Le tremblement de terre de Skopje en 1963

Le tremblement de terre de Skopje en 1963 - Cultea

Dans la nuit du 25 au 26 juillet 1963, les habitants de la capitale de la Macédoine, Skopje, sont réveillés par un terrible tremblement de terre. Ce séisme fera plus de 1 000 morts, 3 000 blessés et laissera Skopje en ruine. Un événement qui aboutira à un grand élan de solidarité à travers le monde.

Un tremblement de terre de magnitude 6,9

À ce moment-là, Skopje concentre les activités économiques et culturelles de la Macédoine. Elle bénéficie des investissements de la Yougoslavie. La capitale regroupe 35% de l’industrie du pays et 43% des revenus de la République socialiste de Macédoine.

A 4h17 (5h17 en France), un tremblement de terre se fait ressentir dans la capitale. Le séisme dure 20 interminables secondes. Cette secousse est estimée à 6,9 sur l’échelle de Richter. En quelques secondes, une bonne partie des constructions du centre historique est rayée de la carte.

Les constructions récentes du centre administratif se révèlent très touchées. Étonnant, car ce sont de nouvelles infrastructures, mais logique, vu la force du tremblement. Aux alentours, les villages de Zlokucani et Bardovac subissent de lourds dégâts. L’épicentre est situé à 10 kilomètres au nord de Skopje. Le foyer est évalué à environ 3 kilomètres de profondeur.

Skopje, ville en ruines au matin du 26 juillet 1963 - Cultea
Skopje, ville en ruines au matin du 26 juillet 1963.

1 000 morts et une ville à l’arrêt

La panique s’empare des habitants, réveillés dans la nuit. Ils cherchent à fuir vers la banlieue, vêtus à moitié car pris par surprise par la catastrophe. Certains errent parmi les ruines, cherchant des blessés et des morts sous les décombres. Car des morts et des blessés, il y en a eu. On dénombre pas moins de 1 000 morts et 3 000 blessés.

Les premières informations font état d’un véritable cataclysme, le plus grand que la Yougoslavie ait jamais connu. Dans une ville qui vivait, 20 secondes ont suffi pour tout détruire et laisser derrière elles une population meurtrie.

Skopje, une ville à reconstruire - Cultea
Skopje, une ville à reconstruire.

À ce moment-là, les lignes téléphoniques et télégraphiques étaient coupées. La radio de Skopje ne fonctionnait plus. Les dégâts matériels étaient considérables. Pour une ville de 200 000 habitants, on dénombre 100 000 sans-abris. La moitié de la population de la plus grande ville de Macédoine est donc à la rue. 75% des habitations et infrastructures se trouvent détruites ou sérieusement endommagées.

Le tremblement de terre est une conséquence directe de l’activité tectonique de la péninsule balkanique et de la présence d’une faille qui court de la mer Égée à la région de Belgrade.

Un élan de solidarité

Dès le 27 juillet, Josip Broz Tito, président de la Yougoslavie, se rend à Skopje. Il fait état des dégâts de la ville macédonienne et promet à ses habitants que la ville vivra à nouveau. À cette catastrophe, les pays du monde entier y répondent par un élan de solidarité.

Des renforts de l’armée yougoslave se rendent sur les lieux. Cependant, leurs efforts se révèlent insuffisants. Le président yougoslave sollicite alors l’aide des Nations-Unies. Quelques jours après, 35 pays demandent à l’Assemblée générale des Nations Unies l’inscription de Skopje sur la liste des points à l’ordre du jour.

Le président de la Yougoslavie, Josip Broz Tito - Cultea
Le président de la Yougoslavie, Josip Broz Tito.

Finalement, près de 80 pays contribuent à la reconstruction de la capitale. Ce sont les États, les entreprises, et même les habitants des pays, émus par la situation sur place. Ils font acheminer de l’argent, de la nourriture, des habits, etc. Tout ce qui peut rendre la vie des habitants moins pénible. Sont surtout envoyés à Skopje des médicaments, du matériel médical ou bien des dons de sang.

On dit que la fin de la reconstruction quasi-totale de la ville date de l’année 1980. 17 ans de reconstruction, donc. Un appel ouvert à une solution urbanistique a amené le très célèbre Kenzo Tange à créer un plan directeur de Skopje. Désormais, le tremblement de terre est un souvenir lointain. Peu de marques subsistent de ce terrible événement.

À Skopje, on peut tout de même toujours trouver une horloge sur une façade. Une horloge coincée au moment où le tremblement de terre s’est produit. Un maire de la ville a promis qu’il réparerait cette horloge, mais ne l’a jamais fait.

 

Sources :

Après ma licence en Information-Communication, j'ai commencé un master en journalisme à l'ISCPA. Actuellement, je suis en deuxième année de Master. Je suis passionné de culture, et aime écrire dessus.

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