Au sein d’un marché occidental qui se cherche depuis ces dernières années, la franchise Hitman reste elle à son plus haut. Après avoir fêté ses 25 ans d’existence en octobre, le dernier jeu vidéo en date, Hitman III, passe le cap des 5 années de longévité en proposant un suivi régulier et des centaines d’heures de jeu dans un terrain de jeu grandeur nature. Retour sur l’aboutissement d’une légende du jeu vidéo avec Hitman World of Assassination.
La campagne, parcours initiatique
Hitman World of Assassination regroupe en son sein la trilogie débutée en 2016 sous l’égide de Square Enix et qui s’est terminée en 2021 sous le contrôle créatif total du studio-mère IO Interactive suite à des différends avec l’ancien éditeur. Le jeu propose ainsi le contenu de trois jeux différents en y incorporant les mécaniques de gameplay du dernier jeu en date. C’est logiquement par le biais de sa campagne principale que le joueur est invité à découvrir le monde dans lequel est plongé l’agent 47 pour dévoiler l’entièreté de ses talents et de sa froideur d’assassin.
Même si la trilogie prend en compte le passé vidéoludique du personnage, l’histoire principale peut se suivre facilement pour les néophytes du genre. Autant le dire tout de suite, ce n’est pas pour son histoire que la trilogie brille avec un certain classicisme dans sa mise en scène et un récit qui intrigue mais qui ne réussit pas à nous emporter suffisamment. De toute façon, le génie vient d’ailleurs.

Hitman World of Assassination décide de reprendre la forme des premiers Hitman après la proposition radicale et très prononcée de Hitman Absolution qui amenait l’agent 47 vers une aventure plus narrative et tournée vers l’action. Cette décision audacieuse avait divisé les fans de la première heure mais avait également amené une nouvelle génération de joueurs. Avec la trilogie, les développeurs décident donc de revenir aux bases qui avaient embarqué les joueurs de l’ère PS2 dans l’aventure.
La campagne s’axe donc ses chapitres autour de différentes destinations, de Miami à Hokkaido. Après la première phase d’introduction qui montre une partie du potentiel offert par le jeu, c’est réellement avec son premier lieu majeur, Paris, que la trilogie montre tout ce qu’elle a à offrir. Un lieu, une ou plusieurs cibles et un agent pour compléter la mission. Au joueur maintenant de faire son choix pour la réussir. C’est là où la trilogie montre toute sa maestria.

Un monde qui s’offre à nous
C’est au joueur de choisir comment et par quels moyens finir la mission. Il y a évidemment quelques indices disséminés dans le menu du jeu et sur la carte qui nous indiquent comment l’assassinat pourrait être opéré mais rien ne nous pousse à le faire de cette manière. C’est ainsi que l’on peut aussi bien devenir une arme de destruction massive en liquidant tous ceux qui se dressent sur notre passage ou se cacher dans l’ombre, avec ou sans déguisement, et finir par éliminer discrètement les cibles désignées.
C’est bien sûr par ce biais que le jeu nous incite à l’aborder. Le sentiment de complétion est d’autant plus exacerbé quand le plan se déroule à la perfection et que la musique monte crescendo au fur et à mesure qu’on se rapproche du point d’extraction. Néanmoins, la campagne n’est qu’un début et la sensation de rejouabilité commence à pointer le bout de son nez.

Effectivement, la campagne n’est pas extrêmement longue si on décide de la faire en ligne droite. Il n’empêche que l’envie d’en découvrir toujours plus se fait ressentir si on adhère à la proposition. Toutes les manières et les possibilités offertes par chaque lieu nous poussent peu à peu à nous plonger au sein d’une mécanique bien huilée. On se met à connaître un peu plus chaque carte en ayant en tête l’emplacement des différents objets clés et autres outils nécessaires afin d’avancer plus facilement dans les pièces du niveau.
Le jeu devient ainsi un puits sans fond qui reste jouissif à compléter pour tout perfectionniste. Et entendre l’agent 47 réagir ou discuter pendant chacune des interactions insolites des lieux visités reste un plaisir non dissimulé, aidé par le charisme inimitable du comédien David Bateson, voix et modèle du chauve le plus énigmatique des jeux vidéo.
Hitman World of Assassination est également un voyage aux quatre coins du globe. Chaque destination offre une plongée dans un monde propre et au fil des destinations, le Glacier Engine, moteur des trois jeux compilés dans cette trilogie, finit par nous y immerger. Que ce soit la chaleur italienne, l’agencement typique des banlieues nord-américaines ou encore les couleurs néon de la ville-montagne chinoise, c’est toujours un plaisir de retourner vers ces destinations. Néanmoins, cette qualité ne se ressent pas sur toutes les cartes et certaines ne possèdent pas même le niveau de finition. On finira ainsi par avoir ses lieux préférés qui influeront certainement nos choix dans les différents modes proposés.

