Sylvester Stallone a des difficultés à abandonner ses rôles cultes. Après avoir repris Rocky dans deux films Creed, le voilà de retour dans la peau de Rambo, onze ans après John Rambo, qui apportait pourtant une belle conclusion à la saga. Mais Sly ne parvient pas à raccrocher le couteau, recommençant éternellement la même rengaine du vétéran traumatisé seul face au monde entier. Ce cinquième opus est réalisé par Adrian Grunberg, l’homme derrière Kill the Gringo.
Synopsis : Vétéran de la Guerre du Vietnam, John Rambo va devoir affronter un cartel mexicain.
C’était pas son film…
Comme le public s’y attendait, ce nouvel opus de Rambo sent carrément le réchauffé. Sylvester Stallone rejoue encore une fois sa classique partition de la corde sensible, tentant de toucher l’émotivité de son spectateur. Avec sa mine de chien battu, il tente, souvent vainement, de créer des ressorts sentimentaux envers un Rambo qui s’est rangé, et qui vit sa meilleure existence, entouré de proches aimants et aimés. L’acteur, qui ne sait toujours pas partager la moindre émotion, tombe dans un pathos bas de gamme agrémenté de dialogues puérils sur l’amour, le respect et la famille. Comme on le prévoyait, on se retrouve dans un Old Man Movie fleur bleue.

Malheureusement, chez Rambo, rien ne se passe jamais bien. Voilà que sa fille adoptive est enlevée par un cartel mexicain, qui vend les jeunes femmes comme prostituées aux plus offrants. S’ensuit une escapade au Mexique qui se rapproche davantage de Taken (avec le niveau de qualité du troisième, c’est dire), que de Rambo. Et finalement, l’auditoire s’emmerde un peu. Sly choisit de meubler toute sa première moitié de film de dialogues ennuyeux et de quelques coups de marteau en 45 minutes de métrage. Mais c’est à ce moment précis que le film débute, après un twist inattendu, qui va amener Sylvester Stallone à enfin se réveiller et briser des nuques.
Une violence inattendue
Et finalement, la dernière demi-heure est un shot d’adrénaline imprévisible. La violence proposée à la fin du métrage est inaccoutumée. Le classement R (-17 aux États-Unis) est largement légitime. Rambo : Last Blood se termine dans un bain de sang grandiloquent, jouissif et étonnant. Un tel taux de violence n’était pas à prévoir dans un cinquième opus de Rambo.
Alors certes, elle est traitée comme une série B assez fauchée, où les effets spéciaux sentent quand même le fake, mais il n’empêche qu’Adrian Grunberg s’est donné de la peine pour offrir quelques visions d’action dantesques. Qui s’attendait à voir des têtes coupées, des mâchoires explosées et des corps morcelés avec autant de franchise ? Allant jusqu’à arracher le cœur d’un de ses ennemis. Littéralement !

Une conclusion à peu près acceptable, qui n’apporte rien de plus à la mythologie de Rambo, qui la détériore même, mais qui est un sympathique instant d’action décérébré, sans prise de tête. La saga aurait dû s’arrêter avec la jolie conclusion de John Rambo, mais Sly en a décidé autrement. Heureusement qu’il nous offre un morceau d’action de qualité à se mettre sous la dent dans le dernier acte. Quant à l’épilogue grotesque, nous n’en parlerons pas, et espérons que cette fois, ce soit la dernière apparition de John Rambo.
Rambo : Last Blood est un divertissement sympathique. Une première partie narrative maladroite et pataude qui se rapproche de Taken, et qui tente de jouer sur la fibre émotive, pour se conclure sur un déversement de violence fun et étonnamment gore.
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