Retour historique sur la guerre d’indépendance en Turquie

Il y a 98 ans, la Turquie marqua le début de son indépendance lors de la Bataille de Dumlupınar. Elle fut la dernière d’une série de combats. Penchons-nous sur l’émergence de cet événement post-guerre mondiale.

Contexte historique

Durant la Première Guerre mondiale, la Turquie n’était encore qu’une composante de l’Empire Ottoman, qui fut fondé dès le 8ème siècle après JC. Cependant, le traité de Sèvre signé le 10 août 1920 mit fin à ce « royaume ». Le territoire fut divisé en plusieurs contrées comme l’Arménie, le Kurdistan turc, la Syrie, le Liban, le Yémen, la Turquie… 

Les nations à majorité arabophones sont alors placées sous mandat de la Société des Nations. L’empire Ottoman ne dispose plus que de 23 % de son territoire d’origine, soit 783 562 km2 kilomètres carrés. 

L’empire avant le traité

L’empire après le traité

D’ailleurs, sa souveraineté ainsi que ses droits stratégiques perdent en puissance. La Turquie se retrouve ruinée, car elle doit beaucoup d’argent aux Alliés. Ceux-ci contrôlent la plupart de ses infrastructures (écoles, douanes, système fiscal). 

Mais le caractère strict du traité amène Mustafa Kemal (un opposant) à gagner en popularité après du peuple turc. Il s’impose alors contre le sultan Mehmed VI, qu’il considère comme la marionnette des Alliés.

Mustafa Kemal aka Atatürk (le père des trucs)

La Guerre d’indépendance

Une bataille politique

C’est dans un contexte historique complexe que les résistants turcs se battent. Ils ont un ennemi double : l’Arménie et le sultan qui a mené l’empire à sa destruction. 

Parmi les belligérants, il y a l’Arménie, la Grèce, la France, le Royaume d’Italie ainsi que les Anglais. Durant la guerre, Atatürk souhaite abolir le régime monarchique existant et n’hésite pas à fonder une assemblée républicaine nommée la Grande Assemblée nationale de Turquie (Türkiye Büyük Millet Meclisi). 

La Grande Assemblée aujourd’hui

Par la suite, un Comité est créé et déclare que le Parlement précédemment élu devient le nouveau gouvernement provisoire et légal du pays. Le sultan n’a plus d’autre choix que de mettre le territoire tout entier sous mandat britannique.

Il appelle d’ailleurs le peuple (ou la partie qui croit encore en lui) à prendre les armes contre les nationalistes. Ce qui mena à une guerre civile de presque 4 ans (1919-1922). C’est au final le Mouvement Nationaliste Turc qui l’emporta. 

Un conflit géographique

Entre le 23 septembre et 2 décembre 1920, les nationalistes turcs se battent contre la République d’Arménie pour récupérer une partie de leur territoire confisqué à cause du traité de Sèvres. La guerre était déjà perdue pour les Arméniens qui ne disposaient pas des conditions nécessaires pour s’imposer face à l’armée turque, dirigée par Musa Kâzım Karabekir. Ils vont mener une guerre acharnée contre leur ennemi de toujours. Ils réussissent à faire capituler la future république socialiste soviétique et récupèrent les régions de Van et de Bitlis. 

Bataille de Dumlupınar : fin de la domination et début du renouveau Kémaliste 

Il s’agit de la dernière guerre et de la plus symbolique dans l’histoire de la Turquie. Elle est la fin de plusieurs années de lutte pour la libération du pays. Cette bataille se déroule du 26 août au 30 août 1922. Elle oppose les nationalistes turcs aux Grecs, comme une sorte de continuité de la Bataille de Sakarya. La raison du conflit : la délimitation des frontières en Anatolie. Les Grecs avaient déjà prévenu dès 1919 qu’ils attaqueraient l’Empire Ottoman avec l’appui des Anglais. 

Cependant, on connaît la fin de l’histoire puisque aujourd’hui, le 30 août, est un jour de fête en Turquie. C’est alors près de 1,5 millions de Grecs qui doivent quitter le territoire pour aller se réfugier en Grèce. La population grecque croit alors de près d’un tiers. « Un État, une terre, une religion, une langue, une race », c’est bien le plan de Moustafa Kemal. La Grèce riposte en expulsant 300.000 turcs ou grecs musulmans. 

L’Assemblée aujourd’hui

Ainsi, la Turquie a réussi à s’imposer comme une République dite laïque, même si la présidence d’Erdogan est marquée par une mise en avant plus accrue de la religion musulmane. D’ailleurs, l’ex Empire Ottoman est toujours en conflit avec ses ennemis de toujours : l’Arménie, la France et récemment la Grèce, qui se battent pour un gisement d’hydrocarbures trouvé en mer Méditerranée. 

 

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Sources :

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