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Elizabeth II : une accession au trône inattendue

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La reine Elizabeth II vient de fêter son jubilé de platine pour ses 70 ans de règne. Un record de longévité que très peu, dont Louis XIV, ont dépassé dans l’histoire. Mais Elizabeth II était-elle vraiment l’héritière logique ?

Troisième prétendante

Elizabeth naît en 1926 de l’union d’Elizabeth Bowes-Lyon et de George VI. Ce dernier n’est pas le premier héritier présomptif. Il a en effet un frère aîné, Édouard VIII. La lignée royale devrait normalement passer par Édouard, comme le veulent les règles de succession. George VI n’a que peu de chances d’accéder au trône, ou alors bien tardivement. En attendant, il vit à Picadilly une vie abritée des regards, avec sa femme et ses deux filles.

C’est dans ce contexte qu’Elizabeth grandit, sans avoir la pression de devoir un jour monter sur le trône. Elle vaque à ses occupations : jardinage, balade avec ses fameux chiens, courses hippiques. La future reine devient même experte dans ce dernier domaine. Passionnée de chevaux depuis l’âge de quatre ans, elle étoffe son écurie au fil de sa vie. Selon son entraîneur, elle est une experte du sujet.

Édouard VIII, roi d’Angleterre ?

À la mort de son père (George V) début 1936, Édouard VIII monte logiquement sur le trône. Mais il ne remplit pas toutes les qualités du souverain lui assurant une descendance pérenne, car il tarde à se marier et n’a pas d’enfant. Il entretient cependant une relation avec l’Américaine Wallis Simpson. Il sait qu’il ne peut pas l’épouser et faire d’elle la princesse consort d’Angleterre, car c’est une femme divorcée deux fois, dont les ex-maris sont toujours vivants.

Édouard VIII, éperdument amoureux, renonce au trône. La veille de son abdication, Édouard rejoint sa mère à Londres :

« Quand je lui ai dit ce qu’il s’était passé, j’ai craqué et fondu en larmes comme un enfant. »

Le 11 décembre 1936, le souverain abdique au bout de seulement 10 mois de règne. George VI, « le roi bègue », prend la succession. La jeune Elizabeth est désormais dans la file d’attente au trône d’Angleterre.

Édouard VIII et Wallis Simpson

À la fin de la guerre

Elizabeth a décidé d’aider son pays pour la guerre. Si elle n’avait que 14 ans lorsque celle-ci a éclaté, elle atteint la majorité vers la fin du conflit. Devenue mécanicienne et conductrice d’ambulance, elle participe à l’effort du peuple anglais lors de la Seconde Guerre mondiale. Lorsque les nazis capitulent, elle descend dans la rue avec sa sœur Margaret pour ressentir la liesse populaire.

En 1947, elle se marie avec Philip Mountbatten, né Philippe de Grèce, avec qui elle aura l’actuel héritier présomptif Charles, puis Anne, Andrew et Edward. Philip, décédé il y a peu, aura partagé la tête du pays avec Elizabeth II pendant 69 ans.

Un couronnement haut en couleur

George VI meurt le 6 février 1952. Enfin, Elizabeth II va monter sur le trône. Le 2 juin de l’année suivante, l’archevêque de Cantorbéry, plus haut représentant ecclésiastique du pays (derrière le souverain), place la couronne de saint Édouard sur sa tête. Sertie de plus de 444 pierres précieuses, elle n’est pas à confondre avec la couronne impériale d’apparat, portée dans de grandes occasions mais pas pour les couronnements, qui comporte plus de 2 800 diamants.

Le couronnement est retransmis à la télévision en direct pour la première fois. Le monde entier peut découvrir la cérémonie de la nouvelle monarque britannique, vêtue d’une robe de satin blanc. Si le direct était en noir et blanc, il existe des archives du couronnement qui ont été filmées en couleur.

Alors qu’elle était destinée à une vie paisible de membre subalterne de la famille royale anglaise, Elizabeth II a été propulsée sur le devant de la scène par l’abdication de son oncle et par le décès de son père. En 2015, son règne devient le plus long pour un monarque anglais.

 

Sources :

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