Œuvre phare du cinéma de la révolution soviétique, Le cuirassé Potemkine, réalisé en 1925 par Sergueï Eisenstein est un film référence de ce mouvement. Un film qui témoigne de l’effervescence et de la variété artistique qu’a connu le cinéma dès ses débuts.
Un emblème du bolchevisme
Le cuirassé Potemkine est la reconstitution théâtralisée d’une mutinerie de 1905. La base de ce film devenu le représentant d’une nouvelle forme de cinéma et d’une idéologie qui a défié l’hégémonie de l’impérialisme capitaliste. L’État soviétique décide de se servir du cinéma comme instrument de propagande mais les cinéastes, durant la période de la nouvelle politique économique, peuvent produire des films qui ne suivent pas à la lettre la ligne du parti communiste.
Le film fut très longtemps interdit dans de nombreux pays occidentaux pour cause de propagande bolchevique et d’incitation à la violence de classe. Il est considéré comme l’un des plus grands films de propagande de tous les temps.
Ainsi, après le succès de La grève, qui utilise le style radical du montage de l’école soviétique cinématographique conférant le sens aux plans lorsqu’ils sont montés dans un ordre bien précis, Sergueï Eisenstein (1989-1948) est chargé de produire un film pour célébrer le vingtième anniversaire de la révolution russe de 1905.

Le cuirassé Potemkine, œuvre majeur de Eisenstein
Eisenstein est limité par le temps et l’argent et n’a gardé qu’une seule partie du récit sur les huit originales : la révolte sur le cuirassé Potemkine. Composé de cinq chapitres, le film retrace la politisation de l’équipage du navire, sa rébellion contre la classe des officiers et la mort de son chef, puis l’accueil des habitants d’Odessa, le massacre de civils innocents par les soldats cosaques qui a suivi et comment la mutinerie du Potemkine a encouragé d’autres soldats à se rebeller.
Un épisode de la Révolution russe de 1905 : l’équipage d’un cuirassé, brimé par ses officiers, se mutine et prend le contrôle du navire. Arrivés à Odessa, les marins sympathisent avec les habitants qui se font brutalement réprimer par l’armée tsariste…
La clé du film, et l’exemple le plus célèbre du travail éditorial d’Eisenstein, est le massacre de l’escalier. En entrecoupant des soldats qui marchent et des habitants innocents de la ville, Eisenstein transforme le suspens en horreur, en angoisse et en indignation, offrant un puissant exemple de la force du film comme outil de propagande.

Une influence qui se perpétue dans le temps
Le cuirassé Potemkine est un des films les plus influents de l’histoire du cinéma, autant sur le plan esthétique que politique et dont la portée dépasse largement la Russie des années 1920. D’abord, le film a révolutionné la manière de penser le montage. Le cuirassé Potemkine arrive après plusieurs expérimentations théâtrales de son réalisateur et après la nouvelle forme visuelle propre au cinéma soviétique synthétisée dans L’homme à la caméra. Le rendu, inédit pour l’époque, chamboule les codes et la narration du montage.
Ensuite, le film est un véritable étendard de la politique soviétique de cette époque. Contrairement aux films hollywoodiens qui représentent le plus souvent un héros, seul contre tous, Le cuirassé Potemkine raconte l’histoire collective d’un équipage. Ce cinéma collectif et engagé est l’antithèse du cinéma impérialiste capitaliste, dont les codes sont d’ailleurs toujours les mêmes de nos jours. Le film a véritablement laissé une empreinte indélébile dans l’imaginaire visuel mondial et certaines scènes sont devenues cultes.
Ainsi, on peut trouver trace de son influence aussi bien dans les expérimentations de Godard que dans des blockbusters hollywoodiens, avec par exemple Brian de Palma qui reprend la scène du landau dans les incorruptibles en 1987.
Et que ce soit par les thèmes qu’il explore, par son montage ou par sa narration, Le cuirassé Potemkine, chef-d’œuvre intemporel, est la quintessence du cinéma révolutionnaire soviétique et marque une date fondamentale dans l’évolution du septième art.
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Sources :

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