Nathalie Le Mel, révolutionnaire et féministe

Nathalie Le Mel, révolutionnaire et féministe

Nathalie Le Mel naît Nathalie Duval le 24 août 1826 à Brest. Ses parents, qui tiennent un café, sont issus d’un milieu populaire. Elle va à l’école jusqu’à l’âge de 12 ans, puis devient ouvrière dans le domaine de la reliure.

À 18 ans, elle se marie avec Jérôme Le Mel, l’un de ses collègues. Ensemble, ils ouvrent une librairie reliure à Quimper. Mais quelques années plus tard, la boutique fait faillite et le couple décide de rejoindre la capitale pour trouver du travail.

En 1861, ils s’installent à Paris, où Nathalie trouve du travail dans les ateliers de reliure de la gare Montparnasse. Peu de temps après leur arrivée, Nathalie quitte son mari alcoolique.

En 1865, l’Association internationale des travailleurs arrive en France, après son initi à Londres. Ce syndicat veut coordonner les mouvements ouvriers naissant dans le monde pour leur donner plus de poids. Nathalie adhère au syndicat.

La création de La Marmite

Engagée, elle fait la connaissance d’Eugène Varlin, lui aussi ouvrier relieur, mais surtout dirigeant de l’Internationale. Ensemble, ils fondent La Marmite, un réseau de restaurants coopératifs.

Le projet est lancé dès janvier 1868 avec cet appel :

« Travailleurs ! Consommateurs ! Ne cherchons pas ailleurs que dans la liberté le moyen d’améliorer les conditions de notre existence. L’association libre, en multipliant nos forces, nous permet de nous affranchir de tous ces intermédiaires parasites dont nous voyons chaque jour les fortunes s’élever aux dépens de notre bourse et souvent de notre santé. »

Ce restaurant a pour but de permettre aux ouvriers de manger à leur faim, sans se ruiner avec le prix des produits. Ce restaurant s’inscrit dans ses idées politiques de défendre les droits des travailleurs, dans une optique de justice sociale. D’autres restaurants de ce type ouvriront ensuite à Paris.

Une féministe engagée

Au-delà de sa lutte pour l’égalité sociale, Nathalie Le Mel est aussi une grande figure du féminisme de l’époque. Avant même son engagement dans l’Association internationale des travailleurs, un rapport de police dit d’elle qu’elle « s’occupe de politique et lit à haute voix les mauvais journaux ». À l’époque, être une femme qui s’engage politiquement et qui le fait savoir n’est pas bien vu.

Dans son entreprise de reliure, elle rejoint le comité de la grève en 1865. Elle réussit ainsi à obtenir l’égalité des salaires entre les femmes et les hommes dans cette profession.

Le 18 mars 1871, la Commune est proclamée à Paris. C’est pendant cette révolution qui vise à instaurer un régime plus démocratique que Nathalie Le Mel fonde avec Élisabeth Dmitrieff l’Union des femmes pour la défense de Paris, l’un des premiers mouvements d’inspiration féministe. Elle incite les femmes à participer à cette révolution à laquelle elle participe activement.

La Commune de Paris dure deux mois, pendant lesquels les militantes réussissent à gagner de nombreuses batailles. L’éducation sera désormais laïque et gratuite pour les filles comme pour les garçons, les veuves des soldats de la Commune obtiendront une pension, ainsi que les femmes qui souhaitent se séparer de leur mari. On voit ici les prémices du divorce que l’on connait actuellement. Les institutrices et instituteurs auront, eux aussi, droit à un salaire égal.

Arrêtée pour ses idées

Être engagé pendant la Commune est déjà un acte dangereux. Mais l’être lorsqu’on est une femme l’est encore plus. Le 28 mai 1871, les troupes ennemies gagnent du terrain et Nathalie Le Mel sait que la fin approche. Désespérée, elle tente de se suicider, mais elle est arrêtée.

Condamnée à la déportation, elle refuse le recours à la grâce. Le 24 août 1873, elle est envoyée en Nouvelle-Calédonie avec Louise Michel, autre figure des mouvements révolutionnaires féministes. En 1879, elle rentre de déportation grâce à l’amnistie. À son retour, elle travaille comme relieuse pour le journal l’Intransigeant. Elle meurt le 8 mai 1921, à l’âge de 94 ans.

En 2007, une place a été inaugurée à son nom, non loin de la place de la République à Paris, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes.

 

Sources :

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