L’Islande : une terre découverte par un explorateur grec ?

L’Islande : une terre découverte par un explorateur grec ? - Cultea

C’est vers 325 av. J-C qu’un savant Grec du nom de Pythéas décide de naviguer sur l’Océan Atlantique, à la découverte de nouveaux territoires dans le Grand Nord, et découvre par hasard… l’Islande.  

Pythéas de Massalia

C’est à Massalia, ville grecque fondée vers 600 av. J-C par un peuple d’Asie Mineure, les Phocéens, que vient au monde le savant grec Pythéas. Astronome et explorateur, ses écrits ne sont pas connus de nos contemporains. Il furent transmis par ceux d’auteurs antiques comme Pline l’Ancien ou Strabon.

En 325/330 av. J-C, il décide de mener une expédition dans le Grand Nord. En premier, dans un but commercial afin de trouver des voies de navigations pour le commerce de l’ambre et de l’étain. La deuxième raison est d’ordre scientifique., pour mener à bien ses recherches astronomiques et géométriques dans des régions boréales. Néanmoins, une hypothèse admet qu’il fut possiblement missionné par Alexandre le Grand en personne. L’objectif ? Découvrir l’Océan Atlantique, contrôlé et exploré jusqu’alors par les Carthaginois et les Phéniciens.

Représentation de la trirème de Pythéas - Cultea
Représentation de la trirème de Pythéas

L’expédition vers le Nord

Franchissant les Colonnes d’Hercule, connues sous le nom de Détroit de Gibraltar, l’équipage de Pythéas longe les côtes ibériques, gauloises, et armoricaines pour se rendre jusqu’aux Îles Britanniques. De là, il atteindra le St Michael’s Mount (qui n’est pas notre Mont Saint-Michel national, mais une autre île similaire au large des Cornouailles).

Il longera alors les côtes de Grande-Bretagne et d’Ecosse. Il en mesure la latitude et en estime le périmètre à 42 500 stades (entre 7200 et 7 650 km), avec pour seul instrument un gnomon, outil de bois rudimentaire qu’il maîtrise au point d’obtenir des mesures exactes.

Accostant et explorant l’intérieur des terres, il en donne les premières informations concernant le climat, et les peuples les habitant, comme les Calédoniens, les Britons, et les Gallois. Ces peuples sont notamment connus pour le commerce de l’ambre et de l’étain. Détaillant les coutumes et modes de vies de ces peuples dits « barbares » pour les Grecs, il est supposé que ce soit grâce aux talents de navigateurs de ces peuples celtes que Pythéas a pu pousser plus loin son expédition.

Itinéraire du voyage de Pythéas - Cultea
Itinéraire du voyage de Pythéas

Une Île nommée Thulé

Pythéas atteint la pointe nord de l’Ecosse et des Îles Orcades et voyage six jours au nord depuis ce point. De là, il prétend trouver une île qu’il nomme Thulé. Il décrit avec une grande précision l’environnement polaire et la formation de la banquise. Il observe aussi un phénomène qu’il décrit comme un « poumon marin qui n’est ni eau, ni terre » dont on ne peut naviguer ni dessus, ni au travers.

Un tel phénomène ne peut se situer que dans des régions au nord de l’Islande, où se forme la banquise. 

Il y observe également le « Soleil de Minuit » , lorsque le soleil ne se couche pas lors des nuits d’été. Un évènement ne pouvant être observé qu’au fur et à mesure que l’on s’approche du cercle arctique.

Lors de l’Antiquité Grecque et à l’époque médiévale, le nom de Thulé sera utilisé pour décrire l’Islande, puis le Groenland. Il sera également l’objet de fantasmes d’une Atlantide Nord-Européenne.

 

Représentation de l'île de Thulé - Cultea
Représentation de l’île de Thulé

Celui qu’on ne croit pas

Après avoir parcouru plus de 9 038 milles marins , soit 16738,38 km, Pythéas rentre à Massalia, avec des preuves d’observations qui paraissent irréelles pour son époque. Accusé d’être un affabulateur et un mythomane, il faudra plusieurs siècles pour reconnaitre l’authenticité de son expédition.

On doit notamment à Pythéas des travaux sur le phénomène des marées. Le savant massaliote en étudiera pour la première fois lors d’une escale à Gadès (Cadix aujourd’hui), mais aussi au St Michael’s Mount. Il sera le premier à y voir une corrélation avec la Lune. Il travaillera également sur la sphéricité du globe, une thèse admise mais pas encore acquise pour l’époque, livrant d’impressionnants travaux sur la latitude, grâce à ses mesures précises de la Grande-Bretagne, mais également de la cité de Massalia.

L’hypothèse d’une découverte de l’Islande est controversée. Plusieurs spécialistes s’accordent à dire qu’il est entièrement possible que Pythéas ait pu mettre pied au Nord de la Norvège et même naviguer à travers la mer Baltique, notamment pour le commerce de l’ambre. Faisant l’admiration des astronomes malgré les critiques, les travaux de Pythéas restent novateurs pour l’époque. Bien que son œuvre soit perdue, ses observations et mesures d’une justesse incroyable sont la preuve qu’il est le premier explorateur polaire, et scientifique à observer de tels phénomènes. 

 

Pythéas de Massalia par Joan Francesc Oliveras - Cultea
Pythéas de Massalia par Joan Francesc Oliveras

 

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