Une fresque bouddhiste détruite par les talibans a été reproduite au Japon

| | , , ,

Des chercheurs japonais ont réussi à reproduire à l’identique une fresque bouddhiste, détruite en 2001 par les talibans. 

La fresque représentait un Bodhistattva bleu ; un disciple de Bouddha qui retarde son accession au nirvana pour rester aider les humains. L’œuvre historique était située dans la vallée de Bamiyan, en Afghanistan. Elle était considérée comme un véritable trésor archéologique. Mais cette dernière a été détruite en 2001 par les talibans. L’objectif de la copie est alors clair : « Toute destruction est vaine puisqu’il est désormais possible de reproduire les œuvres à l’infini. »

Les talibans avaient pulvérisé la fresque à l’explosif en même temps que d’autres objets archéologiques, dont deux Bouddhas géants. Aujourd’hui, il ne reste pas un seul fragment de la fresque datant du VIIe siècle.

 « Nous avons aujourd’hui les capacités de redonner forme aux œuvres et d’en transmettre l’esprit aux nouvelles générations. Toute destruction est vaine, préservons ensemble le patrimoine de l’humanité. »

Takashi Inoue, professeur spécialisé dans le patrimoine.

Réplique d'une peinture rupestre d'un Bodhisattva bleu détruite par les talibans en 2001, exposée à l'université des arts de Tokyo. CHARLY TRIBALLEAU / AFP
Réplique d’une peinture rupestre d’un Bodhisattva bleu détruite par les talibans en 2001, exposée à l’université des arts de Tokyo. CHARLY TRIBALLEAU / AFP

Un « super clone »

L’œuvre reproduite mesure six mètres de long pour trois mètres de haut. Cette copie a été réalisée fidèlement à la taille réelle de la fresque originale. L’équipe de reproduction de l’Université des Arts de Tokyo la qualifie dès lors de « super clone ». Pas moins de trois ans ont été nécessaires avant d’exposer la reproduction dans un musée de Tokyo, il y a quelques semaines. 

Plusieurs techniques traditionnelles, couplées à des techniques numériques, ont été utilisées pour reproduire cette fresque. Pour ce faire, l’équipe spécialisée dans le patrimoine culturel eurasien a traité numériquement une centaine de photographies de l’œuvre originale. Ces photographies avaient été prises par des archéologues avant la destruction de la fresque. Ainsi, les spécialistes ont pu créer un modèle informatique de sa surface.

(CHARLY TRIBALLEAU / AFP)
CHARLY TRIBALLEAU / AFP

Ensuite, les données récoltées ont permis à une machine de graver la forme exacte de la fresque dans du polystyrène. La peinture a été faite à la main par une équipe d’artistes. Ceux-ci ont repris les teintes traditionnelles, comme la couleur lapis-lazuli, un bleu profond.

Le Japon participe depuis longtemps à la préservation du patrimoine archéologique de la vallée de Bamiyan. Cette région abritait d’anciennes civilisations. Par conséquent, elle est considérée comme l’un des berceaux du bouddhisme japonais.

Sources :

Précédent

« Suprêmes » retrace habilement les origines de NTM [Critique]

MC Frances nous embarque direction le Brésil avec « Funk Do Brazil »

Suivant

Laisser un commentaire