrations avec des taureaux. Ces célébrations ont lieu lors de naissances, mariages royaux, victoires militaires ou retour du roi dans sa ville. Des événements comme le mariage de Philippe II avec Marie Tudor en 1554 ou la naissance de Balthasar Carlos en 1632 ont vu l’organisation de ce genre de spectacles.

C’est au 18ème siècle que la corrida a émergé. À l’époque, l’aristocratie pratique majoritairement la discipline avant de la délaisser. Ensuite, le peuple se l’est appropriée. Elle devient alors une vraie tradition populaire en Espagne. C’est durant le même siècle qu’on construit des espaces pour accueillir ces duels : les arènes.

Le principe de la corrida

La corrida, ou tauromachie, est une course et un combat durant lequel un matador affronte un taureau dans une arène. Ce duel aux règles très précises, fini souvent par la mise à mort de l’animal.

La discipline est une véritable institution en Espagne et dans de nombreux pays hispanophones. La Corrida est aussi populaire au Portugal et dans le sud de la France. Au Portugal, le torero lutte contre le taureau à cheval et il est interdit de le tuer.

Pour les corridas, les taureaux choisis sont des bêtes de combat qui viennent d’Europe et qui sont élevées spécialement pour leurs confrontations contre les toreros. Les taureaux de corridas doivent avoir 4 ans et peser un minimum de 460 kilogrammes.

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La corrida populair en Espagne, au Portugal et dans le sud de la France.

Beaucoup de toreros adoptent la corrida d’un point de vue philosophique. Ils voient la discipline comme une sorte de pièce morale, une représentation du monde dans son ensemble. La corrida classique est souvent qualifiée de sport. Cependant, la corrida est spectacle pour les acteurs et spectateurs. Dans ce spectacle, la technique passe avant la victoire. Certains amateurs de corrida la voient sous une forme artistique, une sorte de ballet.

Traditionnellement, 6 taureaux affrontent 3 toreros dans une corrida. Un matador lutte contre deux taureaux. Le combat « mano a mano » est une variante de la discipline. Elle consiste en un duel entre deux matadors qui tuent chacun deux ou trois taureaux.

La controverse

Au pays du taureau, la corrida est légale et légiférée par un décret royal. Cependant, ces dernières années, deux communautés autonomes ont décidé de l’interdire. Tout d’abord les îles Canaries en 1991, puis la Catalogne en 2012.

Chaque année, la corrida fait couler beaucoup d’encre. Elle est l’un des spectacles les plus sujet à la controverse. Déjà auparavant, le clergé critiquait la tauromachie, qualifiée de dégradante pour l’éthique du travail. Elle éloignait aussi le public de la prière et de l’église.

Aujourd’hui, la discipline est majoritairement considérée comme un spectacle barbare et pervers. Pour d’autres, le spectacle tire ses origines d’une culture de masse qui apprécie uniquement « le pain et les jeux ».

Bien sûr, la souffrance et la torture de l’animal sont aussi mises en cause. En plus de celle de l’animal, la vie du torero est mise en danger. Et certains le soulignent. À la fin de la corrida, le taureau mourra, et en plus de ça l’homme face à lui court un terrible danger.

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La corrida finit par la mise à mort du taureau.

Certains soulignent qu’elle fait l’objet d’une véritable industrie qui emploie des milliers de personnes dans le monde. Elle représenterait une source importante de revenus pour de multiples fondations privées, comme le business des jeux d’argent et des loteries dans d’autres pays. Ces organisations, aident donc à la banalisation de la violence contre les animaux.

En Espagne, ce sont chaque année 1800 corridas qui sont organisées. Au Portugal, on en dénombre 170, et 70 en France. La corrida, avec 6 millions de spectateurs à l’année, est aussi le deuxième spectacle de masse du pays juste après le football. En effet, 40 000 taureaux sont tués chaque année en Europe pour la discipline. Dans le monde, ce chiffre s’élève à 250 000.

Sources

Universalis.fr – CORRIDA

L’Histoire – Pourquoi l’Espagne a inventé la corrida

Vice – Pourquoi les Espagnols apprécient toujours la corrida

Major-prepa – L’essentiel sur la corrida en 10 bullet points

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