Ce n’est qu’un début
Au fil du temps et des mises à jour, Hitman World of Assassination s’est tourné vers d’autres modes de jeu reprenant les codes offerts par sa campagne principale. Il y a tout d’abord le mode arcade, soutenu par les développeurs mais également par la communauté toujours active du jeu. Dans ce mode de jeu, on sélectionne n’importe quelle cible à abattre sur la carte d’une destination choisie mais également le choix de la méthode utilisée.
On peut ensuite le partager avec le reste des joueurs pour connaître celui qui obtiendra le score le plus important pour s’affirmer en tant qu’agent ultime. Comme souvent avec les modes s’appuyant sur la communauté d’un jeu ou d’une franchise, cela assure une longévité riche et dense à l’œuvre en question.
La catégorie consacrée aux cibles fugitives amène un défi bienvenu même si cela provoque parfois une certaine frustration. Son principe est clair : la cible apparaît durant une période limitée et si jamais le joueur est éliminé durant la mission, la cible disparaît. La planification devient ainsi le maître-mot et les objets que l’on a acquis au fil des différentes missions sont primordiaux pour la réussite de l’objectif. Ce mode de jeu s’est souvent vu décrié dans son format de défi défini dans le temps. Cela érode quelque peu l’esprit de rejouabilité mais offre tout de même un stress et une pression décuplés et rien que cette idée vaut la peine de s’y essayer.

Le mode Freelancer offre un cran accru dans la difficulté offerte par le jeu. Il est basé autour du rogue-lite, c’est-à-dire qu’en enchaînant les différentes missions, on se voit débloquer du nouveau matériel pour nous aider dans les différentes tâches à venir. L’ensemble se complexifie au fur et à mesure et la mort devient définitive en nous faisant revenir au début du niveau avec en prime la perte d’une partie du matériel débloqué.
L’attention au moindre détail en est ainsi décuplée et la peur de tout perdre augmente à chaque passage de palier. Le retour de la planque, déjà visitée dans les premiers jeux de la franchise, amène une touche particulière au mode Freelancer et nous motive même à aller plus loin.
2018 marque un tournant pour l’avenir de la série avec l’arrivée d’une célébrité réelle au sein de la franchise. Sean Bean devient une cible fugitive sous les traits de Mark Faba, nommé le Revenant, au cours d’une mission située à Miami. Suite à ce succès, ce genre de proposition prendra de l’ampleur jusqu’à devenir aujourd’hui le contenu mis le plus en avant à chaque mise à jour mensuelle. Cependant, ce genre d’initiative fait ressortir les réserves quant à la qualité de l’ensemble et de son modèle économique.

IOI a, depuis quelques années, souvent été critiqué par la communauté par rapport à ses décisions tarifaires, que ce soit au niveau du prix des éditions, du retrait des anciens jeux au profit de la trilogie et au détriment de ce que possédaient déjà les joueurs ainsi que des cosmétiques liés aux cibles fugitives précités. La qualité globale varie fortement en fonction des différentes nouveautés. On passe ainsi du Chiffre de Casino Royale, le premier film James Bond avec Daniel Craig, au personnage fictif d’Eminem, Slim Shady.
Si le personnage de Mads Mikkelsen ou de Sean Bean s’inscrit pleinement dans l’ADN de ce World of Assassination, on sera plus réservé pour le cas de Slim Shady. L’aspect gratuit certes limité dans le temps ne nous empêche pas de découvrir pleinement ce que IO Interactive a à nous offrir au sein d’un titre vieux de cinq ans avec un suivi très actif.
Hitman World of Assassination reste un incontournable du jeu vidéo et un genre à part entière. Son aspect lorgnant sur le puzzle-game possède une richesse dense et profonde avec une mécanique de gameplay pensée avec brio. Malgré des choix économiques parfois douteux, cette trilogie reste encore aujourd’hui le fer de lance du studio IOI et les premiers mises à jour annoncées n’ont pas fini de nous immerger dans le monde froid et glaçant de l’agent 47.
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