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O-Bon, la fête des morts au Japon

Japon O-bon fête

Le Gozan no okuribi au Japon. / ©Masahiro Iizuka

Chaque année, au Japon, les familles rentrent chez elles afin d’honorer les morts. Cette fête est nommée « O-bon ». Elle marque le retour des êtres décédés et se déroule en été. Retour sur ces festivités propres au pays du soleil levant.

Le O-bon au Japon

La fête des morts, qu’on connaît au Mexique, existe aussi au Japon ! Cet événement, célébré dans tout le Japon, pousse les familles à rentrer dans leurs foyers du 13 au 15 août. Elle peut aussi se faire en juillet dans certaines régions.

Les premières célébrations du O-bon apparaissent lors de la période d’Asuka. Cette période s’écoule du milieu du VIème siècle jusqu’à 710. Avec la croissance du bouddhisme dans le pays, la célébration est popularisée.

Le festival a pour but d’honorer les morts et de libérer les esprits inquiets. Elle serait importée de Chine et pratiquée depuis plusieurs siècles. La durée des célébrations dure 3 jours. Dans le pays, les festivités diffèrent d’une région à l’autre. À la base, le festival était tenu le 15ème jour du 7ème mois du calendrier lunaire. Cependant, le Japon a depuis adopté le calendrier grégorien que l’on connaît actuellement. Les festivités ont perdu leurs repères.

Officiellement, au Japon, il n’y a pas de jours fériés. Cependant, une grande partie des entreprises donnent des congés aux employés qui le veulent lors du O-bon. Les employés peuvent ainsi rendre visite à leur famille et se rendre sur les tombes à ce moment-là.

C’est aussi l’occasion pour certains jeunes de partir en vacances. La période du O-bon fait partie des trois périodes de vacances les plus importantes au Japon, avec le Nouvel An et la Golden Week (en avril et mai). Malgré le côté douloureux de la chose, les Japonais commémorent les disparus de manière festive…

La légende de O-bon

Selon les écritures, l’un des disciples de Bouddha aurait retrouvé sa mère dans le Royaume des fantômes affamés. Dans cet au-delà, les esprits souffrent d’une insatiable soif et d’une terrible faim.

Lorsque le disciple se rendit jusqu’à sa mère avec un bol de riz, cette dernière se transforma en flammes. Bouddha ordonna au disciple d’offrir nourriture et boisson à ses parents morts. Ainsi que de faire des offrandes aux moines le 15ème jour de la 7ème lune. L’expression de respect libère alors les morts de leurs tourments infernaux.

Les célébrations commencent normalement avec mukaebi. Cette partie des célébrations consiste à l’allumage des feux et lanternes afin de guider les esprits jusqu’au foyer des vivants. Ces dernières années, le feu naturel a été remplacé par des lanternes électriques.

Le mukaebi lors de l’O-bon.

Les festivités

Les familles érigent ce qu’ils appellent des shōryō-dana. Ce sont des autels faits d’encens, de fleurs et de fruits. Il y a en a deux. L’un est pour l’ancêtre de la personne qui le dépose et l’autre pour tous les autres esprits qui n’auraient pas trouvé la paix.

Certains légumes déposés en offrande ont une signification précise. C’est le cas de l’aubergine et du concombre. Le concombre représente le cheval sur le dos duquel le mort peut se rendre auprès de sa famille. L’aubergine, elle, symbolise le dos de la vache. La vache permet de remonter le ciel à la fin des célébrations.

Le ohakamairi, est un autre aspect de la célébration. Elle consiste au nettoyage ainsi qu’à la décoration des tombes. Des repas spéciaux sont aussi préparés pour cette période-là. Parfois, ils sont préparés, parfois ils sont achetés pour les moins cuistots des Japonais.

La célébration a le droit à sa danse spéciale. Cette danse est le Bon Odori. Dans cette danse folklorique, les mouvements sont simples. Ce qui est très agréable pour les personnes qui ne savent pas danser. Les danseurs portent un costume et sont maquillés. La danse se fait en cercle autour d’une scène surélevée où performent des musiciens et batteurs de taiko.

Les lanternes lors de l’O-bon.

Le O-bon se boucle avec okuribi. Cela consiste à l’allumage des lanternes et feux afin de dire au revoir aux esprits.

Le Gozan no okuribi, qui consiste en un grand feu allumé la nuit dans la montagne a lieu à Kyoto chaque année. C’est la fête d’été la plus fréquentée des touristes qui passent dans le pays. C’est aussi la plus spectaculaire.

Sources : 

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