Le G-Funk est un courant de musique incontournable du hip-hop américain des années 90. Son style décontracté et popularisé par le groupe Above the Law et Dr. Dre reprend aussi bien les bases du P-Funk de George Clinton et que celui du collectif Parliament Funkadelic. En 1992, The Chronic de Dr. Dre lance le G-funk sur la scène internationale et pose la Californie comme un style de vie à part entière…
Un style musical ensoleillé
New York est devenu depuis la fin des années 70 le bastion du mouvement hip-hop avec Grandmaster Flash et son Message (1979). Elle est un panorama underground extraordinaire, dont le label Def Jam Records a produit certains des plus grands artistes de la scène rap US. Public Enemy, EPMD, 3rd Bass en passant Foxy Brown, le label assure une notoriété à la grosse pomme en matière musicale.
De l’autre côté du territoire américain, un groupe encore inconnu et emmené par un certain Dr. Dre est en train de changer la donne. Avec ses complices, dont un certain Ice Cube, il fonde le groupe N.W.A, et se verra certifié disque d’or, décroché avec 500 000 ventes. Le groupe décrochera le disque de platine, l’équivalent d’un million de titres vendus, avec son album Straight Outta Compton produit chez Ruthless Records.
Dès lors, il faudra autant compter sur Los Angeles que sur New York pour le Rap US. Après quelques EP et l’album Zaggin4efil en 1991, le groupe connaît des tensions et se sépare. Dr. Dre se fait une place avec Suge Knight et devient le responsable artistique d’un des labels les plus importants du rap américain de l’ère G-Funk : Death Row Records.

Death Row Records : Le label incontournable du hip-hop californien
Après son propre album The Chronic, Dr. Dre produit son second succès mondial avec Doggystyle (1993) de Snoop Dogg, puis Dogg Food (1995) de Tha Dogg Pound, groupe emmené par Daz Dillinger et Kurupt. L’univers de Death Row résonne fortement avec celui de Tha Dogg Pound. Death Row a dorénavant une place légitime sur la scène centrale, ce qui attire d’autres rappeurs, comme LBC Crew, Lady of Rage, RBX ou bien encore DJ Quik.
En plus de la production d’albums musicaux, Death Row occupe une place importante dans l’univers de la bande originale de films, à l’ambiance décidément West Coast. En effet, le label commence cette affiliation en 1991 avec la BO du film de Bill Duke, Dernière limite, une sorte de French Connection bis avec en tête d’affiche Laurence Fishburne et Jeff Goldblum. Le film suit le récit classique d’un flic infiltré, d’où le titre Deep Cover en version originale.

La dynamique est lancée. En 1994, les bandes originales de Above the Rim et Murder Was the Case deviennent des succès, affirmant Death Row Records en tant que label incontournable.
L’arrivée de Tupac Shakur offre à Death Row un album qui élèvera le hip-hop à un évènement inédit avec le premier double album de 2Pac, intitulé All eyez on me (1996). Un succès sans précédant dans l’univers du hip-hop avec à l’arrivée une certification disque de diamant, correspondant à un cumul de 10 disques de platine. Néanmoins, le meurtre de Tupac à Las Vegas et d’autres histoires louches liées à la guerre East/West Coast vont provoquer le déclin de l’entreprise crée par Dre et Knight.
West Coast, East Coast… G-Funk is everywhere…
Eazy, Ice Cube et Mc Ren décident de prendre leur propre route. Ice Cube deviendra aussi acteur pour le cinéma, à l’image d’un Ice T. Eazy E produira d’autres artistes, comme Bone Thugs’N’Harmony, BG Knock Out ou encore Dresta sous le label Ruthless Records avant de décéder en 1995. Suite aux soucis au sein de Death Row Records, Dr. Dre décidera de se développer ailleurs.
Il fonde un autre label important du rap US : Aftermath Entertainment. Il lance Eminem, 50 Cent, The Game et bien d’autres vedettes qui auront un écho important dans les années 2000. Dre devient ainsi une des figures musicales et artistiques les plus populaires des Etats-Unis.

Mais on trouve bien d’autres figures au sein de cet univers musical. La scène G-Funk permet à des rappeurs de se faire connaître. Contrairement au rap New-Yorkais qui se revendique plus politique, le rap de Dr Dre cherche une plus grande ouverture à l’audience, notamment avec Warren G qui sera très certainement le rappeur le plus ouvert internationalement. Il réalise un album mythique avec Regulate… G Funk Era (1994) chez Def Jam Records, qui sauvera d’ailleurs Def Jam de la faillite.
Le courant G-Funk prend de telles proportions que les maisons s’accaparent le style initié par Dre. Apres s’être fait refuser son entrée chez Death Row à l’époque de Doggystyle, Warren G frappe fort. L’album est un succès international et la chanson So many ways se retrouve dans la compilation du blockbuster Bad Boys de Michael Bay en 1995.

Une multitude d’artistes pour un style toujours plébiscité
Dans le G-Funk, on retrouve également des artistes underground : Frost, South Central Cartel, le duo BG Knocc Out et Dresta, Bone Thugs’n’Harmony. A noter que les deux derniers cités sont produits par Eazy-E, devenu ennemi juré de Death Row avec son label Ruthless Records.
Tous ces artistes ainsi que Mad CJ Mac, Tweedy Bird Loc ou encore Fo’ Clips, pour ne citer qu’eux, proposent leur propre style. Le G-funk propose aussi bien des mélodies voluptueuses aux sonorités ensoleillées que du Gangsta rap hardcore, ce qui en fait toute sa force.
Le genre s’étend également sur la Bay Area, du côté d’Oakland et de San Francisco. On y retrouve Spice 1, E-40, RBL Posse, Unda Sett, 11-5, Mr Ill et bien d’autres, tant la liste est bien trop longue pour tous les citer. De l’autre côté de la frontière, on retrouve aussi une inspiration G-Gunk avec un ton revisité par le biais de Control Machete, Akwid et Cartel de Santa.
Le G-Funk a marqué la planète entière en s’exportant partout et même chez nous en France avec des groupes comme Alliance Ethnik. Le style enivré s’étend du nord au sud et de l’est à l’ouest. Un genre qui est encore habité actuellement par des artistes de Detroit comme Eddy Rebel ou bien encore dans des sonorités plus mexicaine avec Lil Rob M. Capone E, Mr Criminal.
Addictif, séduisant et envoûtant, le G-Funk a contribué à développer l’influence rap et RnB sur tous les continents. Les albums de Dr. Dre, Snoop Dogg ou de 2Pac sont encore aujourd’hui considérés comme des monuments musicaux. Sexy et évasif, le G-Funk a changé la face du rap et il est très probable que sans lui, le hip-hop n’aurait pas la même notoriété que celle que nous lui connaissons aujourd’hui. G-Funk 4 Life !
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