Découvrez Uluru, le massif le plus célèbre d’Australie

Découvrez Uluru, le massif le plus célèbre d'Australie - Cultea

Connu pour sa taille, mais aussi sa couleur, l’inselberg Uluru est l’un des monuments les plus connus de l’Australie, avec l’opéra de Sidney. Retour sur son histoire et sur ce qu’il représente.

Une découverte pas si ancienne

Le monolithe en grès de 348 mètres de haut et de 9,4 kilomètres de circonférence semble être installé dans le nord du territoire australien depuis des millénaires. Pourtant, les colons ne mentionnent sa présence qu’en 1872.

Les Européens arrivent dans le désert occidental australien à partir du début des années 1870. Le but de leur présence est l’installation d’une ligne télégraphique transaustralienne. Lors des explorations, les colons découvrent ce gigantesque rocher. Ils souhaitent alors monter au sommet, mais ne peuvent l’atteindre à cause de la présence d’un lac, le lac Amédée.

Ce n’est qu’en 1873 qu’un explorateur va finalement monter au sommet de ce rocher. Il s’agit de l’explorateur anglais William Christie Gosse. Une fois grimpé, il contemple le paysage et décide de baptiser l’inselberg. Il ne le baptise pas Uluru, mais Ayers Rock. Il s’agit d’une référence au Premier ministre d’Australie-Méridionale de l’époque, Henry Ayers.

De cette découverte naissent naturellement des tensions entre les colons et les aborigènes. Les colons souhaitaient habiter la terre. Une idée impensable pour les aborigènes, qui adoraient cette région qu’ils considéraient comme sacrée. De grands affrontements ont alors eu lieu, comme l’explique Maïa Ponsonnet, maîtresse de conférences à l’université d’Australie :

« Il y a eu des massacres, une guerre de frontières. Les blancs venaient pour exploiter essentiellement les terres. Puis dans les années 1950, les Aborigènes ont été parqués dans des réserves, c’était des années extrêmement difficiles pour les populations locales. »

Un véritable culte voué à Uluru par les aborigènes

Pour les aborigènes, qui ont pour surnom les « Anangu », Uluru n’est pas qu’un simple inselberg. Il s’agit en réalité d’un point qui relève du divin.

Les Anangu pensent qu’Uluru est en réalité une forme du monde façonnée par les êtres qui vivaient à l’époque du « temps du rêve ». Le « temps du rêve » désigne l’ère qui précède la création de la Terre. Pendant cette période, rien n’est matériel. Tout est immatériel et spirituel. Pour eux, la période du « temps du rêve » n’a jamais cessé d’exister. Et c’est au cours de cette période qu’est né le monde que l’on connaît, ainsi qu’Uluru. Voici les propos que présente le département de l’héritage, des arts et de l’environnement du gouvernement australien :

« Le monde était autrefois informe. Aucun des lieux que nous connaissons n’existait jusqu’à ce que des créateurs, sous la forme d’humains, de plantes ou d’animaux, voyagent au travers de la terre. Alors, dans un processus de création et de destruction, ils formèrent les paysages que nous connaissons aujourd’hui. »

On peut toujours entrer en contact avec les esprits. Le but de rentrer en contact avec ces derniers est de déchiffrer le sens des mauvais présages, maladies et autres infortunes.

Les aborigènes pratiquent de nombreuses activités aux pieds d’Uluru. Ils y font des rassemblements, des rituels, mais aussi des cérémonies d’initiation. En revanche, les Anangu refusent de gravir l’inselberg, tant le respect qu’ils lui attribuent est grand.

L’ascension de l’inselberg désormais interdite

Même s’il peut être tentant d’escalader ses 348 mètres de haut, Uluru n’autorise plus aucun touriste à son sommet.

Depuis le 26 octobre 2019, les touristes ne peuvent plus grimper sur l’inselberg. L’interdiction avait été déjà demandée en 2017 par les propriétaires du site, les aborigènes Anangu, qui vénèrent le lieu depuis des dizaines de milliers d’années. Ces derniers ne supportaient plus de voir leur lieu de culte devenir une attraction à divertissement.

Le ministre des Affaires indigènes, Ken Wyatt, avait pris l’affaire très au sérieux. Il avait même comparé l’afflux touristique à « une ruée de gens qui voudraient escalader le Mémorial australien de la guerre » :

« Nos objets sacrés, communauté par communauté, sont d’une importance absolue dans l’histoire de cette nation de peuples. »

De plus, cette interdiction va servir à éviter d’autres drames. En tout, environ 35 personnes ont trouvé la mort en essayant de gravir Uluru.

Même si Uluru ne peut plus être escaladé, il reste le premier lieu touristique d’Australie. La plupart des touristes souhaitent voir ce rocher qui symbolise la connexion entre le passé et le futur, la tradition et la modernité.

 

Sources :

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