« Les Trois Mousquetaires : D’Artagnan » est une belle réussite [critique]

Il s’agit d’un des films français les plus attendus de ces dernières années. Les Trois Mousquetaires : D’Artagnan est la nouvelle production Pathé qui a la lourde tâche de faire renaître les films de cape et d’épée. Et quoi de mieux pour ça que d’adapter un des plus grands classiques de la littérature ? Face à ces gros enjeux pour le cinéma, le nouveau film de Martin Bourboulon (Eiffel) s’avère être une véritable réussite. Un film riche et sincère, pas exempt de défauts mais rudement divertissant.

Une jolie relecture du classique d’Alexandre Dumas

L’avantage quand on adapte un auteur aussi légendaire qu’Alexandre Dumas, c’est que l’on dispose d’une palette de personnages hauts en couleurs et bien ancrés dans l’imaginaire collectif. Le film parvient à iconiser correctement nos héros, tout en offrant un nouveau souffle à cette histoire culte. Les Trois Mousquetaires : D’Artagnan effectue ainsi un très beau travail de funambule, qui oscille entre la fidélité de l’adaptation et la relecture du mythe. Certes, les partis pris ne seront pas forcément du goût des puristes. Mais force est de constater que c’était assez audacieux de proposer de nouvelles intrigues, tout en suivant le déroulé du roman.

Un film diablement bien rythmé

Là est peut-être la plus grande force du film. En effet, pas un seul temps mort ne vient gâcher Les Trois Mousquetaires : D’Artagnan. Un véritable petit exploit d’écriture et de montage, qui rend le film agréable à suivre de bout en bout. Les scènes d’exposition se juxtaposent avec brio aux scènes d’action, le tout porté par des dialogues impeccablement agencés. De fait, le film s’impose comme un divertissement familial très solide, quelque puissent être ses petits défauts…

Une réalisation efficace, mais…

A l’instar de ce qu’il nous avait proposé pour Eiffel, Martin Bourboulon nous offre une réalisation très efficace, où le grandiose et l’intimisme se mêlent à la perfection. Certes, la photographie est beaucoup moins aboutie que dans son précédent long-métrage, mais celle-ci reste très efficace, à quelques exceptions près. Toutefois, on notera deux gros défauts venant ternir une partie du film :

  • Les scènes d’action : si celles-ci sont bien chorégraphiées, la réalisation est quant à elle beaucoup plus aléatoire… Certes, on peut saluer l’audace de filmer beaucoup d’entre-elles en plans séquences. Toutefois, il y a une différence entre une idée et son traitement. Or, si l’idée de filmer l’action en plans séquences était très bonne, la mise en application est elle très aléatoire. On pourra notamment critiquer cette tendance à la « Shaky cam ». Mais si, vous savez… Cette caméra qui tremble tellement qu’elle rend parfois l’action illisible. Une véritable tristesse, car on voudrait pouvoir profiter des scènes de combat à la juste mesure de leurs chorégraphies.
  • La photographie : nous n’irons pas jusqu’à dire qu’elle est mauvaise, loin de là. Au contraire, le directeur de la photographie Nicolas Bolduc a fait un très bon travail. Toutefois, la photographie baigne en permanence dans une colorimétrie jaunâtre voire marron, rendant le tout un peu trop uniforme et parfois fouillis. Au lieu d’avoir de beaux décors distincts les uns des autres, nous avons droit à de magnifiques décors baignés dans la même gamme de couleurs, pas toujours adaptée. Certes, cette colorimétrie jaunâtre rend parfaitement bien dans beaucoup de scènes pour appuyer l’aspect « sale », mais le film aurait mérité d’être un peu moins uniforme afin que les séquences se distinguent les unes des autres.

Bien évidemment, il s’agit là de pinaillage, mais cela pourra titiller l’œil des spectateurs les plus exigeants. Cela n’entache en rien le plaisir que nous avons pris devant Les Trois Mousquetaires : D’Artagnan, mais cela mériterait peut-être quelques ajustements dans la suite.

Un casting parfait pour Les Trois Mousquetaires : D’Artagnan

Nous ne nous attarderons pas sur le casting, car ce serait enfoncer des portes ouvertes… Mais on ne peut pas non plus passer sous silence cette distribution « cinq étoiles ». François Civil nous offre ainsi un parfait D’Artagnan, à la fois attachant et pugnace. Quant à nos trois mousquetaires Athos, Porthos et Aramis, on n’aurait pas pu rêver mieux que Vincent Cassel, Pio Marmaï et Romain Duris. Chacun d’entre-eux offre une interprétation puissante de son personnage et se l’approprie impeccablement. Seul bémol : on sent que les dialogues « à l’ancienne » ont été parfois difficiles à réciter, même pour des acteurs aussi expérimentés.

Enfin, chaque second rôle vient consolider ce casting déjà très solide. Mention spéciale à Eva Green, parfaite dans son rôle de Milady. Il faut dire que cette actrice est naturellement mystérieuse. Autant dire que sa seule présence suffit à en imposer. Autre mention spéciale pour Eric Ruf, absolument glaçant dans le rôle controversé du Cardinal de Richelieu. En à peine quelques minutes de présence, celui-ci parvient à imposer son ombre au-dessus des complots contre le Roi Louis XIII (interprété par Louis Garrel). Nous sommes ainsi très curieux de voir son évolution dans la suite.

Les Trois Mousquetaires : Milady, la suite de ce premier opus, sortira le 13 décembre 2023. Autant dire que nous avons déjà très hâte de découvrir ce que cette suite nous réserve. D’ici là, on ne peut que vous inviter à découvrir Les Trois Mousquetaires : D’Artagnan en salles. Nul doute que cette nouvelle adaptation saura satisfaire la majorité des spectateurs. Sortie ce mercredi 5 avril… 

Les Trois Mousquetaires : D’Artagnan – bande-annonce officielle

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